Recherche

Vatican News
Messa di apertura dei 50 anni del SECAM - Kampala Messa di apertura dei 50 anni del SECAM - Kampala 

Jubilé du SCEAM : réfugiés, migrants et personnes déplacées, au cœurs des préoccupations des évêques

Dans le cadre de la célébration du 50e anniversaire de sa création, le Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar, SCEAM, a choisi de mettre un accent particulier sur la question des réfugiés, des migrants et des personnes déplacées au cours du mois de mars 2019. Les diverses Conférences Episcopales sont donc invitées à réfléchir sur, et à approfondir la pastorale en faveur des réfugiés, des migrants et des personnes déplacées.

Cédric Mouzou, SJ- Cité du Vatican

Pour guider les activités de son jubilé, le Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar, SCEAM, a élaboré un calendrier thématique qui s’étale sur la période allant d’août 2018 à juin 2019. Le SCEAM consacre le mois de mars aux réfugiés, aux migrants, et aux personnes déplacées, après avoir traité divers thèmes au cours des sept derniers mois, notamment les communautés ecclésiales (Août 2018), la Parole de Dieu : catéchistes et animateurs (septembre 2018), la Mission et les Mouvements d’apostolat (octobre 2018), les Saints d’Afrique et de Madagascar (novembre 2018), la Vie et la Création (décembre 2019), la Famille et le dialogue interreligieux (Janvier 2019) et les personnes souffrantes (Février 2019).

Le mouvement des populations: une question urgente en Afrique

Selon le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, l’Afrique de plus en plus un grand nombre de personnes déplacées au monde. L’organisation onusienne estime qu’en 2017, quelque 24,2 millions de personnes avaient été forcées de fuir en raison de conflits, de persécutions, d’autres atteintes aux droits de l’homme et de l’insécurité alimentaire. Sur le continent, on compte 6,3 millions de réfugiés, 509 000 demandeurs d’asile, 712 000 apatrides, et 1,7 millions de rapatriés. Plus de 15 millions d’africains résident dans un pays du continent autre que le leur, tandis que la situation sécuritaire est davantage alarmante. Toujours selon Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, en République centrafricaine comme au Soudan du Sud, les conflits sont entrés dans leur cinquième année, alors que le Cameroun, le Mali et les régions frontalières du Niger et du Burkina Faso sont en proie à des combats contraignant encore plus de personnes à quitter leur foyer. Les exodes vers le Rwanda et la République-Unie de la Tanzanie se sont poursuivis. Cette situation qui devient de plus en plus préoccupante nécessite des réponses urgentes. Le SCEAM ne reste pas indifférent face à ce tableau.

La question interpelle la responsabilité de tous

Le SCEAM affirme que l’expérience de la migration, est universelle. Le Symposium cite en exemple le livre du Deutéronome qui rappelait aux fils d’Israël qu’ils sont des étrangers sur la terre qui les avait accueillis. C’est pourquoi, rappelle le SCEAM, la Bible demande d’être attentif à l’émigré, à l’étranger, autant qu’à l’orphelin et à la veuve. Le migrant est une personne fragile qui a droit à la sollicitude du Seigneur mais aussi et surtout de celle de la communauté. « La parole de Dieu invite à se battre en faveur des migrants, non seulement au niveau de l’hospitalité, mais aussi sur le plan juridique. Elle nous appelle à percevoir la migration comme une rencontre enrichissante ». Le SCEAM invite à ne pas penser seulement aux migrations vers d’autres continents, mais aussi à l’intérieur du continent, ou même du pays. En effet, contrairement à ce qu’affirment les médias, la majorité des migrants africains ne quitte pas leur continent. Ils se déplacent surtout vers les pays voisins. « Comment nous accueillons-nous dans nos quartiers, nos villages, ou nos communautés chrétiennes ? », interpelle le SCEAM. L’Église manifeste son soutien aux migrants africains en dehors et à l’intérieur du continent. Elle interpelle la responsabilité de tous, particulièrement celle des Africains.

Ce n’est pas une première en Afrique

L’Eglise en Afrique n’est pas à sa première initiative en faveur des réfugiés, des migrants et des personnes déplacées. Depuis un bon bout de temps, l’Eglise a fait de la question l’une de ses priorités. En décembre 2018, le Symposium s’était rassemblé à Abidjan, en Côte d’Ivoire, pour réfléchir sur l’impact des migrations irrégulières et sur le rôle de l’Église en Afrique face à cette question. A l’occasion de leur assemblée plénière en septembre 2018 à Tanger au Maroc, les évêques membres de de la CERNA (la Conférence des évêques de la Région du Nord de l’Afrique), avaient condamné le piétinement des droits fondamentaux à l’égard des personnes en situation de migration. Cette situation, affirmaient les évêques de l’Afrique du Nord, questionne le sens même de la solidarité dans cette région. Le 16 mai 2018, la Conférence épiscopale du Cameroun a lancé un cri de détresse dans un message intitulé « la souffrance de nos frères ». Dans le Nigeria voisin, l’Eglise catholique ne cesse d’appeler toutes les personnes de « bonne volonté à aider les réfugiés, non seulement dans la pratique mais aussi dans la compassion ». Les évêques du Nigeria appellent à la tolérance et à la création d’une atmosphère accueillante pour « surmonter les épreuves traumatisantes vécues par les réfugiés. »

Non à l’exploitation des migrants et des réfugiés

L’archevêque de Johannesburg, en Afrique du Sud, Mgr Buti Tlhagale, a lancé un vibrant appel, le 10 février 2019, contre les discriminations à l’égard des migrants. L’Eglise en Afrique du Sud célébrait le cinquantenaire de la Constitution du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar, SCEAM, à Durban. Se référant aux migrants privés de documents qui vivent en Afrique du Sud, l’Archevêque a déclaré : « Nombreux sont ceux qui reçoivent des salaires dignes d’esclaves et sont continuellement menacés d’arrestation. Certains sont victimes des fonctionnaires de la police qui usent de la corruption. Comme si cela n’était pas suffisant, nombreux sont aussi victimes de la xénophobie ». L’archevêque de Johannesburg a appelé à dire non à l’indifférence par rapport à la condition d’autrui, qu’il a qualifiée de grave péché que nous commettons à notre époque. « Lorsque nous discriminons nos frères africains, nous trahissons notre humanité même. Nous diminuons notre honneur et la valeur de personnes humaines. Nous obscurcissons l’image de Dieu imprimée sur nos visages et dans nos cœurs. Le fait que nous soyons des créatures fait que nous ne trouvons notre perfection qu’en établissant une relation avec les autres. C’est cette réciprocité qui nous rend véritablement humains. Il s’agit d’une relation réciproque qui traverse les frontières artificielles, géographiques, les lignes des fractures culturelles et les divisions raciales. »

Une question chère au Saint-Siège

Le Saint-Siège soutient l’initiative du SCEAM dans le cadre de son année jubilaire. Dans une lettre adressée aux présidents des Conférences Episcopales d’Afrique, la Section des migrants et réfugiés se dit heureuse de se joindre aux célébrations jubilaires du SCEAM. « Au cours du mois de mars, nous gardons particulièrement à l’esprit ceux qui deviennent vulnérables du fait que, pour une raison ou une autre, ils sont contraints de fuir. Il s’agit des migrants, des demandeurs d’asile, des réfugiés, des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, ou des victimes de la traite d’êtres humains », écrit le père Lambert Tonomou, Coordinateur Régional à la Section des migrants et réfugiés. Pour stimuler les communautés chrétiennes a une plus grande solidarité envers les personnes déplacées, le père Tonomou rappelle ce qu’avait dit le Pape François en Ouganda en 2015 : « l’évangile nous impose de sortir vers les périphéries de la société et de trouver le Christ dans celui qui soufre et dans celui qui se trouve dans le besoin ».

Le Jubilé du SCEAM : rendre grâce, et évaluer le chemin parcouru

Ouvertes le 29 juillet 2018, à Kampala en Ouganda, les festivités devant marquer le 50e anniversaire de la Constitution du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar, SCEAM, prendront fin le dimanche 28 juillet 2019. « Église-Famille de Dieu en Afrique, célèbre ton Jubilé ! Proclame Jésus-Christ ton Sauveur », tel est le thème retenu pour la célébration de ce cinquantenaire de la Constitution du Symposium des Conférence épiscopales d’Afrique et de Madagascar, SCEAM. C’est donc une occasion pour l’Eglise en Afrique de demander pardon pour les manquements, et surtout de poursuivre de manière déterminée sa marche vers un avenir meilleur. Le Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar, SCEAM, est né de la volonté des évêques africains lors du Concile Vatican II (1962-1965), Ils voulaient établir un forum dans lequel ils pourraient parler d’une seule voix sur les questions relatives à l’Église en Afrique. La mise en place du SCEAM est donc le résultat des résolutions épiscopales pour la construction d’une structure continentale afin de projeter la vision africaine dans toute l’Eglise. La première visite d’un Pape en Afrique, dans les temps modernes, fut considérée comme une occasion très opportune pour le lancement du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar. Cela a donc été fait lors de la visite de Sa Sainteté le Pape Paul VI à Kampala (Ouganda) en juillet 1969.
 

02 mars 2019, 15:27