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Les évêques d'Uruguay réunis en novembre 2018. Les évêques d'Uruguay réunis en novembre 2018. 

Les évêques d’Uruguay s’engagent à clarifier la situation des disparus de la dictature

La conférence épiscopale uruguayenne a diffusé un communiqué sur la consultation des archives du Saint-Siège et de la Conférence épiscopale de l'Uruguay en ce qui concerne les détenus disparus dans le pays durant la période du régime militaire, entre 1968 et 1985.

«Les évêques de l'Uruguay réaffirment une fois de plus leur engagement à collaborer de toutes les manières possibles, afin que les familles des détenus disparus puissent trouver une consolation et une réponse à leurs justes aspirations», écrivent les évêques de ce pays d'Amérique du Sud dans un communiqué, en soulignant les efforts déployés pour clarifier la situation des détenus disparus et pour donner une réponse éthique et adéquate à leurs familles.

À partir de 1968, dans le contexte de la guérilla des “Tupamaros”, le gouvernement uruguayen, mis progressivement sous la tutelle de l’armée, et soutenu par les États-Unis, avait en effet établi un régime d’exception qui a permis des exécutions extrajudiciaires et des détentions arbitraires sous prétexte de lutte contre le terrorisme et contre la subversion communiste. Des milliers de personnes furent emprisonnées, l’Uruguay étant même considéré dans les années 1970 comme le pays avec le plus fort ratio de prisonniers politiques par habitant (1 pour 450). Les exécutions et les disparitions forcées furent nombreuses, en partie coordonnées avec les autres dictatures de la région (notamment le Paraguay, le Chili et surtout l’Argentine) dans le cadre du “plan Condor”.

La politique d’élimination des opposants s’exerçait donc au-delà des frontières étatiques, et des parlementaires uruguayens furent même assassinés en Argentine, ce qui a valu au président de l’époque, Juan Maria Bordaberry, d’être poursuivi par la justice avant son décès en 2011. Le Pape actuel, alors prêtre jésuite et provincial de la Compagnie de 1973 et 1979, a vécu ces évènements de l’intérieur. Il a soutenu l’ouverture des archives du Saint-Siège afin d’accompagner le processus de vérité amorcé lentement depuis le retour à la démocratie dans les années 1980.

Un mécanisme de consultation des archives commun pour l’Argentine et l’Uruguay

Les évêques uruguayens soulignent que, «en tant qu'Église, nous nous sentons engagés dans cette recherche et nous partageons la douleur de ceux qui n'ont pas de réponse à la disparition forcée de leurs proches». Dans ce sens, la conférence épiscopale uruguayenne a établi depuis l'année dernière, en accord avec la Conférence épiscopale argentine, «un mécanisme de consultation des archives relatives aux détenus uruguayens disparus dans le pays voisin».

Dans le communiqué, les évêques rappellent que, par une lettre datée du 14 novembre dernier, le Secrétaire d'État du Saint-Siège «nous a informés que l'étude et la classification des documents contenus dans les archives du Vatican concernant ce sujet sont terminées». En outre, «une étude a été réalisée auparavant dans les archives de la conférence épiscopale d'Uruguay, également par du personnel envoyé par le Saint-Siège», ont déclaré les évêques.

Enfin, les évêques uruguayens soulignent que «le Saint-Siège, en accord avec la Chancellerie du Gouvernement de notre pays, met maintenant à disposition pour consultation le matériel recueilli dans les archives». À cette fin, soulignent les prélats, selon les mêmes règles que celle mises en place par le Saint-Siège et par l’épiscopat argentin, un Protocole sera suivi pour la consultation des documents d'archives relatifs aux événements qui ont eu lieu en Uruguay entre 1968 et 1985.

07 janvier 2020, 12:34