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Le dossier en béatification du père Jacques Hamel est arrivé au Vatican

Une nouvelle étape a été franchie ce 10 avril dans le procès en béatification du père Hamel, assassiné le 26 juillet 2016 par des islamistes dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, pendant la messe. Une délégation du diocèse de Rouen, menée par son archevêque et principalement composée de jeunes, a remis à la Congrégation pour les Causes des saints un volumineux dossier. À partir de ces documents, le dicastère va statuer sur la validité du martyre du prêtre normand, avant de présenter un avis au Pape, lequel donnera une réponse formelle.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Onze mille pages, plus de cent kilos de papier, dix mille heures de travail, six-cents homélies retranscrites, soixante témoins auditionnés: le dossier en béatification du père Jacques Hamel est officiellement arrivé à Rome ce matin, dans les bureaux de la Congrégation pour les Causes des saints. Il rejoindra les 1500 procès en béatification déjà en cours, mais une priorité lui a été accordée, a assuré Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen. Le Pape François lui-même fait preuve d’une attention particulière vis-à-vis de la cause du père Hamel. L’assassinat du prêtre normand avait bouleversé le Souverain pontife, qui présidait les Journées Mondiales de la Jeunesse à Cracovie lors du drame.

Peu après, le Pape François avait accordé une dispense des cinq ans ordinairement exigés après la mort d’une personne pour ouvrir son procès en béatification. Celui-ci a commencé le 20 mai 2017. Dans le cas du père Hamel, il s’agit d’une procédure spéciale de reconnaissance du martyr, visant à déterminer si le prêtre a bel et bien été assassiné “in odium fidei” (“en haine de la foi”), motif retenu pour une éventuelle béatification. Par ailleurs, la dispense permet de recueillir rapidement le précieux témoignage des témoins oculaires de la mort du père Jacques, pour la plupart octogénaires au moment du drame.

Des jeunes unis autour du père Hamel

Après la clôture de la phase diocésaine du procès, le 9 mars dernier, c’est donc la phase “romaine” qui commence. Une étape encore une fois sous le signe de la jeunesse, près de trois ans après les JMJ polonaises. Ce mercredi, une quarantaine de lycéens du diocèse de Rouen étaient présents à Rome, accompagnés de leur archevêque et de plusieurs prêtres du diocèse, dont le postulateur de la cause, le père Paul Vigouroux. Le groupe ne venait pas directement de Normandie mais d’Assise, pour un pèlerinage plus long que ce passage d’une journée dans la ville éternelle.

Parmi les pèlerins, de nombreux jeunes témoignent de leur admiration pour le père Hamel, ce prêtre qui a aimé jusqu’au bout, fidèlement, discrètement, œuvrant aussi pour des relations apaisées avec la communauté musulmane. Bien qu’ils ne l’aient pas connu personnellement, le curé de Saint-Étienne-du-Rouvray demeure pour eux un témoin de la foi proche et exemplaire.

Un dossier porté à bout de bras

Les lycéens les plus robustes n’ont pas hésité à porter à bout de bras les six lourds cartons parvenus jusqu’à Rome dans le coffre de leur autocar. Après avoir assisté à l’audience générale place Saint-Pierre, sous une abondante pluie, les Rouennais ont rencontré le Pape François pour un temps de prière… puis direction la place Pie XII, quelques mètres en avant, pour rejoindre la Congrégation pour les Causes des saints. Après avoir officiellement déposé le précieux chargement, Mgr Lebrun et l’ensemble du groupe  ont rencontré le cardinal Giovanni Angelo Becciu, Préfet de la Congrégation.

Les pièces du dossier seront désormais étudiées de plus près pour mieux connaître la personnalité du père Jacques et surtout les circonstances de sa mort, afin de prouver qu’il est bien mort en martyr. Puis l’instance vaticane rendra son avis au Pape, le seul à même de déclarer formellement si le prêtre peut être béatifié. La béatification se tiendrait alors à Rouen, diocèse d’origine du père Hamel.

Mais pour le moment, aucun préparatif n’est au programme dans le diocèse. À Rouen, rappelle dans un sourire Mgr Lebrun, Jeanne d’Arc a été canonisée cinq siècles après sa mort… Aujourd'hui, l’heure est davantage à la prière – pour les proches du père Hamel, ses assassins, ses paroissiens, pour obtenir aussi un miracle qui ouvrirait la voie à sa canonisation –, ainsi qu’à la recherche d’un postulateur de la cause de béatification chargé de poursuivre le travail, depuis Rome.

Reportage auprès du groupe du diocèse de Rouen

 

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10 avril 2019, 17:50