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Rencontre interreligieuse d'Ur - Voyage apostolique en Irak, mars 2021. Rencontre interreligieuse d'Ur - Voyage apostolique en Irak, mars 2021.  (Vatican Media)

G20 des religions à Bologne: une ressource pour la paix

Le sommet du G20 sous présidence italienne cette année a lieu à Rome les 30 et 31 octobre. La rencontre des chefs d’États les plus riche de la planète est toujours un grand barnum diplomatique précédé de G20 thématiques: culture, agriculture, G20 social ou des finances, mais aussi… des religions.

Delphine Allaire - Cité du Vatican

Le Forum interreligieux du G20 s’est achevé mardi 12 septembre à Bologne en Italie. La capitale de l’Émilie-Romagne a accueilli 3 jours durant 370 chefs religieux, politiques, scientifiques, personnalités diverses, de 70 pays, ayant tenu 32 sessions de travail.

Des tables rondes où il était question de politique étrangère et religion, d’éducation et diversité religieuse, de coexistence pacifique, de liberté religieuse toujours plus en danger. Ce G20 s’est d’ailleurs ouvert par une prière dans le cloître de la basilique Santo Stefano, à la mémoire des fidèles tués dans les lieux de culte ces quarante dernières années, dont le père Jacques Hamel et les 6 enfants coptes assassinés en 2016 au Caire.

Au fil des ateliers, ont été débattus les thèmes de migrations, patrimoine culturel religieux, environnement -en lien avec la sobriété et l’ascétisme religieux-, d’intelligence artificielle sous le prisme de la foi. Des enjeux plus spirituels ont aussi émergé comme la nature théologique du dialogue, le rôle des études religieuses ou le modèle chrétien de l’œcuménisme.  

Éclectiques, les intervenants ne l’étaient pas moins. Le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée, le grand rabbin de Rome, celui de Russie, évêques, muftis, métropolites; différents ministres de la culture et de l’éducation d’Israël, de Turquie, d’Azerbaïdjan, d’Allemagne et d’Italie, ou encore représentants des gouvernements chinois, pakistanais, du sultanat d’Oman et autres du golfe persique.

Lutter contre l'analphabétisme religieux 

À Bologne, la diplomatie vaticane était représentée par Mgr Miroslaw Wachowski, sous-secrétaire aux Relations avec les États. Le Pape François, lui, ne s’est pas rendu sur place, mais a adressé un message assez fort aux participants.

L’évêque de Rome a évoqué largement l’analphabétisme religieux, et la nécessité pour les responsables des confessions de rappeler ce qu’est le mal, face à la croissance des actes de haine commis au nom du sacré. «La route de la paix, a-t-il estimé, ne se trouve pas dans les armes, mais dans la justice».  Une constance du Saint-Père qui fait de lui «une figure de référence aussi pour les autres religions», explique Elena Dini, participante au G20, responsable au centre Jean-Paul II pour le dialogue interreligieux -auprès de l'université pontificale Angelicum à Rome, ce centre s'occupe de former ses étudiants et boursiers dans le dialogue du point de vue théologique et pratique.

Le Pape François s’est aussi permis d’ajouter sa touche à l’agenda du G20, comprenant 3 piliers: peuples, planète, prospérité, y rajoutant un 4ème, celui de «paix».

L'esprit d'Assise 

Selon Elena Dini, ce type de rencontres officielles peuvent faire avancer le dialogue et la compréhension mutuelle sur le terrain, la portée des images de différents hommes de foi et de politique échangeant ensemble étant très forte. Une méthode qui remonte à Jean-Paul II, et la première rencontre interreligieuse pour la paix tenue en 1986 à Assise.

«Le fait même d'être ensemble signifiait un choix de pardon, un choix de ne jamais impliquer les religions dans une logique de violence, d'utiliser plutôt les religions comme une ressource pour la paix», a relevé à ce sujet le cardinal Matteo Zuppi, archevêque de la ville-hôte de Bologne.

La Méditerranée, lac de Tibériade

Des réponses esquissées qui passent par le local. L’espace méditerranéen par exemple, berceau des trois religions abrahamiques, a fait l’objet d’une session ad hoc. Une zone cruciale très chère au Souverain pontife, kaléidoscope des crises mondiales, comme l’a déclaré lors de la session le cardinal Gualtiero Bassetti. Le président de l’épiscopat italien a cité le vénérable Giorgio Lapira, ancien maire de Florence, qui caractérisait prophétiquement la Méditerranée de «grand Lac de Tibériade» dans les ambitions de paix, rencontre et dialogue qu’elle renferme. Les évêques italiens, aux avant-postes des enjeux de migrations, démographies, de dialogue entre les deux rives, ont rappelé la rencontre de Bari en février 2020 avec les représentants de toutes les Églises côtières, en présence du Pape, et annoncé celle qui se tiendra sur ce même sujet à Florence en février 2022.

Entretien avec Elena Dini, responsable au Centre Jean-Paul II pour le dialogue interreligieux
18 septembre 2021, 18:08