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Le Pape François lors de la messe en rite congolais le 1er décembre 2019 en la Basilique Saint Pierre Le Pape François lors de la messe en rite congolais le 1er décembre 2019 en la Basilique Saint Pierre 

Le « rite congolais » honoré par le Pape

A travers sa préface du livre « Papa Francesco e il ‘Messale Romano per le diocese dello Zaire’. Un rito promettente per altre culture », (en français : « Le Pape François et le ‘Missel romain pour les diocèses du Zaïre’. Un rite prometteur pour les autres cultures »), le Pape reconnaît la valeur de l’inculturation opérée par l’Eglise-Famille de Dieu de la République démocratique du Congo.

Jean-Pierre Bodjoko, SJ* - Cité du Vatican

Le 1er décembre 2019, en la Basilique Saint Pierre, le Saint-Père, au début de son homélie, enthousiasme les participants à la célébration eucharistique qu’il préside en « rite congolais » (les mots viennent de lui), avec quelques phrases utilisées au début des rencontres religieuses en République démocratique du Congo : « Boboto » (Paix), « Bondeko » (Fraternité), paroles auxquelles l’assemblée, composée essentiellement de Congolais, répond tour à tour : « Bondeko », « Esengo ».

Le « rite congolais » touche l’âme d’un peuple avec ses joies et son sens de la vie

C’est de cette messe qu’est partie l’idée d’expliquer au public le « rite congolais », pour en approfondir divers aspects. C’est ainsi que, sous la supervision de la Sœur Rita Mboshu Kongo, est né un ouvrage collectif, présenté le 1er décembre 2020, au siège de Radio Vatican. Le 1er décembre de chaque année, l’Eglise de la République démocratique du Congo commémore la mémoire de sa première martyre, la Bienheureuse Anuarite Nengapeta. Ainsi, le choix de cette date pour la présentation de ce livre n’est pas anodin. Le 1er décembre 2020 marquait aussi le 1er anniversaire de la messe en « rite congolais » présidée par le Pape François en la Basilique Saint Pierre. Donc, il s’agissait là de trois événements en un !

Le Cardinal Silvano Maria Tomasi, délégué du Saint-Père pour l’Ordre Souverain de Malte, a été le premier à prendre la parole. L’ancien Observateur du Saint-Siège à l’Onu, qui fut aussi Nonce apostolique en Ethiopie et auprès de l’Union africaine, est parti de l’histoire de l’inculturation dans les temps anciens de l’Eglise, avant d’arriver au phénomène plus récent en République démocratique du Congo. Pour le Cardinal Tomasi, le fait que le Saint-Père ait préfacé ce livre prouve sa vision d’une Eglise inclusive qui intègre les cultures locales dans la tradition de l’Eglise romaine. Ce qui prouve, en outre, qu’il est possible de s’adapter aux exigences culturelles, sans perdre l’unité de la foi catholique. A cet effet, a fait savoir le délégué du Saint-Père pour l’Ordre Souverain de Malte, il est facile d’identifier la contribution spécifique du « rite congolais » de la messe. Il ne s’agit pas ici, a-t-il insisté, d’un effort superficiel, mais de ce qui ressort de l’âme même d’un peuple, avec cette joie et ce sens de la vie qui rejaillissent dans le rapport avec Dieu, en recourant aussi aux aïeux qui ont bien vécu. Le Cardinal Tomasi, qui connait bien l’Afrique pour y avoir œuvré, a loué le travail des pionniers de l’inculturation, à l’instar du Cardinal Malula, premier archevêque africain de Kinshasa.

Un rite riche est fruit de dialogue

Pour le Père Bruno Silvestrini, OSA, liturgiste et gardien du sanctuaire apostolique, il existe un lien intrinsèque entre le Missel romain et le Missel romain pour les diocèses du Zaïre, qui est le fruit d’un long cheminement entre l’Eglise de la République démocratique du Congo et le Saint-Siège. Ce rite propre à l’Eglise congolaise a ses spécificités qui se caractérisent notamment par des gestes, une procession d’entrée et des offrandes, le rôle important de l’annonciateur, les mouvements et gestes des servants de messes, du célébrant, etc. Le Père Silvestrini a invité les évêques de la République démocratique du Congo, après toutes ces années, à évaluer le Missel romain pour les diocèses du Zaïre. 

Pour connaitre le « rite congolais »

Le livre « Papa Francesco e il ‘Messale Romano per le diocese dello Zaire’. Un rito promettente per altre culture », écrit en italien et divisé en 5 parties, ouvre à la connaissance et à l’approfondissement du « rite congolais ».

Le livre commence par la préface signée par le Pape François ainsi que l'homélie de la messe du 1er décembre 2019 et se termine par un appendice contenant le rituel de la messe célébrée par le Pape, avec quelques photos de la cérémonie.

La première partie est consacrée à l’évolution du Missel romain et à l'inculturation liturgique. Il s'agit ici de voir le lien entre le Missel romain et le Missel romain pour les diocèses du Zaïre.

La deuxième partie, pour sa part, est consacrée à la genèse et à l'élaboration du Missel romain pour les diocèses du Zaïre.

Dans la troisième partie, les éléments culturels, issus des traditions, valeurs et rites africains, sont mis en évidence.

Quant à la quatrième partie, après avoir examiné attentivement l'apport de la spiritualité africaine dans le Missel romain pour les diocèses du Zaïre, elle aborde la question de la spiritualité africaine qui découle du Missel romain pour les diocèses du Zaïre et qui est appelée à élargir le sens même de certaines valeurs, telles que la fraternité, la solidarité, le service et le partage, devenant une véritable source de libération pour la communauté des priants.

Enfin, la cinquième partie est consacrée à la description de l'engagement de Sœur Rita en faveur des femmes.  Pour Sœur Rita, la femme africaine représente la communauté entière, l'histoire d'un peuple. Pour cette raison, elle veut rester fidèle à sa racine culturelle, mais de manière dynamique.

En somme, ce volume est une ré-proposition de l'opportunité du rite congolais de la messe qui peut servir d'exemple et de modèle pour d'autres cultures.

Ont contribué à la rédaction de ce livre l’Abbé Maurizio Gronchi, prêtre de l'archidiocèse de Pise (Italie), professeur de Christologie à l’université pontificale urbanienne de Rome ; l’Abbé Jean-Pierre Sieme Lasoul, prêtre du diocèse d’Idiofa (RD Congo), professeur à l’université pontificale urbanienne et à la faculté pontificale de théologie Marianum de Rome ; le Père Olivier Ndondo Akwel-Mpem, SSS, doctorant en théologie dogmatique à l’université pontificale grégorienne de Rome ; Sœur Rita Mboshu Kongo, religieuse de la congrégation des Figlie di Maria Santissima Corredentrice, professeure de théologie spirituelle et formation à la vie consacrée à l’université pontificale urbanienne de Rome ; Mme Silvina Perez, journaliste et écrivaine italienne d’origine argentine, qui dirige l’édition espagnole de l’Osservatore Romano.

Twitter : @JPBodjoko E-mail : jeanpierre.bodjoko@spc.va

02 décembre 2020, 21:13