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Un Arménien dans les ruines de sa maison à Stepanakert, le 10 octobre 2020. Un Arménien dans les ruines de sa maison à Stepanakert, le 10 octobre 2020.  (AFP or licensors)

Le Pape encourage les efforts diplomatiques entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

L’annonce d’un cessez-le feu censé entrer en vigueur samedi midi 10 octobre n’a pas mis un terme réel aux combats dans le Haut-Karabakh, où la guerre fait rage depuis deux semaines. Lors de l’Angélus de ce dimanche, le Pape François a néanmoins appelé à persévérer dans les efforts visant à trouver une solution diplomatique pour mettre fin au conflit.

«J’ai apprécié qu’un cessez-à-feu ait été conclu entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en vue d’atteindre un accord de paix substantiel. Bien que la trêve se démontre trop fragile, j’encourage à la reprendre et j’exprime une participation à la douleur pour la perte de vies humaines, pour les souffrances subies et pour la destruction d’habitations et de lieux de culte. Je prie et j’invite à prier pour les victimes et pour tous ceux dont la vie est en danger», a déclaré le Pape François, qui avait visité ces deux pays en 2016.

Plusieurs centaines de personnes ont péri dans les affrontements qui ont repris depuis deux semaines dans cette région de population arménienne, mais rattachée administrativement à l’Azerbaïdjan à l’époque soviétique. Une guerre avait opposé les deux républiques d’Arménie et d’Azerbaïdjan de 1988 à 1994, les deux parties ayant entre temps proclamé leur indépendance en 1991, tout comme le Haut-Karabakh (appelé aussi Nagorny-Karabakh ou Artsakh), soutenu par l’Arménie, mais qui n’a été formellement reconnu par aucun pays. Après un bilan global estimé à 30 000 morts, le cessez-le-feu signé en 1994 sous l’égide du Groupe de Minsk (co-présidé par la France, les États-Unis et la Russie) avait mené à un gel de la ligne de front mais sans véritable paix.

Les affrontements les plus intenses depuis un quart de siècle

L’offensive azerbaïdjanaise lancée le 27 septembre, et visant notamment la principale ville, Stepanakert, a ouvert un nouveau cycle de violences de grande ampleur. Bien que l’état de guerre ait toujours persisté, avec de réguliers incidents, il s’agit des affrontements les plus graves depuis 1994. La moitié des 150 000 habitants de la région aurait pris le chemin de l'exode vers la République d'Arménie. Ces derniers jours ont notamment été marqués par de nouvelles frappes azerbaïdjanaises sur Stepanakert, mais aussi, le 8 octobre par le bombardement de la cathédrale de Chouchi, qui a suscité une vive émotion dans la population arménienne. De son côté, Bakou a également accusé l’Arménie de bombarder des populations civiles en Azerbaïdjan.

Une rencontre directe a pu se tenir vendredi 9 octobre à Moscou entre les ministres des Affaires étrangères d’Arménie et d’Azerbaïdjan, sous l’égide de leur homologue russe Sergueï Lavrov. La mise en place d’un cessez-le-feu pour le week-end, dans le but notamment de permettre l’évacuation des corps sur la ligne de front, avait été présentée comme un premier pas vers la reprise de négociations substantielles sur le statut de la région. 

11 octobre 2020, 12:49