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Les cercueils ont été découverts dans la nécropole de Saqqara, au sud du Caire. Les cercueils ont été découverts dans la nécropole de Saqqara, au sud du Caire.  (AFP or licensors)

Les Musées du Vatican saluent la découverte des sarcophages égyptiens

Un trésor exceptionnel qui fait rêver. Plus de cent sarcophages intacts, vieux de 2500 ans, ont été retrouvés dans la nécropole pharaonique de Saqqarah, au sud du Caire. «Cette découverte consacre l'Égypte comme zone archéologique où il reste beaucoup à découvrir», estime Alessia Amenta, égyptologue aux Musées du Vatican.

Paolo Ondarza - Cité du Vatican

Une centaine de sarcophages multimillénaires découverts dans la nécropole de Saqqarah au sud du Caire ont été dévoilés par l’État égyptien, samedi 14 novembre. Les autorités parlent de la plus grande découverte archéologique de l'année, ajoutant que 40 statues en or ont également été trouvées.

Des ornements et couleurs encore étincelantes

Le temps semble s'être arrêté dans cette ancienne nécropole égyptienne de Saqqarah, où plus de 100 cercueils en bois scellés appartenant à des hauts responsables de la Basse Époque (entre 700 et 300 ans avant J-C.) et de l’ère ptolémaïque ont été trouvés, intacts, dans des puits funéraires de 12 mètres de profondeur. Les momies à l’intérieur, accompagnées de riches ornements, apparaissent enveloppées dans des bandages de lin. Les statues dorées, les couleurs vives des splendides masques funéraires, et toutes les tenues funéraires qui devaient accompagner les défunts sur le chemin du royaume des morts, sont également intactes. 

 

Plus importante découverte depuis le XIXème siècle

 «Cette découverte consacre l'Égypte comme une zone archéologique où il reste beaucoup à découvrir», relève pour Vatican News, Alessia Amenta, conservatrice du prestigieux département des Antiquités égyptiennes et du Proche-Orient aux Musées du Vatican. «Des découvertes aussi importantes n'avaient pas été enregistrées depuis la fin du XIXème siècle», ajoute-t-elle. Dans la région de Saqqarah, ces derniers mois, d'importantes fouilles menées par des équipes égyptiennes sont en effet toujours cours: «En octobre déjà, une soixantaine de sarcophages ont été trouvés. C'est l'une des plus grandes nécropoles: un lieu de sépulture important pour toute l'histoire de l'Égypte ancienne». 

Momies à l'intérieur des sarcophages
Momies à l'intérieur des sarcophages

Selon les autorités du Caire, les archéologues espèrent retrouver bientôt les ateliers, où ces chefs-d'œuvre en bois ont été réalisés. «Saqqarah a toujours rendu de grands trésors, et voici que ce site met à l'honneur les nombreuses missions archéologiques étrangères. Chaque année, d'importantes découvertes de tombes contenant des pièces archéologiques significatives y sont faites», poursuit l’égyptologue au service des musées pontificaux.  

Il est impressionnant de constater que des milliers d'années d'histoire n'ont donc pas affecté la préservation des découvertes. Cela grâce aux «conditions climatiques qui, dans ces tombes, maintiennent une température et une humidité constantes, qui ont permis une parfaite conservation des momies et des matériaux fragiles comme le bois», précise Alessia Amenta.

Saqqarah n’a pas encore tout révélé

Le site de Saqqarah, qui se trouve à un peu plus de 15 kilomètres au sud des pyramides du plateau de Gizeh, abrite la nécropole de Memphis, capitale de l'Égypte ancienne. Il est classé au Patrimoine mondial de l'Unesco et est connu pour la célèbre pyramide à degrés du pharaon Djéser, la première de l'ère pharaonique.  Selon le gouvernement égyptien, il n'a pas encore cessé de révéler son immense contenu... Doit-on s'attendre à de nouvelles grandes découvertes? «Probablement oui», estime l’archéologue et conservatrice des Musées du Vatican. «Saqqarah a toujours été le théâtre de grandes découvertes. La nécropole est vaste, née à l'aube de l'État pharaonique, au milieu du troisième millénaire avant J.-C..»

D'un point de vue historique, ces découvertes révèlent de nouveaux aspects de l'Égypte ancienne. Tout d'abord, «d'un point de vue prosopographique (ndlr,  science auxiliaire de l'histoire, qui étudie la filiation et la carrière des grands personnages): la reconstruction des familles ou des identités des personnes appartenant à la bureaucratie locale permet de reconstruire l'Histoire. À travers les titres de ces personnages, il devient possible de retracer l'organisation de la machine étatique de l'époque», conclut Alessia Amenta.

17 novembre 2020, 15:57