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Le Saint-Père s'adresse à la communauté du Collège pontifical mexicain - le 29 mars 2021 Le Saint-Père s'adresse à la communauté du Collège pontifical mexicain - le 29 mars 2021  (Vatican Media)

Le Pape reçoit la communauté du Collège Pontifical mexicain

Le Saint-Père a rencontré ce lundi matin les membres du Collège Pontifical mexicain, qui sont en grande majorité des prêtres de ce pays d’Amérique centrale en formation à Rome. Il les invités à conformer leur regard à celui du Christ pour faire face aux défis sociaux et ecclésiaux actuels.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Dans ce discours prononcé en espagnol, le Saint-Père a reconnu que la pandémie actuelle a des répercussions majeures au Mexique et sur tout le continent américain. Les multiples défis qui frappent la société et l’Église exigent que les prêtres se conforment au Seigneur, particulièrement «au regard d'amour avec lequel il nous contemple», a souligné François. Ce regard a trois déclinaisons: regard de tendresse, de réconciliation et de fraternité.

Un cœur tourné vers tous, dans l’action et la prière

«Nous devons avoir le regard de tendresse avec lequel notre Dieu Père voit les problèmes qui affligent la société», a tout d’abord indiqué le Pape, énonçant les fléaux qui submergent le Mexique depuis de nombreuses années – violence, inégalités, corruption et désespérance. En se laissant façonner par le Bon Pasteur, le prêtre grandit dans la «charité pastorale, où personne ne reste exclu de notre sollicitude et de notre prière». Cela permet aussi de devenir des êtres de «proximité» et de «compassion», ne cédant pas à la tentation du repli sur soi. «N’oublions pas que le cléricalisme est une perversion», a ajouté le Souverain Pontife.

Le regard de réconciliation est quant à lui ferment de reconstruction. Il rend capable «de tisser ensemble les différents fils qui ont été affaiblis ou coupés dans la toile multicolore des cultures qui constituent le tissu social et religieux de votre nation, en prêtant surtout attention à ceux qui ont été écartés à cause de leurs racines indigènes ou de leur religiosité populaire particulière», a précisé le Souverain Pontife. L’invitation au pardon permet aussi de «s'engager dans la restauration de la justice».

Foi et sagesse au service de la fraternité

Enfin, «l'époque actuelle nous incite à avoir un regard fraternel», a fait remarquer le Pape, évoquant notamment les réseaux sociaux. «C'est pourquoi, avec le Christ, Serviteur et Pasteur, nous devons être capables d'avoir une vision d'ensemble et d'unité, qui nous pousse à créer la fraternité», aussi bien «au cœur des cultures» que dans la «communauté ecclésiale». Cette capacité s’acquiert grâce à «la lumière de la foi et de la sagesse de ceux qui savent "enlever leurs sandales" pour contempler le mystère de Dieu et, dans cette perspective, lire les signes des temps». François a donc insisté sur l’importance d’une formation continue où s’articulent les «dimensions académique, spirituelle, humaine et pastorale». Il a aussi invité les prêtres à reconnaître humblement leurs limites et à «ne pas sous-estimer les tentations mondaines», lesquelles conduisent «à une connaissance personnelle insuffisante, à des attitudes autoréférentielles, au consumérisme et à de multiples formes d'évitement de nos responsabilités». La mondanité «est la porte de la corruption», a rappelé le Successeur de Pierre en se référant au cardinal Henri de Lubac.

En conclusion de son discours, le Saint-Père a donné quelques conseils spirituels à ses hôtes: garder le regard tourné vers le Christ, «le Serviteur souffrant», se tourner avec confiance vers Marie – en partie Notre-Dame de Guadalupe, sainte patronne des Amériques – et son époux Saint Joseph, «modèle de participation au mystère rédempteur par son service humble et silencieux», et prendre soin des «racines de la foi». «Menez une vie bonne et transparente, la vie des pécheurs qui savent se relever à temps, qui savent demander de l'aide et continuer à marcher même si c'est en fauteuil roulant», a-t-il ajouté.

29 mars 2021, 14:29