La ville de Hasbaya sous la neige ce 27 janvier 2022. La ville de Hasbaya sous la neige ce 27 janvier 2022. 

Mgr Gallagher attendu au Liban

A Beyrouth où il se rendra du 31 janvier au 4 février prochain à l’occasion du 75e anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Liban, le Secrétaire pour les Rapports avec les États rencontrera les autorités politiques et religieuses du pays en proie à une profonde crise économique, politique et sociale.

Les anniversaires communs au Liban et au Saint-Siège, ainsi que la grave crise sociale, économique et politique qui a cours actuellement au pays du Cèdre, motivent le déplacement qu’effectuera Mgr Paul Richard Gallagher la semaine prochaine dans la capitale libanaise ; un voyage qui entend exprimer la préoccupation et la proximité du Pape François à l’égard de la population et de l’Église libanaise en cette période d’épreuves.

Cette année marque en effet les 75 ans des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Liban mais également le 25e anniversaire de la visite de saint Jean-Paul II sur place à l'occasion de la signature, le 10 mai 1997, de l'exhortation apostolique post-synodale Une Espérance nouvelle pour le Liban, fruit du synode qui s’était tenu à Rome en 1995. Autre récurrence, la visite apostolique de Benoît XVI en 2012. Il y a dix ans, l’actuel Pape émérite signait lui aussi une exhortation apostolique post-synodale : Ecclesia in Medio Oriente, rédigée à la suite du Synode des évêques pour le Moyen-Orient de 2010.

Un symposium sur saint Jean-Paul II et le message libanais

Lors de sa visite, le Secrétaire pour les Rapports avec les États de la Secrétairerie d'État du Saint-Siège rencontrera les autorités de l’État, les patriarches et évêques catholiques et orthodoxes du pays, des chefs religieux musulmans et druzes ainsi que des personnalités du monde de la culture et de la politique. Le prélat visitera par ailleurs certaines communautés et certains lieux et significatifs. Il participera notamment à l'ouverture d’un symposium sur «Jean-Paul II et le Liban comme message». Cette rencontre organisée par l'Université du Saint-Esprit de Kaslik 25 ans après la signature, dans un moment d’espoir, de l’exhortation apostolique du Pape polonais, vise à puiser dans ce document des solutions permettant de relever les défis actuels du pays plongé dans la confusion et l'incertitude, précise l'agence Fides.

L'affection du Pape pour le Liban

D’ailleurs la présence de Mgr Paul Richard Gallagher au Liban est également le signe de l’affection du Pape envers la population libanaise. Le Saint-Père a témoigné plusieurs fois de sa proximité pour cette terre et ses habitants. Le 10 janvier dernier, lors de son discours au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le Pape a renouvelé ses prières pour le Liban à qui il souhaitait que «les réformes nécessaires et le soutien de la communauté internationale» l’aident à rester ferme dans son identité de modèle de coexistence pacifique et de fraternité entre les différentes religions qui y sont présentes.

Le 25 novembre dernier, en recevant le Premier ministre libanais, Najib Mikati, au Vatican, le Pape affirmait déjà que le Liban est «un message, et aussi une promesse, pour lequel il faut lutter», ajoutant cette prière: «Seigneur Dieu, prends le Liban par la main et dis-lui : Lève-toi!».

La nuit pour arriver à l'aube

Un an après la terrible explosion qui endommagea ou détruisit une grande partie de Beyrouth, le 4 août 2021, le Pape a également lancé un nouvel appel à la communauté internationale, lui demandant d'«aider le Liban à faire un chemin de "résurrection", avec des gestes concrets, pas seulement des mots».

Déjà, le 1er juillet 2021, le Pape convoquait une Journée de prière et de réflexion pour le Liban au Vatican. ««Cela suffit, les avantages de quelques-uns sur le dos d’un grand nombre ! Cela suffit, la domination des vérités de parti, sur les espérances des gens! Cela suffit d’utiliser le Liban et le Moyen-Orient pour des intérêts et des profits étrangers!», s’indignait-il alors. Il souhaitait que les Libanais se voient offrir la possibilité d'être les protagonistes d'un avenir meilleur, sur leur propre terre et sans ingérence indue. Paraphrasant le poète symboliste Khalil Gibran, François rappelait enfin que pour arriver à l’aube, il n’y avait d’autre voie que la nuit : «Et dans la nuit de la crise, il faut rester unis. Que la nuit des conflits se dissipe et qu’une aube d’espérance resurgisse. Que cessent les animosités, que disparaissent les désaccords, et que le Liban recommence à rayonner la lumière de la paix.»


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28 janvier 2022, 14:38