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Un jeune garçon yéménite dans des décombres à Sana'a, le 25 mars 2019 Un jeune garçon yéménite dans des décombres à Sana'a, le 25 mars 2019  (ANSA)

Au Yémen, «les parents doivent choisir entre nourrir, soigner, ou éduquer leurs enfants»

Ce 26 mars, la guerre au Yémen entre dans cinquième année. Il y a 4 ans, la coalition internationale menée par l’Arabie Saoudite lâchait ses premiers raids sur le pays, pour soutenir le pouvoir contre les rebelles houthis. Aujourd’hui, plus de 10 000 personnes sont mortes, en majorité des civils.

Entretien réalisé par Marine Henriot - Cité du Vatican

«Tous les jours, les parents doivent faire un choix difficile, choisir entre sauver leurs enfants malades, ou les nourrir, ou les emmener à l’école... C’est un combat quotidien», les paroles de Mirella Hodeib, responsable communication du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sont édifiantes. Depuis Sanaa la capitale yéménite, elle nous dresse un bilan dramatique de quatre ans de guerre. «Presque tous les aspects de la vie quotidienne sont touchés», détaille la travailleuse humanitaire.

Le 26 mars 2015, les premiers bombardements de la coalition internationale menée par les Saoudiens pour soutenir les forces pro-gouvernementales contre les rebelles houthis tombaient sur le pays. Baptisée “Tempête décisive”, l’opération, à la demande du président Abd Rabbo Mansour Hadi, mobilise les troupes d’une dizaine de pays dont cinq du Golfe. Les rebelles Houthis sont eux soutenus par l’Iran, le grand rival chiite de l’Arabie Saoudite sunnite au Moyen- Orient.

Depuis, le conflit a fait plus de 10 000 morts, en majorité des civils, l’ONU estime que les Yéménites traversent la pire crise humanitaire en cours dans le monde. Selon Action contre la faim, le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays atteint 3,3 millions. Le pays est aussi gravement affecté par le choléra qui a tué plus de 2 500 personnes depuis avril 2017.

Une trêve mise à mal

La côte occidentale du Yémen est devenue en 2018 le principal front de la guerre. C’est là que se trouve Hodeida, principal lieu d’arrivée de l’aide humanitaire. La ville portuaire est contrôlée par les rebelles depuis 2014. Malgré un accord signé sous l’égide de l’ONU entre les forces pro-gouvernementales et les rebelles en février dernier, des affrontements sporadiques éclatent. Dimanche 24 mars, cinq combattants sont morts dans des affrontements.

Après la signature de l’accord, le Pape François a demandé aux parties impliquées dans le conflit de «favoriser de manière urgente le respect des accords établis». Le Souverain Pontife s’exprimait après la prière de l’Angélus le 3 février, «Je fais appel aux parties prenantes et à la communauté internationale pour que soit favorisée avec urgence l’application des accords trouvés, que soit assurée la distribution de la nourriture et qu'elles travaillent pour le bien de la population», a-t-il demandé. «J’invite chacun à prier pour nos frères du Yémen».

Écoutez l'entretien avec Mirella Hodeib du CICR
26 mars 2019, 07:53