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Le cardinal Jean-Louis Tauran. Le cardinal Jean-Louis Tauran. 

Messe de suffrage pour le cardinal Tauran, un homme de paix

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a rendu un hommage appuyé à son ancien « supérieur», «maître» et «ami», le cardinal Jean-Louis Tauran décédé en juillet 2018 et dont la dépouille a été enterrée ce samedi dans la basilique Saint-Apollinaire à Rome, l'église titulaire du cardinal français.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

«Sa stature personnelle et sa finesse diplomatique, relevées d'un fin esprit, ne peuvent que nous manquer immensément, et l’évolution soudaine de sa maladie exacerbe la douleur de sa disparition». Ce samedi matin, le cardinal Pietro Parolin a honoré la mémoire d’un ami, le cardinal Jean-Louis Tauran, ancien président du conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux décédé brusquement des suites d’une longue maladie alors qu’il était en mission aux États-Unis, le 5 juillet 2018.

La dépouille du cardinal français a été transférée ce samedi dans son église titulaire, la basilique Saint-Appolinaire à Rome. «Le fait qu'elle garde, avec sa dépouille, également sa mémoire, scelle l'union étroite de son ministère avec celui de Pierre, manifesté par la pourpre, signe de fidélité jusqu’à l'effusion du sang, signe d'une vie qui a trouvé son sens dans le don de soi et dans le service» a souligné le secrétaire d’État du Saint-Siège.

Entre la nostalgie de la perte et l’espoir d’avoir un ami au Ciel

Au cours d'une célébration du suffrage, deux sentiments contradictoires trouvent leur place, explique le cardinal : d'une part, on ressent plus intensément le détachement de nos proches et le caractère temporaire de la condition terrestre et d'autre part, on réalise combien il est nécessaire de s’éloigner de la précipitation et de la dispersion quotidiennes pour aborder le mystère de la vie dont la mort fait partie, et surtout le Seigneur de la vie, auquel nous rendons grâce pour ceux que nous avons estimés sur terre. «Ces sentiments contradictoires résonnent également en moi» affirme le cardinal Parolin.

«La nostalgie provoquée par le manque de celui qui fut mon supérieur direct pendant plus d'une décennie, un maître exemplaire envers lequel je suis professionnellement et humainement redevable, s'accompagne de l'espoir vivant d'avoir un ami au ciel qui nous regarde avec une sage affection, nous incitant à la confiance» confie-t-il.

«Nous invoquons la paix éternelle pour un homme de paix»

Le cardinal Tauran a toujours marché «en alliant harmonieusement le primat de Dieu et les exigences de la diplomatie», se montrant attentif aux personnes comme en témoigne «l’estime qui l'entourait non seulement pour sa compétence objective, mais aussi pour le trait doux et poli que révélait sa personnalité».

De la République dominicaine au Liban pour rejoindre Rome et la Secrétairerie d’État où il passa vingt ans de sa vie dont treize ans en tant que secrétaire des Rapports avec les États : durant sa vie terrestre, le cardinal Tauran a parcouru de «nombreuses latitudes». Il était d’ailleurs encore en mission comme président du conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, lorsque s’est conclue sa vie terrestre, note le prélat. Il était «engagé dans un domaine aussi actuel qu'essentiel, qui a vu ces dernières années, grâce aussi à son travail, le début de plusieurs dialogues, semences d'espérance en signe de fraternité et de paix». S’adressant aux fidèles, le cardinal Parolin rappelle que cette messe de suffrage vise à «invoquer la paix éternelle pour un homme de paix de notre temps, un homme qui a eu avant tout dans son cœur la paix dont il parlait avec sa bouche».

Jésus était sa force et sa stabilité

Quel était son secret ? La foi en Jésus. Il y a pu puiser la force de chercher constamment et inlassablement des voies de paix et de collaboration. De lui, poursuit le prélat, il a appris l'art de discerner les incohérences d'abord en lui-même que dans les autres. En adhérant à Jésus, le cardinal Tauran a également acquis «la capacité de ne pas faire dépendre son existence de circonstances favorables ou défavorables, mais de trouver en Lui sa structure stable dans des circonstances variables». Le secrétaire d’État témoigne de la manière dont son «maître» accepta la maladie «sans trop de désarroi, ne renonçant jamais à son auto-ironie habituelle et s'abandonnant toujours avec confiance à la volonté de Dieu».

Dans son homélie, le cardinal Parolin ne manque pas enfin de souligner combien l’espérance chrétienne a animé «notre frère Jean-Louis», lui qui a fait du dialogue «une raison de vivre, en fondant son espérance sur Celui qui est le chemin, la vérité et la vie».

«Que son héritage nous motive à être, dans les durs défis que nous rencontrons sur la terre, les témoins de l'espérance qui nous attend au ciel» conclut, le secrétaire d’État.

24 octobre 2020, 16:55