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Des manifestants boliviens opposés au report des élections à la date du 18 octobre 2020, dans les rues d'El Alto, le 12 août. Des manifestants boliviens opposés au report des élections à la date du 18 octobre 2020, dans les rues d'El Alto, le 12 août.   (AFP or licensors)

En Bolivie, les évêques plaident pour la démocratie et la justice sociale

C’est dans le contexte d’une Bolivie accablée par une triple crise sanitaire, économique et politique que l’assemblée extraordinaire des évêques s’est tenue virtuellement du 19 au 21 août. Les trente évêques que compte ce pays d’Amérique latine appellent à retrouver «un climat de rencontre et de dialogue, de vérité et de justice».

Dans son discours d’ouverture, Mgr Ricardo Centellas, président de l’épiscopat bolivien, a d’emblée donné le ton des échanges. L’archevêque de Sucre –la capitale constitutionnelle du pays- a invité les autorités à garantir des élections transparentes, justes et crédibles, évoquant le scrutin à venir du 18 octobre, ainsi qu’à faire la lumière sur les fraudes commises dans le passé.

Le report des élections générales au 18 octobre a en effet déclenché la colère d’une partie de la population bolivienne, menant à la mise en place de barrages routiers à travers le pays. 

Ne pas transformer la Bolivie en champ de bataille

 «Il est nécessaire de renforcer le processus démocratique dans notre pays en respectant les institutions et les lois qui protègent les droits et les devoirs de tous les Boliviens», a insisté Mgr Centellas, ajoutant que «la démocratie ne peut être consolidée avec des attitudes destructrices», mais bien par la promotion d'un «développement intégral afin de ne pas transformer la Bolivie en un champ de bataille aux dépens des plus pauvres, qui représentent la majorité». 

 

Redistribution sociale et solidarité

Par ailleurs, face à la «crise économique qui s'aggrave de jour en jour», «aiguisant les besoins primaires» de la population, Mgr Centellas a invité le secteur public à «un style de vie marqué par l'austérité et le partage», afin que «l'économie bolivienne soit redistribuée selon des critères de justice sociale et que les petites et moyennes entreprises reçoivent le soutien nécessaire». 

La pandémie de Covid-19 a fait plus de 91 000 cas positifs et plus de 3 000 morts en Bolivie. Le virus «a mis en évidence la précarité du système national de santé», précisément au moment où l'urgence sanitaire exige «l'unité et la solidarité», sans que personne «ne profite de la situation pour des intérêts personnels et politiques».

«Monter à bord du navire de l’unité»

«Sans santé, il n'y a pas de vie», a enfin exhorté l'archevêque, en réaffirmant l'engagement de l'épiscopat «à protéger la vie», au service de laquelle il est nécessaire de «structurer une éducation vraie et adéquate», loin «des idéologies».

Le discours de Mgr Centellas s'est conclu par un appel à l'unité nationale, car «la division ne fait qu'exacerber la crise : «Soit nous montons à bord du navire de l'unité soit nous succombons aux ambitions du pouvoir», a-t-il conclu.

Le nonce apostolique en Bolivie, Mgr Angelo Accattino, a pour sa part affirmé lors de la réunion combien «le Pape François aime et bénit cette terre». Mgr Accattino a enfin rappelé, en les citant un par un, tous les évêques morts du coronavirus, en particulier Mgr Eugenio Scarpellini, évêque d'El Alto, décédé le 15 juillet à l'âge de 66 ans.

21 août 2020, 13:29