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Ce qu'il reste du temple frappé par un attentat dimanche 16 janvier à Kasindi. Ce qu'il reste du temple frappé par un attentat dimanche 16 janvier à Kasindi. 

Le Pape prie pour les évangéliques victimes d’un attentat au Nord-Kivu

Au moins 14 personnes ont été tuées et 63 blessées dans l’attentat à la bombe perpétré dimanche dans une église pentecôtiste de Kasindi, dans l’est de la République démocratique du Congo, à la frontière avec l’Ouganda. À quelques jours de son voyage apostolique en RDC, le Pape François prie pour les personnes touchées par ce drame.

Vatican News

Le nonce apostolique en poste à Kinshasa décrit l’ampleur et l’horreur de l’attaque perpétrée dimanche contre l’église pentecôtiste de Kasindi: «Les images qui me sont parvenues témoignent d’un véritable enfer, des corps d’adultes et d’enfants mutilés, un édifice endommagé». Dimanche, une bombe artisanale a explosé dans le temple dit "du Christ au Congo". Au moins 14 personnes ont perdu la vie selon les autorités congolaises, une vingtaine selon l’Etat islamique qui a revendiqué l’attentat.

Le don de la paix

Le Pape, attendu le 31 janvier à Kinshasa, a été informé des faits. «Avec tristesse», il a appris la mort «d’innocents». Dans un télégramme signé par le cardinal Secrétaire d’État Pietro Parolin, François «exprime sa compassion et sa proximité à toutes les familles durement frappées par ce drame». En RDC, le Souverain Pontife viendra consoler les Congolais blessés par les violences, à l’Est notamment. Une parole de réconfort que l’on trouve dès aujourd’hui dans le message envoyé à la présidente de l’Église du Christ au Congo, la révérende Andrée Bokundoa-Bo-Likabe. «Dans la prière, le Saint-Père confie les défunts et les blessés à la miséricorde de Dieu. il implore le Christ, Seigneur de la vie, afin que les personnes affligées trouvent consolation et confiance en Dieu, invoquant sur elles le don de la paix», peut-on lire dans le communiqué.

L’action des ADF

Selon le gouvernement, l’attaque aurait été menée par les Forces démocratiques alliées, un groupe de rebelles musulmans d’origine ougandaise accusées d’avoir massacré des milliers de Congolais ces dernières années et que l’État islamique décrit comme étant l'une de ses branches en Afrique centrale. Un suspect kenyan a été arrêté dimanche soir par les forces de l’ordre, ainsi que plusieurs victimes jugées suspectes. L’enquête est toujours à un stade préliminaire, prévient le porte-parole de l’armée de RDC, Antony Mualushayi. Il précise que la sécurité a été renforcée à Kasindi, car deux bombes pourraient encore être dissimulées dans la ville.

Evolution critique de la situation à l’Est

Cet attentat est un signal inquiétant, affirme le nonce en RDC à Vatican News. «L'attaque montre qu'ils (ADF) ont acquis une grande influence à Butenbo, une grande ville près de Kasindi. Et le fait qu'elle ait été revendiquée par l’EI montre également que les liens entre les ADF et l’EI se renforcent. Les méthodologies des attaques deviennent malheureusement de plus en plus homogènes, ce qui ne peut qu'être inquiétant pour la sécurité régionale et surtout pour celle des populations qui sont les victimes constantes des carnages dont elles sont victimes», précise Mgr Ballestrero à Antonella Palermo. Selon lui, les choses évoluent mal.

«Nous sommes dans une province, le Nord-Kivu, qui est en état de siège depuis plus d’un an». Le diplomate du Saint-Siège évoque également les victimes du M23, un autre groupe armé actif, soutenu par le Rwanda - des dires même des Nations unies. L’Église catholique est aux côtés des 500 000 personnes qui ont fui les combats opposant les rebelles à l’armée, s’entassant le long d’une route au sud de Goma, en proie aux maladies et à la famine. «Les prêtres et les religieuses restent sur place, ils sont devenus des catalyseurs d’aide, récoltant et distribuant des vêtements, des médicaments de quoi manger». Tous attendent un parole un geste de consolation du Pape. Le diocèse est de fait coupé en deux. Six des 32 paroisses sont dans des territoires occupés.

Lors de son voyage apostolique, le Pape rencontrera des victimes des conflits en cours à l’Est du pays. Il ne sera rendra pas toutefois à Goma, comme cela était prévu en juillet dernier, pour des raisons de sécurité.


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17 janvier 2023, 15:08