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Des personnes attendent pour se faire tester à Paris, le 9 octobre 2020 Des personnes attendent pour se faire tester à Paris, le 9 octobre 2020  (ANSA)

Les personnes précaires plus vulnérables à la Covid-19 en Ile-de-France

Une étude épidémiologique menée en région parisienne par Médecins Sans Frontières révèle une prévalence du virus beaucoup plus forte chez les personnes vivant en grande précarité. L’ONG espère des pouvoirs publics une politique de prévention plus efficace auprès de ces populations.

La Covid-19 touche inégalement la population française dans les grandes agglomérations, en particulier en Ile-de-France. C’est ce qui ressort d’une étude publiée le 5 octobre dernier par Médecins Sans Frontières, en collaboration avec l’Institut Pasteur. Selon les épidémiologistes qui ont travaillé à cette enquête, il ressort que la séroprévalence est largement plus forte dans certaines zones de la banlieue parisienne que la moyenne nationale.

L’enquête, conduite entre les mois de mars et juin, a été menée auprès de 818 personnes réparties sur deux sites de distribution alimentaire, deux foyers de travailleurs et dix centres d’hébergement d’urgence, situés à Paris, dans le Val d’Oise et en Seine-Saint-Denis, l’un des départements français les plus touchés par la pandémie.

Une explosion des taux de séroprévalence

Les résultats montrent un taux de séroprévalence (des personnes développant les anticorps après avoir contracté le virus) largement supérieur à la moyenne nationale, même si les chiffres varient fortement d’un site à l’autre. Ainsi sur les 10 centres d'hébergement où MSF intervient, le taux de positivité atteint 50,5%, contre 27,8% sur les sites de distribution alimentaire et 88,7% dans les deux foyers de travailleurs migrants. Des taux de contagion comparables à certains pays pauvres comme l’Inde, et qui suscitent l’inquiétude.

Cette enquête a pour objectif d’aider les pouvoirs publics à mieux cerner la propagation du virus et protéger ces populations vulnérables, les invitant à multiplier les études épidémiologiques auprès des personnes les plus précaires.

La promiscuité, facteur aggravant

Les chiffres de l’études témoignent d’une tendance générale: c’est bien la promiscuité des conditions de vie qui accélère la propagation du virus. Malgré le respect des gestes barrière, il est quasiment impossible pour ces personnes testées de vivre correctement protégées, en particulier, relève l’étude, pour les personnes hébergées dans des gymnases.

Thomas Roederer, épidémiologiste à Épicentre, le centre de recherche épidémiologique de MSF, est le responsable de cette étude :

L'éclairage de Thomas Roederer
13 octobre 2020, 15:21