Mgr Gallagher, le 28 novembre 2018 Mgr Gallagher, le 28 novembre 2018 

Le désarmement est un «impératif éthique», déclare Mgr Gallagher

Dans une intervention prononcée ce 24 février lors d’une session de la Conférence sur le désarmement, auprès de l’ONU à Genève, le secrétaire pour les Relations avec les États a expliqué pourquoi le désarmement constituait une urgence, avant de donner quelques pistes pour que la communauté internationale progresse en ce sens.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Armes nucléaires, chimiques et biologiques, mais aussi espace extra-atmosphérique, cyberespace et intelligence artificielle: Mgr Gallagher a d’abord énoncé les nombreux domaines concernés par la question du désarmement. Partout «les États ont des responsabilités communes, qui donnent lieu à des limites concrètes qu'il convient de respecter dans l'intérêt de notre humanité commune», a-t-il souligné. Mais «le climat actuel de méfiance réciproque et l'érosion du multilatéralisme» viennent freiner ceux qui voudraient bâtir un monde plus pacifié.


Mettre un frein à la course aux armements

Le secrétaire pour les Relations avec les États a également fait part de l’inquiétude du Saint-Siège devant le fléau du «trafic illicite d'armes légères et de petit calibre» ainsi que d’armes explosives. Celles-ci font des ravages parmi la population civile, surtout dans les zones pauvres et fortement peuplées, sapant les «perspectives de développement humain intégral».

Mgr Gallagher a pointé du doigt les dépenses militaires des États qui dépassent bien souvent «ce qui est nécessaire pour assurer une défense légitime» et «alimentent le cercle vicieux d'une course aux armements apparemment sans fin». «Le lien entre la sécurité nationale et l'accumulation d'armes est une fausse "logique" et reste un scandale», a-t-il dénoncé, invitant à une meilleure utilisation des ressources économiques.

Nucléaire: des signes encourageants

«Le Saint-Siège souhaite rappeler qu'un monde sans armes nucléaires est à la fois possible et nécessaire», a rappelé le chef de la diplomatie vaticane dans un second temps, saluant «un certain nombre de signe encourageants», tels que l’entrée en vigueur du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires, et la prolongation pour cinq ans du traité “New Start” sur la réduction des armes stratégiques entre la Russie et les États-Unis. Le Saint-Siège attend également «avec impatience la prochaine conférence d'examen des États parties au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP)».

Ces différents traités «se renforcent et se complètent mutuellement, a souligné Mgr Gallagher, ce qui montre à quel point le désir de paix, de sécurité et de stabilité est réellement ardent».

Favoriser la confiance et la coopération

Le secrétaire pour les Relations avec les États a ensuite fait deux propositions. Il a d’une part encouragé la Conférence du désarmement «à entreprendre une étude d'experts sur la question de la vérification, qui pourrait servir de base à d'éventuelles négociations futures sur le désarmement et la maîtrise des armements», nucléaires ou autres.

Il a d’autre part invité à «la reprise d'une discussion formelle sur les limitations des armements et sur le désarmement général et complet, dans le cadre de systèmes efficaces de contrôle et de vérification», et cela afin de contrer les principales menaces à la paix et à la sécurité dans le monde. En bref, «une coopération plus cohérente et plus responsable», à laquelle la lutte contre la pandémie de Covid-19 incite également.

«Face aux énormes défis auxquels la communauté internationale est confrontée aujourd'hui, le désarmement ne peut plus être considéré comme un objectif facultatif. Il s'agit d'un impératif éthique», a conclu le chef de la diplomatie du Saint-Siège. Il s’agit désormais de le mettre en œuvre en transcendant «les intérêts et les programmes individuels».


Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici

24 février 2021, 12:26