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Un char patrouillant dans les rues de Kinshasa, le 30 novembre dernier Un char patrouillant dans les rues de Kinshasa, le 30 novembre dernier  (AFP or licensors)

Les forces de l'ordre s'en prennent violemment aux catholiques à Kinshasa

Des messes empéchées, des fidèles fouillés, brutalisés et arrêtés, et avec eux plusieurs prêtres. L'ONG Human Rights Watch parle d'au moins deux morts. Le bilan pourrait être bien plus lourd. À l'aide de gaz lacrymogènes, les forces de l'ordre ont interdit des manifestations demandant le départ du président Joseph Kabila, prévues sans l'accord du pouvoir ce dimanche, un an après l'Accord de la Saint-Sylvestre.

En République démocratique du Congo, les forces de sécurité s’en sont violemment pris aux catholiques du diocèse de Kinshasa ce dimanche 31 décembre. Quadrillant la capitale du pays depuis hier soir, positionnés devant des églises, certains policiers ont interdit la célébration de la messe ce matin dans plusieurs paroisses de la capitale. L’AFP parle d’opérations de fouilles musclées de fidèles avant qu’ils puissent sortir de l’enceinte de leur paroisse Saint-Luc. 

Fouille et gaz lacrymogènes

 

Après la messe, les fidèles qui ont tenté de manifester à l’appel du Comité des laïcs du diocèse de Kinshasa, pour demander au président Kabila ne pas se représenter lors des élections de 2018, en ont été empêchés, dispersés par des gaz lacrymogènes. Des enfants de chœur ont été interpellés avec d’autres fidèles et des prêtres. Selon Human Rights Watch, deux hommes ont été tués par balle devant l’église Sainte Alphonse à Matete. À Kinshasa, l’accès à l’internet a été coupé dès hier, il serait impossible d’envoyer des SMS, toujours selon HWR.

«Une très grave atteinte à la liberté de culte»

 

Pour l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de la Conférence épiscopale de RDC, la CENCO, «l’atteinte à la liberté de culte est très grave dans un pays qui se veut démocratique ; l’atteinte à la liberté de manifester dans un pays démocratique ne se comprend pas». Il exprime sa peine face à ces nouvelles tensions qui auraient du être évitées, un an après l’Accord de la Saint-Sylvestre où une solution semblait avoir été trouvée. Il appelle les catholiques congolais à être des hommes de foi et d’espérance, et à agir toujours selon la Constitution du pays.

Entretien avec l'abbé Nshole, porte-parole de la CENCO
31 décembre 2017, 12:45