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Le Pape François salue le cardinal Maurice Piat, lors de son arrivé à Maurice, le 9 septembre 2019. Le Pape François salue le cardinal Maurice Piat, lors de son arrivé à Maurice, le 9 septembre 2019.   (Vatican Media)

Le cardinal Piat heureux et reconnaissant

En se rendant lundi 9 septembre à Maurice, le Pape François va à la rencontre non seulement de l’Église de Maurice et d’une île où vivent différentes religions, mais aussi des autres Églises de l’océan Indien. Le cardinal Piat, évêque de Port-Louis, est reconnaissant au Saint-Père de venir saluer toutes ces réalités.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

Joie et reconnaissance : c’est le sentiment des catholiques mauriciens à quelques heures de l’arrivée du Pape François sur leur île, trente ans après celle de saint Jean-Paul II. Le cardinal Maurice Piat, évêque de Port-Louis, se réjouit que le Saint-Père ait accepté de prolonger son voyage en poussant jusqu’à son île. Ce sera pour le Pape l’occasion de rencontrer un peuple dont la multiculturalité et la cohabitation entre plusieurs religions sont les principaux traits.

«Nous vivons dans un petit espace où il y a un certain vivre-ensemble qui est très réel et très porteur» explique le cardinal Piat. «En même temps, il ne faut pas se leurrer, il y a des tensions, des difficultés que nous avons à affronter tous les jours», reconnait-il. Cette visite sera ainsi l’occasion de présenter au Pape ce vivre-ensemble notamment au travers de la liturgie et de la présence aussi de plusieurs communautés présentes dans l’océan Indien.

Parmi les groupes représentés lors de ce lundi, figurent les Chagossiens, habitants de l’archipel des Chagos, territoire administré par le Royaume-Uni et revendiqué par Maurice. Ils ont été expulsés de leurs îles par les Britanniques sur demande des Américains afin d’y installer une base américaine stratégique au cœur de l’océan Indien. Depuis, les Chagossiens ont déposé des recours auprès de l’ONU qui a exigé de la part de Londres de restituer l’archipel à Maurice.

Tous les Mauriciens en fête 

La visite du Pape François créé un engouement qui dépasse de loin la seule communauté catholique. Elle est «perçue par beaucoup de joie et de gratitude» confie le cardinal Piat. «Je crois que le Pape est perçu comme une autorité spirituelle qui dépasse les limites de l’Église catholique. Il est compris comme quelqu’un qui peut créer des liens, s’adresser à tout le monde et faire en sorte que nous puissions vivre comme des frères».

La venue du Pape coïncide avec la fête dédiée au bienheureux père Laval, «père dans la foi» des catholiques mauriciens et figure spirituelle reconnue sinon vénérée par les fidèles des autres religions présentes sur l’île. Pour préparer l’ensemble des catholiques à la visite de François, l’Église a choisi comme thème «Disciple missionnaire comme le père Laval». «Nous voulons que notre relation au père Laval ne soit pas simplement une relation de consommateur en lui demandant des faveurs, des grâces, mais aussi en s’inspirant de sa manière d’être, d’être chrétien, d’être disciple au milieu de nous au XIXe siècle», précise le cardinal Piat qui souligne que nous sommes appelés à être des disciples missionnaires comme il le fut.

L’océan Indien visité

Cette visite du Pape François, c’est aussi l’occasion de rendre visite aux Églises de l’océan Indien, regroupées au sein de la CEDOI, la Conférence épiscopale de l’océan Indien. François déjeunera ce lundi avec ses membres représentant les diocèses de Port-Louis (Maurice), de Saint-Denis-de-la-Réunion (Réunion), de Port-Victoria (Seychelles), du vicariat apostolique des Comores (avec juridiction sur Mayotte).

Les réalités politique, administrative, économique et sociale de ces îles, parfois distantes de plusieurs milliers de kilomètres les unes des autres, ne permet pas de dégager des traits communs, malgré leur proximité culturelle parfois. Mais le cardinal Piat, qui connait bien la région, estime qu’il y a deux défis que toutes doivent affronter : une religion comprise comme un simple élément de son identité et le dialogue interreligieux. «Le grand défi c’est de devenir de vrais disciples du Seigneur, que l’on ne se contente pas d’être chrétiens par habitude, par tradition» reconnait-il. Ensuite, estime l’évêque de Port-Louis, «il nous faut instaurer des relations amicales et fraternelles, de dialogue avec nos frères et sœurs des autres religions»

Entretien avec le Cardinal Piat
09 septembre 2019, 08:59