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Le Pape rencontre les membres de diverses tribus amazoniennes Le Pape rencontre les membres de diverses tribus amazoniennes  (AFP or licensors)

L’Amazonie, point central de la journée du Pape au Pérou

François met le cap sur l’Amazonie et la ville de Puerto Maldonado, dans l’est du pays pour rencontrer les tribus indiennes. Le sort de ces populations et de l’environnement domineront cette journée. Le cardinal Hummes, le réseau ecclésial pan-amazonien, revient sur cette visite.

Entretien réalisé par notre envoyée spéciale Cristiane Murray – Puerto Maldonado

Ce sera le premier temps fort de la visite du Pape François au Pérou. Ce vendredi 19 janvier, il rencontre plusieurs tribus indiennes d’Amazonie, dans la ville de Puerto Maldonado, non loin de la frontière avec la Bolivie. Cette cité s’est développée au début du XXe siècle avec le développement de l’industrie du caoutchouc.

Près de quatre-cents personnes de diverses ethnies doivent assister à la rencontre organisée dans le Coliseo Madre de Dios, une structure sportive. Certains sont venus du Brésil ou de la Bolivie. Lors de ce premier événement de la journée, le Pape sera salué par le vicaire apostolique de Puerto Maldonado, Mgr De Aguirre Guine, un franciscain. Il écoutera ensuite plusieurs témoignages d’indiens avant de prendre la parole, et offrira des versions de son encylique Laudato Si traduite dans les langues indigènes.

Le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire générale du synode des évêques, sera également présent dans la mesure où un synode spécial sur l’Amazonie sera organisé au Vatican en octobre 2019.

Cette rencontre est importante et témoigne de l’intérêt du Pape François pour l’Amazonie, comme le confirme le cardinal Claudio Hummes, présent sur place. L’ancien archevêque de Sao Paulo au Brésil est actuellement le président du REPAM, le réseau ecclésial pan-amazonien

Le cardinal Hummes, président du REPAM

Comment les peuples indigènes s’organisent-ils pour cette rencontre entre le Pape et les indiens, et que veut apporter le REPAM dans cette rencontre ?

En visitant Puerto Maldonado, qui est dans la région péruvienne de l’Amazonie, le Pape François réalisera sans doute une visite historique, profondément significative et prometteuse aussi pour toute l’Amazonie et spécialement pour les indigènes. Cette visite montre son amour pour l’Amazonie, comme région du monde, pour qu’elle soit mieux soignée, son amour pour l’infatigable Église missionnaire en Amazonie, et sa préoccupation pastorale vis-à-vis du futur de la présence et de l’action de l’Église dans ce territoire tellement spécial et dans le besoin.

Cette visite se relie tout à fait à la préparation du futur synode spécial pour l’Amazonie en 2019, et ce sera donc aussi un évènement qui réveillera aussi nos responsabilités, c’est-à-dire celles de toute l’Église de la Panamazonie, notre responsabilité sur la préparation rapide et soignée du Synode. En outre sera présent aussi le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques, et lui il veut faire un premier rencontre avec les représentants des évêques de l’Amazonie et avec le Repam, les indigènes et les autres, en vue du Synode.

Il y aura donc des évêques de chacun des nouveaux pays de l’Amazonie, c’est-à-dire du Brésil, de la Bolivie, du Pérou, de l’Équateur, du Venezuela, de la Guyane, du Suriname, et de la Guyane française, c’est-à-dire de l’Amazonie. La Repam est totalement impliquée ces jours-ci dans la préparation de cette rencontre avec le Pape et ensuite avec le cardinal Baldisseri.

Nous avons fait un grand effort pour faire venir le nombre le plus grand et représentatif possible des indigènes des différents pays de l’Amazonie, et nous stimulons aussi les évêques à venir, et à préparer aussi brièvement certains thèmes du futur synode parce que c’est aussi sur ce point que le cardinal Baldisseri voudrait surtout réfléchir avec nous.

Quelles sont les attentes des indigènes pour la rencontre avec le Pape ?

Dans les rencontres que le Repam a pu avoir jusqu’à présent avec les indigènes, ils demandaient avec insistance que l’Église catholique ne les abandonne pas, et demandaient une présence physique plus grande, c’est-à-dire que les prêtres missionnaires soient plus fréquemment avec eux, dans leurs communautés, une proximité quotidienne plus permanente. Ils disaient qu’ils avaient confiance dans l’Église catholique.

En effet, la majorité des chrétiens parmi eux se déclarent catholiques, mais ils se plaignent parce qu’aujourd’hui la présence physique des missionnaires dans leurs communautés est moindre qu’avant. Ils reconnaissent que l’Église catholique défend et promeut leurs droits et leur dignité, leur culture, leur droit à la terre, leur droit à une éducation adéquate, à la santé… Ils ont besoin de plus de missionnaires, de prêtres avec eux, et d’une défense de leurs droits, surtout le droit à la terre.

Et donc, en venant la rencontre avec le Pape à Puerto Maldonado, ils amènent leurs attentes et demandes. Ce sera pour eux une expérience unique, de rencontrer le Saint-Père. Ils lui seront profondément reconnaissants, joyeux de pouvoir le rencontrer, et ils confient que la visite du Pape en terre amazonienne sera une bénédiction de Dieu et un encouragement pour leurs peuples.

À partir de la rencontre de Puerto Maldonado, comment se fera la préparation pour le Synode pan-amazonien ?

La rencontre de Puerto Maldonado sera le moment le plus significatif du début de la préparation du Synode pour l’Amazonie. À partir de cette rencontre, déjà orientés plus clairement par le Secrétariat général du Synode, nous pouvons mettre en marche d’une façon plus sûre la préparation, et nous chercherons à impliquer toute l’Église d’Amazonie : les diocèses, les vicariats apostoliques, les prélatures, les institutions missionnaires, le clergé, les religieux et la population du territoire.

Nous voulons impliquer au maximum les communautés les plus humbles des périphéries et avant tout les communautés indigènes. Nous pensons organiser à cette fin des rencontres de discussion et aussi de proposition avec les indigènes, avec les ribeirinhos, les quilombaolas (populations côtières des fleuves et rivières, vivant généralement de la pêche et d’une agriculture de subsistance, ndlr), les afro-descendants, avec les gens pauvres et exclus, autant qu’il est possible.

Ensuite il s’agira aussi de produire des textes qui concernent l’histoire de l’évangélisation missionnaire de l’Amazonie, l’histoire des peuples premiers, les indigènes, la diversité des cultures, les problèmes de la crise climatique et écologique concernant l’Amazonie. Et ainsi recueillir des connaissances sur la réalité missionnaire historique, culturelle et écologique de l’Amazonie, toujours clairement dans la perspective du Synode.

Dans cette préparation, nous voulons par ailleurs être attentifs à deux aspects fondamentaux que le Pape François souligne toujours vis-à-vis de l’Église en Amazonie, c’est-à-dire que ce soit une Église avec un regard d’Amazonie et avec un clergé autochtone, incluant un clergé indigène.

19 janvier 2018, 13:03