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La cathédrale Sainte-Marie de Rangoun était bondée pour la messe du Pape François, le 30 novembre 2017. La cathédrale Sainte-Marie de Rangoun était bondée pour la messe du Pape François, le 30 novembre 2017.  (AFP or licensors)

Premier Noël public depuis 50 ans à Rangoun

Pour la première fois depuis un demi-siècle, de nombreux catholiques et protestants ont pu célébreer l’arrivée du Christ naissant directement dans les rue et plus seulement dans leurs églises et temples.

Joris Bolomey - Cité du Vatican

Cela faisait un demi-siècle que dans la ville birmane de Rangoun, la plus grande du pays, les chrétiens n’avaient pas été autorisés à publiquement célébrer Noël. Car c’était, jusqu’à présent, seulement confinés dans les églises et temples que se tenaient les célébrations. De nombreux catholiques et protestants ont donc pu assister et participer, avec l’autorisation des autorités gouvernementales de la région, à différentes liturgies, fêtes, cortèges et processions, rapporte l’agence Fides.

Les festivités ont été lancées le 23 décembre en l’église méthodiste de la Sainte Trinité, par Mgr John Saw Yaw Han, évêque auxiliaire de Rangoun, et se sont achevées le 25 décembre par une messe solennelle célébrée en la Cathédrale Sainte-Marie de Rangoun, en présence de Henry Van Thio, vice-président de l’Union de la République de Birmanie, précise Fides. 

Célébrer la solidarité 

«En 50 ans, je n’ai jamais vu ce type de fête de Noël. De nombreux chanteurs chrétiens ont entonné des hymnes de Noël et les chrétiens ont offert de la nourriture et des boissons à la population de Rangoun, sans aucune discrimination, portant à tous un salut et un souhait de paix. Nombreux sont ceux qui se sont unis à la fête» se réjouit Naw Nilar San, membre de l’église baptiste, rencontrée par l’agence Fides.
L’autorisation été motivée par la récente venue du Pape François dans le pays et dans le but «de faire preuve de solidarité envers les chrétiens en Birmanie et dans le monde» affirme l’agence Fides en citant Phyo Min Thein, Premier ministre du gouvernement régional de Rangoun, et Mg Mg Soe, maire de la ville.

«Ce festival de Noël en ville a eu pour but de promouvoir la cohésion sociale, la compréhension interreligieuse et l’amitié entre les citoyens » complète le Père Thet Tin, un curé local dans ce pays qui compte 89% de bouddhistes, 4% de musulmans, 3% de protestants et 1% de catholiques, selon l’hebdomadaire birman Mazzima. Et Thant Shwe, un citoyen bouddhiste, déclare justement à Fides avoir «apprécié et profité du festival» auquel il a participé avec son épouse, «remarquant que Noël est une fête qui a une valeur pour tous les hommes et pas seulement pour les chrétiens».

Message de Noël en défense des ressources naturelles

Solidarité et réconciliation étaient également les thèmes centraux du message délivré par le cardinal birman Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun, ce 25 décembre.

Le chef de l'Église catholique birmane a appelé sa nation à «guérir les blessures de toute urgence, à rechercher la réconciliation globale» et à «remplacer la haine par un amour rédempteur», selon le site anglais d’informations catholiques The Tablet.  «La paix authentique est construite sur l'amour, a insisté le cardinal Bo. C'est le message de la visite du Pape François. L'amour compatissant doit devenir la religion commune de cette nation. Les religions doivent se rassembler pour la paix», a-t-il déclaré. 

Mais l’archevêque de Rangoun a également dénoncé l'exploitation des ressources naturelles du pays par des «entreprises et des pays voisins», en soulignant la construction d'un barrage controversé sur la rivière Irrawaddy, «rivière sacrée» au centre du pays, financé par la Chine. Selon le cardinal Bo, cet important projet de développement de l'énergie hydroélectrique pourrait détruire l'économie et le tissu social des communautés locales car 90% de l'électricité du barrage devrait aller en Chine, toujours selon The Tablet. «L'exploitation des ressources est la principale cause de nos blessures, de nos guerres, de notre haine mutuelle et de nos déplacements», averti le cardinal Bo.

29 décembre 2017, 11:35