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Africae Munus…10 ans après

Il y a 10 ans, le Pape Benoit XVI signait l’exhortation apostolique post-synodale Africae Munus et la remettait à toute l’Eglise d’Afrique, à l’occasion de son voyage apostolique au Bénin.

Service Français-Afrique – Cité du Vatican

Du 18 au 20 novembre 2011, le Pape Benoit XVI effectuait un voyage apostolique en Afrique et particulièrement au Bénin. Par la même occasion, il a remis à toute l’Eglise africaine l’exhortation apostolique post-synodale Africae Munus (Afrique lève-toi), sur la réconciliation, la justice et la paix en Afrique. Ce document faisait suite au deuxième synode des évêques sur l’Afrique, tenu à Rome du 4 au 25 octobre 2009, avec pour thème : « l’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix ». A ce thème, Benoit XVI avait rattaché ce verset tiré de l’Evangile selon saint Matthieu : « vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde.

Subdivisé en deux parties, en plus d’une introduction et d’une conclusion, l’exhortation post-synodale a voulu réaffirmer la nécessité et l’engagement de l’Eglise pour la réconciliation, la justice et la paix sur le continent africain. Elle reste une sorte de Magna Carta programmatique de l’activité évangélisatrice avec une grande attention sur le contexte existentiel africain dans un monde globalisé.

Africae Munus, toujours d’actualité

Pour Mgr Aristide Gonsalo, évêque de Porto Novo au Bénin et secrétaire général de la conférence épiscopale du Benin, Africae Munus est toujours d’actualité, étant donné que c’est une feuille de route qui a été donnée pour concrétiser l’engagement du service de la réconciliation, de la justice et de la paix en Afrique. L’Eglise africaine est en route pour construire tout ce qui lui permet de grandir. L’évêque de Porto Novo invite à une plus grande appropriation de cette exhortation apostolique, afin d’en redécouvrir la profondeur et de la traduire en actes. Africae Munus reste la feuille de route, un modèle à suivre pour la tâche qu’a l’Eglise de former des consciences droites, des consciences réceptives aux exigences des objectifs visés dans ce document, pour que grandissent des hommes et des femmes soucieux et capables de réaliser un ordre social intégral et équilibré.

Eclairé par l’évangile, et à la lumière de cette exhortation, on peut également puiser et discerner dans les cultures africaines des éléments susceptibles de nous mettre sur le chemin de la réconciliation, de la justice et de la paix.

Mgr Gonsalo a indiqué que le Bénin a trouvé sa voie pour concrétiser les objectifs de la justice, de la réconciliation et de la paix. « Au niveau de l'enseignement, nous avons veillé à ce qu’il y ait une catéchèse appropriée, avec des centres de formation théologique et des écoles pastorales qui sont ouvertes aux laïcs, pour la simple raison que ce sont eux qui ont la responsabilité de la transformation sociale dans l’Esprit du Christ. En mettant ainsi l’accent sur les laïcs nous pensons avoir fait l’essentiel pour atteindre ce triple objectif ».

Africae munus, un titre révélateur et prometteur

Mgr Benoit Alowonou, évêque de Kpalimé et président de la conférence épiscopale du Togo, qui fut témoin oculaire de la remise de l’exhortation au Stade de l'Amitié à Cotonou, estime que le titre choisi par Benoit XVI est révélateur d’un avenir prometteur pour le continent : Africae munus ! Afrique, lève-toi ! « C’est un beau cadeau, d’abord à l’Eglise universelle et spécialement à l’Eglise d’Afrique». Pour lui, ce document a suscité un intérêt énorme, un grand engouement sur le continent. Les années qui ont suivi sa remise, beaucoup de documents, des commentaires et des livres ont été écrits à partir de cette exhortation. Dix ans après, estime Mgr Alowonou, on peut avoir l’impression que l’intérêt du départ a diminué. Ceci peut se justifier parce que beaucoup d'autres documents de l'Église universelle, de grande importance, sont sortis après, précise-t-il. Tel est le cas de l’exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia du pape François, sur l'amour dans la famille.

Les efforts des églises d’Afrique pour la réconciliation, la justice et la paix

Mgr Alowonou pense toutefois qu’à y regarder de près, l’intérêt du départ n’a pas diminué, mais s’est plutôt transformé. L’Eglise d’Afrique s’est appropriée Africae Munus, notamment dans son engagement sociopolitique. « Il y a eu des rencontres personnelles, des accompagnements des hommes politiques ; il y a même eu des appels aux évêques pour conduire des processus démocratiques ». Au Togo, par exemple, poursuit le président de la Conférence épiscopale, « un appel a été fait à l’Eglise pour envoyer un évêque diriger l’instance de réconciliation : la commission vérité et justice. Dans plusieurs autres pays d’Afrique, on a pu constater ce renforcement de l’action pastorale de l’Eglise vis-à-vis des hommes politiques à travers des accompagnements, à travers des messages, à travers des communiqués. Les conférences épiscopales ont publié des messages visant à engager le monde politique sur le chemin de la paix. Malheureusement, poursuit le prélat, « l’Eglise n’a pas toujours été écoutée par les hommes politiques».

Dix ans après, que peut-on retenir ?

Outre l’accompagnement des hommes politiques, Africae Munus a également été exploité pour la formation des prêtres et des laïcs en général. Dix après la publication de l’exhortation Africae Munus, ce qu’il y a à retenir, souligne l’évêque de Kpalimé, «c’est que l'Eglise a travaillé pour faire développer les laïcs. L’Eglise a aussi beaucoup travaillé pour la formation des prêtres. Et nous pouvons noter aussi une grande variété dans la création des instances qui ont travaillé avec les hommes politiques pour qu’ils puissent prendre conscience des réalités. Mais malheureusement, il y a eu des évènements non voulus. Africae munus a aussi invité l'Eglise d'Afrique au développement. Il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites au niveau de Caritas Afrique. Nous ne pouvons pas dire que l’Eglise n’a pas été à sa place. Je suis conscient qu’il y a beaucoup de choses qui restent à faire. Mais on ne peut pas dire que l’Eglise n’a pas aidé l’Afrique à se lever, comme le pape l’a dit : Afrique, lève-toi au nom de Jésus-Christ ».

Un appel à l’espérance

Mgr Alowonou lance un appel à l’espérance et invite les laïcs et les clercs à faire d’Africae Munus une source d’inspiration pour leurs activités et apostolats.

 

20 novembre 2021, 15:36