Session parlementaire à l'Assemblée nationale, Paris, le 8 juin 2021 Session parlementaire à l'Assemblée nationale, Paris, le 8 juin 2021 

L’épiscopat français redit sa «profonde inquiétude» face au projet de loi bioéthique

Dans un communiqué publié mercredi 9 juin et intitulé “Seule la fraternité peut accueillir durablement la fragilité“, le Conseil permanent de la conférence des évêques de France (CEF) réitère son opposition aux mesures du projet de loi bioéthique faisant l’objet d’une troisième lecture devant l’Assemblée nationale. Dans le même temps, les députés ont à nouveau adopté le texte.

Après trois journées de vifs débats, c’est le «oui» qui l’a finalement emporté, pour la troisième fois: dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 juin, l'Assemblée nationale a voté en faveur du projet de loi bioéthique et de sa mesure phare - la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules-, malgré l’opposition d'élus de droite. Les députés ont soutenu le texte par 84 voix contre 43 et 3 abstentions.

La dignité de la vie humaine mise au ban 

«Le socle de la “bioéthique à la française“ dont notre pays était si fier est définitivement gommé, écrit avec amertume la CEF dans sa dernière déclaration, publiée quelques heures avant le vote, la dignité propre à tout être humain – petit et grand - n'est plus le point focal».

«Une fois de plus, la loi prétend autoriser des transgressions nouvelles en les “encadrant”. Mais jamais un cadre ne tient. Inéluctablement, il finit par être effacé. Encadrer, c’est autoriser», rappelle l’épiscopat français. Les évêques mettent ensuite en garde contre les dérives à venir dans le domaine de la recherche sur les embryons ou de l’utilisation conjointe de cellules humaines et animales. «Ce qui doit être interdit, doit l’être clairement ; ce qui peut être autorisé, doit l’être clairement également. Cela n’est possible qu'en référence à une vision réfléchie de la personne humaine et de sa filiation», alertent-ils. Les embryons humains ne doivent pas devenir un «simple matériau», ni l’homme imposer sa «domination technicienne».


Miser sur la fraternité

Les évêques se disent conscients de la «souffrance des personnes qui ne peuvent pas avoir d’enfant». Mais cette situation douloureuse peut être soulagée par l’accompagnement. «Nos efforts doivent d’abord porter sur la fraternité qui seule peut accueillir durablement la fragilité. Mettre en place un processus de fabrication d’enfants ne résout rien», expliquent-ils. La vie demeure «un don que nous sommes appelés à transmettre, à partager avec d’autres».

À la fin de son message, le Conseil permanent de la CEF «remercie les parlementaires qui ont le courage de mettre en question la bonne conscience qui s’impose: leur témoignage restera pour la suite de l’histoire». Il encourage également «les associations qui s’efforcent de mobiliser nos concitoyens sur ces sujets difficiles», en renvoyant au portail de l’Église de France pour connaître leurs initiatives.

Le Sénat, hostile aux principales mesures du projet de loi bioéthique, examinera celui-ci une ultime fois le 24 juin, avant de laisser le dernier mot à l'Assemblée le 29 juin. Ce sera la fin d’un parcours parlementaire entamé à l’automne 2019.


 

Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici

10 juin 2021, 09:11