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Opérations militaires au nord du Burkina Faso, le 14 novembre 2019. Opérations militaires au nord du Burkina Faso, le 14 novembre 2019.  (AFP or licensors)

Burkina Faso : attentat contre une communauté protestante

Le Burkina Faso est une nouvelle fois endeuillé par une attaque terroriste, qui a visé une assemblée protestante durant le culte dominical.

Quatorze fidèles ont été tués ce dimanche 1er décembre 2019, pendant un service religieux lors de l'attaque d'un temple protestant à Hantoukoura, dans l'est du Burkina Faso, où les actions menées par des groupes armés jihadistes contre les lieux de cultes se multiplient.

«Une église protestante de Hantoukoura, dans le département de Foutouri, frontalière du Niger, province de la Komondjarie a été victime d'une attaque meurtrière perpétrée par des hommes armés non identifiés», a annoncé le gouvernorat de la région de Fada N'Gourma dans un communiqué relayé par l’AFP. «Cette attaque a malheureusement occasionné 14 morts et de nombreux blessés», précisent les autorités.

Ce nouvel attentat a été perpétré par «une dizaine d'individus lourdement armés», qui «ont exécuté froidement les fidèles, dont le pasteur de l'église et des enfants», selon une source sécuritaire. Une « opération de ratissage» a été lancée par le groupement militaire de Foutouri pour retrouver les assaillants, qui se sont enfuis avec des motos.

 

Dans son communiqué, le gouvernorat précise que «les forces de défense et de sécurité» se sont déployées «pour porter secours aux personnes blessées». Le gouvernement «présente ses condoléances attristées aux familles éplorées et à la communauté religieuse protestante».

Le Burkina Faso face à la multiplication des attaques terroristes

Les attaques, attribuées à des groupes jihadistes, contre des églises ou des religieux chrétiens se sont multipliées récemment au Burkina Faso, pays sahélien pauvre d'Afrique de l'Ouest.

Le 26 mai, quatre fidèles avaient été tués lors d'une attaque contre une église catholique à Toulfé, localité du nord du pays. Le 13 mai, quatre catholiques avaient été tués lors d'une procession religieuse en honneur de la Vierge Marie à Zimtenga, toujours dans le nord.

La veille, six personnes dont un prêtre, avaient été tués lors d'une attaque pendant la messe dans une église catholique à Dablo, une commune de la province du Sanmatenga, dans le nord du pays.

Le 29 avril, six personnes avaient été tuées lors de l'attaque de l'église protestante de Silgadji, dans le nord. À la mi-mars, l'abbé Joël Yougbaré, curé de Djibo (nord) avait été enlevé par des individus armés. Le 15 février, le père César Fernandez, missionnaire salésien d'origine espagnole, avait été tué dans le centre du Burkina.

Plusieurs imams ont également été assassinés par les jihadistes dans le nord du Burkina depuis le début des attaques il y a quatre ans.

Par ailleurs, à l'autre bout du pays, dans l'ouest, à la frontière ivoirienne, «des individus armés ont attaqué le poste frontalier de Yendéré» samedi soir vers 22h, faisant «deux blessés parmi les passagers d'un car de transport en commun», a indiqué à l'AFP une source sécuritaire.

Plusieurs centaines de morts depuis 2015

Au total, les attaques attribuées à une douzaine de groupes jihadistes, dont Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et l'organisation Etat islamique au grand Sahara (EIGS), ont fait près de 700 morts au Burkina Faso depuis début 2015, selon un comptage de l'AFP, et environ 500.000 déplacés internes et réfugiés, selon l'ONU.

Sous-équipées et mal entraînées, l'armée, la police et la gendarmerie de ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest sont incapables d'enrayer les attaques djihadistes, qui se sont intensifiées en 2019 jusqu'à devenir quasi quotidiennes.

En novembre, les forces de défense et de sécurité ont annoncé avoir tué 56 jihadistes lors de plusieurs opérations.

(AFP)

02 décembre 2019, 09:28