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Le 8 décembre 2018, Mgr Pierre Claverie et 18 autres religieux chrétiens tués dans les années 1990, étaient béatifiés. Le 8 décembre 2018, Mgr Pierre Claverie et 18 autres religieux chrétiens tués dans les années 1990, étaient béatifiés.   (AFP or licensors)

Un an après la béatification des martyrs d’Algérie, le diocèse d’Oran dans l’espérance

Le 8 décembre 2018, en la solennité de l’Immaculée Conception, un événement historique se déroulait en Algérie: la béatification de Mgr Pierre Claverie et de 18 autres religieux chrétiens tués dans les années 1990. Mgr Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran, revient sur les conséquences de ce qui fut à ses yeux un «moment de grâce».

Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

La messe de béatification de ces 19  martyrs d’Algérie, célébrée à Oran, ville de l’évêque assassiné, reste dans les mémoires. Plus d’un millier de fidèles étaient alors rassemblés sous un ciel d’azur, au sanctuaire Notre-Dame de Santa Cruz, sur les hauteurs de cette cité portuaire ouverte sur la Méditerranée.

Pour Mgr Jean-Paul Vesco, dominicain, évêque d’Oran depuis le 1er décembre 2012, le premier fruit de cette béatification lui en fait est simultané: il s’agit simplement du fait «d’avoir pu vivre» cette extraordinaire cérémonie. «Avoir posé des mots, des gestes, avoir pu le faire avec les autorités du pays…», l’évêque d’Oran mesure que ce «moment de grâce» marque l’accomplissement d’un défi que l’on avait certainement qualifié d’irréalisable, au vu des paramètres sécuritaires, logistiques, politiques.

À plus long-terme, les fruits sont encore «difficile à voir», mais Mgr Vesco est certain qu’ils sont déjà dans les cœurs.

Dans une seconde partie de cet entretien, l’évêque dominicain livre son regard sur le Document sur la fraternité humaine signé par le Pape François et le grand imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb le 4 février 2019 à Abu Dhabi. Un document encore «très peu connu», regrette-t-il, mais «un évènement phénoménal», qui l’a «bouleversé profondément», et dont il cherche à concrétiser l’esprit au quotidien, en tant que pasteur catholique en terre musulmane. «Ma douleur, c’est que cela passe comme un texte de plus», explique Mgr Vesco.

L’évêque d’Oran évoque également quelques pistes sur lesquelles son diocèse continuera d’avancer en 2020: la culture et la solidarité. Et cela en témoignant «de cette espérance venant du Christ», qui continue à faire de l’Église algérienne un ferment de fraternité, au moment où la nation traverse un tournant de son histoire politique.

Entretien avec Mgr Jean-Paul Vesco, évêque d'Oran
11 décembre 2019, 15:37