Participant au congrès Signis Afrique, à Kigali au Rwanda, le 17 juillet 2022. Participant au congrès Signis Afrique, à Kigali au Rwanda, le 17 juillet 2022.  

À Kigali, les recommandations de Signis Afrique pour le continent

L’association catholique pour la communication a conclu son 2e congrès, vendredi 15 juillet, sur le thème de la synodalité. Après trois jours de travaux au centre Saint Paul à Kigali, au Rwanda, elle suggère d’«utiliser les moyens de communication sociale pour promouvoir une culture de paix» sur le continent, confronté à une insécurité croissante.

Françoise Niamien – Cité du Vatican

Le second congrès SIGNIS-Afrique s’est tenu du 11 au 15 juillet à Kigali, la capitale rwandaise. L’événement continental, qui avait pour thème «Communication, Synodalité et l'Église en Afrique» a permis la rencontre d’une soixantaine de professionnels catholiques de la communication, incluant la vidéo, la télévision, le cinéma et la radio, originaires de douze pays africains.

La section Afrique de l’association, implantée dans le monde entier, a souhaité «réfléchir à la définition de moyens réalisables pour encourager l'unité dans le voyage de la foi sur le continent africain, à travers divers moyens de communication».

Le synode sur la synodalité, cas d’école

Le synode actuel sur la synodalité, convoqué par le Pape François jusqu’en octobre 2023, est un exemple concret de projet de communication mettant au défi de nombreux professionnels africains chrétiens. Il s’agit, d’ici à sa clôture, «de trouver des moyens pratiques de donner une voix à ceux qui sont marginalisés par certaines de nos structures ecclésiales et dans la société en général», a indiqué Mgr Badejo, évêque du diocèse d’Oyo au Nigeria et président du comité épiscopal panafricain pour les communications sociales, lors de l’ouverture du congrès.

Au cours des rencontres, les délégués sont ainsi revenus sur la nécessité de faire des médias actuels de véritables outils d'évangélisation, dont l'utilisation doit pouvoir servir la mission de l'Église.


Une Église plus inclusive et participative

La section Afrique de SIGNIS a fait plus plusieurs recommandations aux communicateurs catholiques africains et à la société africaine. Dans la lignée de l'esprit synodal, les communicateurs catholiques africains recommandent que «toutes les structures de communication catholiques en Afrique [fassent] de leur priorité l'introspection et la mise en place d'une Eglise plus inclusive et participative». Pour les délégués, cela «implique également l'intégration de davantage de femmes et de jeunes dans nos structures de gouvernance», ont-ils noté.

Entre autres recommandations, SIGNIS-Afrique exhorte tous les communicateurs catholiques du continent à être constamment conscients que l'écoute est essentielle. L’association des professionnels de la communication catholique souligne que «marcher ensemble dans la synodalité implique d'écouter à un niveau plus profond toutes les personnes sans préjugés».

Ramener le calme et la sécurité au Sahel

Le congrès de Kigali a été l’occasion de revenir sur les profondes divisions du continent africain, dont les conséquences catastrophiques impactent directement les chrétiens du continent.

Observant «avec angoisse et une totale désapprobation les attaques, les enlèvements et les meurtres non provoqués, incessants et insensés (…) contre des chrétiens dans de nombreux pays africains», les communicateurs demandent «instamment aux gouvernements africains de ramener le calme et la sécurité en particulier dans toute les régions du Sahel». Au Nigeria, au moins vingt enlèvements d’ecclésiastiques chrétiens ont eu lieu depuis le début de l'année 2022. Au moins trois d’entre eux ont été tués par leurs ravisseurs.


Construire une nouvelle Afrique

S’adressant à la société africaine dans leur communiqué final, l’association a enfin exhorté les gouvernements, les groupes et les individus africains de «s’efforcer de transcender les frontières terrestres artificielles auxquelles les héritages du colonialisme ont soumis le continent», en construisant la nouvelle Afrique souhaitée.

«Le temps est venu de poursuivre tous les nobles idéaux d'interconnexion dont l'Union africaine a souvent parlé mais rarement mis en œuvre. En tant qu'Africains, nous sommes fiers de notre identité, nous célébrons et promouvons nos valeurs et nous estimons notre dignité en tant que peuple au noble héritage. C'est un leitmotiv qui mérite d'être promu dans nos écoles, nos églises et nos communautés», ont conclu les membres de SIGNIS-Afrique.

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19 juillet 2022, 19:12