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La couverture du livre de Miguel Angel Fiorito. La couverture du livre de Miguel Angel Fiorito. 

Le Pape François rend hommage à son ancien maître spirituel

La Civiltà Cattolica publie les “Écrits” du père Miguel Angel Fiorito, un jésuite argentin décédé en 2005, qui fut l’un des grands maîtres spirituels de la Compagnie. Le Pape François a rédigé la préface de cet ouvrage.

Alessandro De Carolis – Cité du Vatican

Ce n’est pas la première fois que Jorge Mario Bergoglio signe la préface d’un texte de l’un des maîtres de son âme et de celles de nombreux jeunes jésuites argentins et uruguayens. Déjà en 1985, il avait accepté de présenter le deuxième des deux livres écrits par le Père Miguel Ángel Fiorito, intitulé Discernement et lutte spirituelle, en faisant entre autres une observation :  «Le discernement spirituel, c'est avoir le courage de voir dans notre visage humain les traces divines». Parce que c'est ce que le père Fiorito a fait toute sa vie : «sentir et goûter» les pas de Dieu dans son cœur et enseigner à ses frères comment les recevoir dans toute leur profondeur, en écartant les tromperies de «l'esprit mauvais».

À l'École de l'Esprit

Trente-quatre ans plus tard, l’étudiant jésuite devenu Pape a gardé la même sensibilité. Les trois pages de la préface du livre Écrits 1952-1959, signée par le Pape, sont l'expression d'une gratitude inchangée pour l'homme qui, avec son Centre de Spiritualité et son Bulletin, a contribué de manière lucide à la réception de la nouveauté du Concile dans sa Province religieuse et en particulier au développement de la "théologie du peuple", qui inspire le Magistère de François. Le Pape participera lui-même à la présentation de l'ouvrage à la Curie générale des jésuites ce vendredi 13 décembre, jour du 50e anniversaire de son ordination sacerdotale.

Le nez de "l'ennemi"

Le père Fiorito, écrit le Pape, avait intériorisé une maxime de saint Pierre Faber, concernant le fait que «savoir recevoir et communiquer sont deux choses différentes, et chacune demande une grâce». Une grâce que le professeur argentin possédait d'une manière suprême. «Ses écrits, observe François, distillent la miséricorde spirituelle : enseignements pour ceux qui ne savent pas, bons conseils pour ceux qui en ont besoin, correction pour ceux qui commettent des erreurs, consolation pour les tristes, et aide à être patient dans la désolation ».

En bon jésuite, il pratiquait assidûment l'art des exercices spirituels, en particulier dans la seconde moitié de sa vie, en les recommandant sous toutes ses formes, et il avait développé, note le Pape, «un odorat particulier pour "sentir" le mauvais esprit ; il savait identifier son action, reconnaître ses tics, le démasquer pour ses mauvais fruits, pour le mauvais goût et le désolation» que Satan «laisse à son passage».

Le document qui console

François se souvient de l'image du père Fiorito qui montait dangereusement les escaliers de sa bibliothèque personnelle, tout un mur de six mètres sur quatre,  avec l'intention de trouver dans l'un des nombreux tiroirs remplis de feuilles, de cartes d'étude, de prières et d'actions, un document à donner sans un mot de plus au frère qui lui avait confié «quelque agitation».

Un homme bon pour beaucoup

Miguel Ángel Fiorito, dit le Pape, «était fondamentalement un homme de dialogue et d'écoute. Il a enseigné à beaucoup à prier - à dialoguer en amitié avec Dieu», en essayant tout sauf «ne garder que ce qui est bon». Bref, un «père aimant, un enseignant patient et un adversaire ferme» quand c'est nécessaire, «mais toujours respectueux et loyal, jamais ennemi», capable de discerner «le temps de Dieu» dans les choses et d'enseigner que le discernement lui-même est la «cure de l'aveuglement spirituel», cette «maladie triste» qui agit comme un écran pour une action divine.

La conviction de François est que «ces écrits feront beaucoup de bien à toute l'Église». «Ils ont la hauteur d'un grand rêve», dit-il, et le Pape exprime l'espoir que d'une manière semblable au passé, quand ils ont marqué la vie de beaucoup d'âmes, les pensées du "Maître des Fleurs" (jeu de mot avec son nom de famille, “Fiorito”) puissent mettre «des racines» et donner «des fleurs et des fruits dans la vie de nombreuses personnes».

 

09 décembre 2019, 13:39