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Le Pape François en audience avec les membres de la Roaco, jeudi 24 juin 2021 au Palais apostolique. Le Pape François en audience avec les membres de la Roaco, jeudi 24 juin 2021 au Palais apostolique.   (Vatican Media)

Roaco: le Pape attentif aux détresses des Églises d’Orient

Au terme de leur assemblée plénière initiée lundi 21 juin, les membres de la Roaco, l'organisme d'aide aux Églises d'Orient, ont été reçu en audience par le Pape François jeudi 24 juin au Palais apostolique. Le Saint-Père les a remercié pour leur travail précieux, invitant à poursuivre la concentration sur l'essentiel, à savoir l'annonce de l'Évangile dans ces terres martyrisées.

Le Souverain pontife a commencé son discours saluant cette audience tenue en présence et non plus en modalité virtuelle, «ce qui donne confiance et aide votre travail», car «nous avons besoin de nous rencontrer, de faire mieux dialoguer les mots et les pensées, d'accueillir les questions et les cris qui viennent de tant de parties du monde, surtout des Églises et des pays pour lesquels vous accomplissez votre travail», leur a assuré François.

Prier pour le Liban en vue du 1er juillet

«J'en suis moi-même témoin, car c'est précisément dans ce contexte, en 2019, que j'ai annoncé mon intention de me rendre en Irak, et grâce à Dieu, il y a quelques mois, j'ai pu réaliser ce désir», a ajouté le Successeur de Pierre, avant d’évoquer la situation libanaise «après la terrible explosion dans le port de Beyrouth le 4 août». Le Saint-Père a particulièrement remercié les membres de la Roaco pour leur soutien au pays du cèdre dans cette grave crise. «Je vous demande de prier et de nous inviter à le faire pour la rencontre que nous aurons le 1er juillet, avec les chefs des Églises chrétiennes du pays, afin que l'Esprit Saint nous guide et nous éclaire», les a-t-il enjoint, rendant grace à toutes les personnes qui soutiennent et rendent possibles les projets de la Roaco : simples fidèles, familles, paroisses ou bénévoles, qui donnent de leur ressources et de leur temps.

Régénérer la Terre Sainte dans la foi

Le Pape a ensuite parlé des difficultés de la collecte Pro Terra Sancta en 2020, qui n’a recueilli qu’environ la moitié du montant des années précédentes.

«Certes, les longs mois durant lesquels les gens n'ont pas pu se réunir dans les églises pour les célébrations, mais aussi la crise économique générée par la pandémie, ont pesé lourd. Si d'un côté cela est bon pour nous, parce que cela nous pousse à une plus grande essentialité, cela ne peut cependant pas nous laisser indifférents, en pensant aussi aux rues désertes de Jérusalem, sans pèlerins qui y vont pour se régénérer dans la foi, mais aussi pour exprimer une solidarité concrète avec les Églises et les populations locales», a déclaré le Saint-Père, renouvelant son appel à redécouvrir l’importance de cette charité, «dont saint Paul parlait déjà dans ses Lettres et que saint Paul VI a voulu réorganiser avec la Lettre apostolique Nobis in animo de 1974, que je propose à nouveau dans toute son actualité et sa validité».

Le Pape François a ensuite développé les divers contextes géographiques et ecclésiaux sur lesquels se sont penchés les membres de la Roaco.  

Tout d'abord, la Terre Sainte elle-même, avec Israël et la Palestine, «peuples pour lesquels nous rêvons toujours que l'arc de la paix, donné par Dieu à Noé en signe de l'alliance entre le ciel et la terre et de la paix entre les hommes (cf. Gn 9, 12-17), s'étende dans le ciel». «Trop souvent, cependant, même récemment, ces cieux sont sillonnés par des appareils qui apportent la destruction, la mort et la peur!», s’est attristé le Pape.

Le cri de Syrie

Le cri qui monte de Syrie, aussi, est toujours présent au cœur de Dieu, mais il semble ne pas toucher celui des hommes qui tiennent entre leurs mains le destin des peuples, a-t-il relevant, évoquant «le scandale de dix ans de conflit, les millions de personnes déplacées à l'intérieur et à l'extérieur du pays, les victimes, le besoin de reconstruction qui est toujours l'otage de la logique partisane et le manque de décisions courageuses pour le bien de cette nation tourmentée».

Outre le cardinal Zenari, nonce apostolique à Damas, la présence des représentants pontificaux au Liban, en Irak, en Éthiopie, en Arménie et en Géorgie, a permis de réfléchir à la situation ecclésiale de ces pays. «Votre style est précieux, car il aide les pasteurs et les fidèles à se concentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire sur ce qui est nécessaire pour l'annonce de l'Évangile, en montrant ensemble le visage de l'Église, qui est Mère, avec une attention particulière aux petits et aux pauvres. Il est parfois nécessaire de reconstruire des bâtiments et des cathédrales, y compris ceux qui ont été détruits par les guerres, mais nous devons d'abord avoir à cœur les pierres vivantes qui sont blessées et dispersées», leur a affirmé le Successeur de Pierre, réservant aussi quelques mots pour la catastrophe humanitaire dans la province nord-éthiopienne du Tigré.  

Préoccupation pour le Tigré et l'Arménie

«Je suis avec appréhension la situation qui s'est créée avec le conflit dans la région du Tigré en Éthiopie, sachant que son champ d'application englobe également l'Érythrée voisine. Au-delà des différences religieuses et confessionnelles, on se rend compte à quel point le message de tous les frères est essentiel lorsque les différences entre les groupes ethniques et les luttes de pouvoir qui en résultent sont érigées en système», a-t-il observé.

Et le Pape de conclure par une pensée pour l’Arménie, où il s’est rendu en voyage apostolique il y a cinq ans jour pour jour. François s’est remémoré le lâcher de colombes dans le ciel en signe et souhait de paix dans toute la région du Caucase, avec le Patriarche de l'Église apostolique arménienne, Karekine II.

24 juin 2021, 11:45