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Vatican News
2021.07.02 Mons. Jean Abou Serhal, Superiore della Missione libanese del Sacro Cuore ad Abidjan

Côte d’Ivoire : Journée de prière et de réflexion sur le Liban au Vatican

La communauté libanaise en Côte d’Ivoire s’est jointe jeudi 1er juillet 2021 à la journée de prière et de réflexion sur le pays du Cèdre organisé au Vatican à Rome autour du Pape François.

Donatien Nyembo SJ (Avec Marcel Ariston Blé) – Cité du Vatican

La grande communauté libanaise en Côte d’Ivoire, environ 105.000 personnes dont 1600 catholiques, suit de loin la situation de leur Liban natal avec le cœur meurtri par les dernières actualités dans le pays du Cèdre.

La journée de prière et de réflexion pour leur pays, tenue jeudi 1er juillet à l’initiative du Saint-Père était pour eux «un signe de la part du Seigneur en ces moments d’épreuves», c’est ce qu’a fait savoir Mgr Jean Abou Serhal, Supérieur de la Mission libanaise en Côte d’Ivoire. « On a accueilli avec beaucoup de joie et d’espérance cet appel, en fait en tant que libanais on est toujours habitué à cette attention de tous les papes vis-à-vis du Liban et du peuple libanais dans tous les moments difficiles que le pays a subi », a-t-il déclaré.

Tous les « fidèles au Liban et dans les missions libanaises partout dans le monde (ont été invités) à consacrer cette journée de prière pour le Liban, chacun chez lui et à sa manière », a-t-il fait observer.

Mgr Jean Abou Serhal, Supérieur de la Mission libanaise en Côte d’Ivoire

Monseigneur Jean Abou Serhal espère que cette chaine de prière puisse permettre au pays de retrouver sa prospérité d’antan. Et pour cela, il souhaite que « ce peuple garde la foi, l’espérance » qui seront, selon lui, des ressorts indispensables pour « rebondir, surmonter si possible cette période qui est super difficile pour le pays ».

Compter sur la jeunesse

Pour parvenir à cet idéal, le Supérieur de la Mission libanaise en Côte d’Ivoire a estimé que la prière à elle seule ne saurait suffire. Il faudrait en outre compter sur la jeunesse afin de canaliser cet exode massif vers de nouveaux horizons.

 « On va continuer à encourager nos jeunes pour essayer de mettre un peu de limites à cette tendance vraiment dangereuse d’immigration, de quitter le pays, chercher un nouvel eldorado. Nous sommes en train de nous organiser afin de leur permettre de rester au Liban. On va éviter que le Liban subisse le même sort que le Moyen Orient, on doit rester au Liban dans l’espoir d’avoir des jours meilleurs » a-t-il avancé.

Mgr Jean Abou Serhal, Supérieur de la Mission libanaise en Côte d’Ivoire

Des grands défis

Depuis quelques mois, le Pays du Cèdre fait face à des énormes difficultés dues à plusieurs facteurs, entre autres, la crise sanitaire du Coronavirus qui a durement éprouvé son système économique entrainant la dévaluation de la livre libanaise et l’explosion du port de la capitale.

« On est en pénurie, la vie devient de plus en plus chère. Au Liban on ne vit pas, on survit. Quand on appelle nos parents, c’est ce qu’ils nous disent ‘’on ne vit pas on survit’’. C’est ce qui fait que le pays compte maintenant sur la diaspora libanaise ; ce sont ces familles qui sont à l’étranger qui arrivent à soutenir un peu leurs parents », confie Monseigneur Serhal.

Des voies de sortie de crise

Le Supérieur de la Mission Libanaise en Côte d’Ivoire souhaite qu’il y ait des réformes économiques fortes qui soient liées à des réformes politiques. « Quand on arrive à gérer au Liban nos crises politiques, là, l’économie devient facile à gérer. Beaucoup de pays et d’organisations sont prêtes à nous aider, la seule attente c’est de faire des réformes au niveau politique, avoir un gouvernement. Ça fait 8 mois que nous sommes sans gouvernement » a-t-il fait remarquer.

Mgr Abou Serhal a profité de cette lucarne de la journée de prière et de réflexion sur le Liban pour lancer des appels « d’abord à la population, tenez fort et beaucoup de courage et gardez votre foi, votre espérance en un Liban vraiment meilleur. Aux dirigeants et aux politiciens : Faites travaillez un peu votre conscience, le pays est en train de s’effondrer, un pays qui a 6 milles ans d’histoires derrière lui, on ne peut pas le laisser disparaitre à cause de quelques querelles au niveau politique. Réunissez-vous et n’agissez pas pour votre bien mais pour celui de ce pays et de son peuple ».

02 juillet 2021, 12:46