Le cardinal Turkson, ici lors d'une conférence de presse en 2019. Le cardinal Turkson, ici lors d'une conférence de presse en 2019. 

Cardinal Turkson: «Devenons des citoyens écologiques»

Le préfet du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral a présenté lors d’une conférence de presse la "Plateforme d'action Laudato si'", un projet qui, pendant sept ans, impliquera les diocèses, les instituts religieux, les entreprises, les écoles et les hôpitaux dans l'adoption de modes de vie durables.

Salvatore Cernuzio - Cité du Vatican

Au milieu d'une pandémie mondiale dont il est difficile de sortir, alors que le cri de la Terre et des pauvres devient de plus en plus déchirant, et que les scientifiques et les jeunes lancent un cri d'alarme quant à leur avenir, le Saint-Siège donne le coup d'envoi de la "Plateforme d'action Laudato si'" (LSAP), un parcours - à l'issue de l'année spéciale convoquée le 24 mai 2020 pour le cinquième anniversaire de l'encyclique du Pape François - qui, au cours des sept prochaines années, impliquera les diocèses, les paroisses, les groupes ecclésiaux et laïcs, ainsi que les hôpitaux et les centres de soins, les entreprises, les exploitations agricoles, les écoles et les universités, les instituts et les ordres religieux, tous appelés à assumer des modes de vie durables.

Il s’agit d'un projet nécessaire compte tenu des données récentes qui font état de risques graves pour la planète et ses habitants. «Notre famille humaine, dans son ensemble, est en grand danger, nous n'avons plus le temps d'attendre ou de reporter», a déclaré le cardinal Peter Appiah Turkson, préfet du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, promoteur de la plate-forme, en présentant l'initiative en Salle de Presse du Saint-Siège. «Il est fondamental de limiter l'augmentation de la température moyenne de la planète dans la limite cruciale de 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, car son dépassement serait catastrophique», a-t-il averti.

Le Pape invité à la Cop26 de Glasgow

Il y a encore une issue et c'est celle indiquée par le Pape dans son message vidéo diffusé ce matin: agir ensemble pour garantir «un avenir juste et durable» à nos enfants et aux enfants de nos enfants. Le cardinal Turkson a fait remarquer que le Pape François est actuellement la voix qui fait le plus autorité sur ces questions. En effet, le Souverain Pontife a été invité à participer à la prochaine Cop26 prévue en novembre prochain à Glasgow, en Ecosse.

Une éventuelle présence du Pape, a déclaré le cardinal, serait un signe fondamental pour les participants au rendez-vous: «Les gouvernements doivent s'engager sur cette question», a-t-il déclaré à Vatican News. «Depuis la Cop21 en 2015 à Paris, chaque pays a été invité à développer son propre engagement, chacun a été laissé à ses propres possibilités. Ce qui manque, c'est quelqu'un qui puisse montrer son sérieux sur la question de la Création. Comme l'a écrit le Pape dans Laudato si', au paragraphe 19, il ne s'agit pas de recueillir des informations mais de partager et de compatir à la souffrance des pauvres. C'est ce que, avec la présence éventuelle du Pape, on espère pouvoir faire comprendre aux dirigeants politiques», a-t-il précisé.

Les 700 000 arbres du Bangladesh et le projet d'arrêter l'avancée du Sahara

Six ans après la publication de cette encyclique écologique mais aussi sociale, des choses ont déjà bougé: des projets et des collaborations, des initiatives et de nouvelles idées ont vu le jour au cours de ces mois. Un exemple parmi d'autres, celui de l'Église du Bangladesh qui a planté plus de 700 000 arbres au cours de l'année, ou encore la jeune Vivianne Harr qui a obtenu un million de dollars du cofondateur de Twitter pour planter des arbres afin de stopper l'avancée du Sahara.

De nombreux autres sont prévus. Certains ont été initiés l'année dernière pour l'Année spéciale Laudato si', mais ils ont été freinés par la pandémie. Néanmoins, «l'accueil mondial de la proposition et de la célébration d'une Année spéciale Laudato si' a été fabuleux et généreux», a assuré le cardinal. C'est ce que démontrent les expériences de diverses personnes sur les cinq continents, recueillies par le Dicastère dans le livre "Laudato si' Reader".

C'est précisément de cette voie qu'il faut partir: l'expérience des gens, la vie de ceux qui, quotidiennement, se retrouvent à lutter contre des crises environnementales souvent à l'origine de migrations. Aucune action diplomatique avec les gouvernements n'est donc prévue, mais on espère un «mouvement d'en bas» qui puisse d'une manière ou d'une autre influencer les décisions «de l'autre côt黫Nous devons écouter la frustration et la colère des jeunes à l'égard de notre génération ; nous devons écouter leur message d'espoir et de créativité et agir maintenant pour leur assurer un meilleur avenir et celui des générations à venir», a reconnu le cardinal Turkson.

 

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25 mai 2021, 17:41