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Bioéthique: un projet de loi «reflet d’une dérégulation totale de la procréation»

En France, le projet de loi de bioéthique est présenté ce mercredi 24 juillet en Conseil des ministres, avant son examen dans deux mois par les députés. Les 32 articles laissent présager des bouleversements en matière de procréation, suscitant l’inquiétude de plusieurs associations comme Alliance VITA, dont le délégué général Tugdual Derville appelle à la mobilisation.

Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Tests génétiques, dons d’organe, recherche sur les cellules souches, autoconservation des ovocytes… Divers sujets médicaux sont abordés par le projet de loi présenté ce 23 juillet en Conseil des ministres. Le texte est porté par les ministres Agnès Buzyn (Santé), Nicole Belloubet (Justice) et Frédérique Vidal (Recherche).

Mais deux autres thèmes occupent une place centrale: l’extension de la PMA à toutes les femmes et la levée de l’anonymat du don de sperme. Ainsi, d’après le texte, la Procréation Médicalement Assistée devrait être accessible à «tout couple formé d’un homme et d’une femme», «de deux femmes» ou à «toute femme non mariée». Est supprimé l’article du code de la santé qui dispose que cette technique médicale de procréation «a pour objet de remédier à l’infertilité d’un couple» ou «d’éviter la transmission à l’enfant (…) d’une maladie d’une particulière gravité». Le seul critère valable devient le désir d’enfant, dépassant toute limite médicale.

Une ligne rouge franchie?

Des mesures très «lourdes de conséquences», prévient Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita, qui voit dans ce projet de loi le «reflet d’une dérégulation totale de la procréation» et le «signe d’une société hyper-individualiste».

Entretien avec Tugdual Derville, d'Alliance VITA

La vie humaine y est considérée comme un objet dépendant de la seule volonté de «géniteurs», ce qui transmet un «message anthropologique catastrophique» ouvrant la porte à d’insidieuses dérives, telles que la disparition d’une structure familiale équilibrante, ou encore l’eugénisme.  

Tugdual Derville déplore «l’effacement de l’intérêt supérieur de l’enfant» ainsi qu’un «détournement de la médecine». À ses yeux cependant, tout n’est pas perdu: «rien ne peut éteindre la voix de la justice». «Nous ne pouvons pas nous taire lorsque les plus fragiles sont piétinés», clame celui qui constate un malaise palpable parmi les députés français face à ces graves enjeux bioéthiques.

Mobilisation le 6 octobre

«Je suis persuadé que nous pouvons atteindre une forme de débat serein, profond, sérieux, à la hauteur des exigences de notre pays. C’est mon ambition en tout cas», déclarait le Premier ministre Édouard Philippe dans son discours de politique générale le 12 juin dernier devant l’Assemblée nationale. Un débat où devraient aussi résonner les voix de manifestants: Alliance Vita et 17 associations et mouvements appellent à une grande mobilisation dans les rues de Paris le dimanche 6 octobre prochain.

 

24 juillet 2019, 14:59