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Mgr Luigi Ventura, ici lors d'une poignée de mains avec Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, lors de l'inauguration de la cathédrale de Créteil, le 20 septembre 2015. Mgr Luigi Ventura, ici lors d'une poignée de mains avec Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, lors de l'inauguration de la cathédrale de Créteil, le 20 septembre 2015.  (AFP or licensors)

Début du procès de l’ancien nonce apostolique en France

Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique en France de 2009 à 2019, comparaît ce mardi 10 novembre devant le Tribunal correctionnel de Paris, pour des accusations d’attouchements sexuels sur des jeunes hommes.

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Ce procès marque une nouvelle étape de la procédure judiciaire engagée après le dépôt d'au moins quatre plaintes à son encontre, dont trois pour agressions sexuelles présumées. Au début de l’été 2019, le Saint-Siège avait levé l’immunité de juridiction de Mgr Ventura, ouvrant donc la voie à des poursuites judiciaires en France.

Cette décision avait fait suite à l’ouverture d’une enquête par le Parquet de Paris en février 2019 suite à une première plainte, liée à un incident survenu lors d'une réception à la Mairie de Paris. Au moins trois autres plaintes ont suivi, les allégations d'attouchement portant sur des faits survenus au cours des mois précédents. Sollicitée le 7 mars suivant, la demande de levée d’immunité avait été transmise mi-avril 2019 au Vatican par le ministère français des Affaires étrangères, en vertu de la Convention de Vienne de 1961 portant sur les relations diplomatiques et dont le Saint-Siège est signataire.

Une pleine collaboration avec les autorités judiciaires

La Salle de presse du Saint-Siège avait alors précisé, après cette réponse à la demande française, qu’il s'agissait d'une «mesure extraordinaire qui confirme la volonté exprimée par le nonce lui-même de collaborer pleinement et spontanément avec les autorités judiciaires françaises». Avant même cette levée de l’immunité, à sa demande, Mgr Ventura avait été entendu par la police française début avril 2019, avant d’être confronté aux plaignants un mois plus tard, réfutant toujours les faits dont il est accusé.

Avant de prendre la décision de lever l’immunité du prélat italien, le Saint-Siège avait alors attendu la conclusion «de la phase préliminaire de la procédure à laquelle Mgr Ventura avait librement participé», avait expliqué le directeur par intérim de la Salle de presse du Saint-Siège.

La démission de Mgr Luigi Ventura a été acceptée en décembre 2019, après qu’il ait atteint la limite d’âge de 75 ans. Son successeur, Mgr Celestino Migliore, a été nommé le mois suivant, en janvier 2020. Bien qu'il vive désormais en Italie, Mgr Ventura avait assuré de son intention de se déplacer à Paris pour sa comparution. Sa défense rejette toutes les accusations.

10 novembre 2020, 11:56