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Distribution de nourriture par les équipes de Caritas Catane (Sicile) Distribution de nourriture par les équipes de Caritas Catane (Sicile) 

Les réponses de l'Église à la crise: bulletin de la section Migrants et réfugiés

Chaque semaine retrouvez le bulletin d’information «Covid-19: personne ne doit être oublié», de la section Migrants et Réfugiés du Dicastère pour le service du développement humain intégral. Le bulletin numéro 8 est consacré aux circuits d’informations destinés aux personnes déplacées.

Dans les zones les plus pauvres du monde, comme les camps de réfugiés, les bidonvilles et les communautés autochtones, l'Église apparaît comme étant une ligne de défense essentielle contre le COVID-19 (EN). « L’Église catholique romaine est une alliée importante et une voix puissante pour les organisations des peuples autochtones à travers le Brésil » a déclaré le père missionnaire Ron Macdonell de Scarboro. Dans le plus grand camp de réfugiés du monde, le camp de Cox’s Bazar, le COVID-19 et les mesures de confinement ont coupé les réfugiés rohingyas de toute source d’information. Néanmoins, Caritas Bangladesh a été autorisée à pénétrer dans les camps pour distribuer des kits d'hygiène, entretenir les toilettes communes, surveiller la situation et tenir les gens informés. Il existe de nombreux exemples de bonnes pratiques (GPs) mises en place par des acteurs catholiques pour aider les personnes vulnérables lors du COVID-19. Quelques-unes d’entre elles vous seront présentées dans ce bulletin. 

La réponse des organisations catholiques face à la crise 

Pendant l'épidémie de coronavirus en Jordanie, la Commission Catholique Internationale pour les Migrations (ICMC) aide les réfugiés et les populations locales vulnérables à distance (EN), conformément aux réglementations du gouvernement jordanien. Afin de soutenir au mieux les personnes dans le besoin, ICMC Jordan a prolongé les heures d'ouverture de ses hotlines et ses différentes équipes poursuivent leurs projets par téléphone ou internet. Par exemple, l’équipe des Child Friendly Spaces (espaces dédiés aux enfants) organise des séances pour faciliter les activités des plus jeunes avec leurs tuteurs, et pour encourager le dialogue sur les questions de protection au sein des ménages. De même, l'équipe Livelihood a mis en place des plateformes en ligne donnant accès aux cours à distance. 

Caritas Macao distribue de la nourriture et des chèques aux travailleurs migrants (EN), principalement des travailleurs philippins et indonésiens. Des milliers de personnes ont perdu leur emploi et ne sont pas en mesure de retourner dans leur pays d'origine en raison des restrictions frontalières et du manque de vols. N’étant pas résidentes, elles 

sont exclues des aides proposées par le gouvernement de Macao. La Caritas locale s'efforce ainsi de fournir un soutien quotidien à plus de trois mille personnes vivant à Macao. L’organisation a également envoyé près de 72 000 euros pour aider les travailleurs migrants philippins et indonésiens au Portugal, en Italie, en Iran et en Inde. 

Dans la province orientale du Tanganyika, en République démocratique du Congo, des conflits locaux ont déclenché une crise humanitaire avec le déplacement de centaines de milliers de personnes. Cette crise affecte la sécurité alimentaire, le bien-être nutritionnel et les activités agricoles et commerciales. Pour cette raison, le CRS ( Catholic Relief Services ) et les partenaires locaux de Caritas continuent de fournir une réponse humanitaire vitale dans la province (EN), malgré la pandémie de COVID-19. Grâce au programme DRIVE , des distributions de nourriture, d'articles ménagers et d'outils pour réparer les maisons endommagées ont été mises en place, tout en respectant l'éloignement social et en sensibilisant les communautés sur les bonnes pratiques pour se protéger contre le COVID-19. 

La réponse des églises locales face à la crise 

Dès la mise en place du confinement en Inde, la Commission des Migrants de la Conférence des Évêques Catholiques de l'Inde (CCBI) et l'Archidiocèse de Delhi sont intervenus pour aider et protéger les travailleurs migrants bloqués dans le pays. Plus précisément, la CCBI a distribué des kits alimentaires aux travailleurs migrants affamés et leurs familles (EN). Ces derniers vivent dans des installations temporaires et informelles à Delhi et à la frontière de l'État voisin de Faridabad. De même, les 124 paroisses de l'archidiocèse de Mumbai ont apporté de la nourriture aux personnes en difficulté (PT), permettant ainsi à près de 7 000 personnes de recevoir deux repas par jour. En outre, trois structures catholiques de la capitale accueillent environ 200 migrants. La CCBI et ses partenaires plaident également pour les droits des travailleurs migrants, appelant les politiciens, les législateurs et les citoyens éminents à se mobiliser. Enfin, le 21 avril dernier, les travailleurs migrants vulnérables ont eu accès à des rations alimentaires délivrées par le gouvernement. 

"No me pesa, es mi hermano" (ES) (« Peu m’importe, c'est mon frère ») est la campagne promue par les évêques du Venezuela et de la Colombie pour encourager l'hospitalité aux frontières. En raison de la crise socio-économique causée par la pandémie, de nombreux migrants vénézuéliens retournent dans leur pays. Dans l’État d’Apure, le pont international José Antonio Páez est devenu un véritable « couloir humanitaire » par lequel sont déjà rentrés plus de 3000 vénézuéliens. Les autorités de la municipalité ont annoncé recevoir chaque jour environ 250 personnes. À leur arrivée, les vénézuéliens sont emmenés dans des centres spéciaux où ils restent en quarantaine pendant 14 jours sous observation, au cas où ils manifesteraient des symptômes du virus. Par la suite, s'ils sont en bonne santé, ils peuvent retourner dans leur ville d'origine. 

Dans la ville d’Oluta au Mexique, La Casa del Migrante Monsignor Guillermo Ramsauer González , gérée par l'Église catholique, est devenue un espace sûr pour lutter contre le coronavirus et contre la xénophobie. Le refuge accueille des migrants d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud (ES), renvoyés de la frontière américaine et obligés de retourner dans leur pays d'origine via le Mexique. Ils se retrouvent bloqués dans le pays jusqu'à ce que leur situation soit résolue. Sans La Casa del Migrante , les migrants seraient dans la rue, avec le risque d'être infectés et ciblés par la population locale. En effet, bien que la ville soit habituée aux étrangers de passage, la pandémie a créé un climat de peur et de xénophobie chez ses habitants. L'auberge réagit en dénonçant la désinformation et l'alarmisme. Toutefois en collaboration avec l’organisation Médecins sans frontières, elle fournit un certificat médical à chacun de ses résidents. 

Depuis le début de l'état d'urgence, la Caritas diocésaine de Tolède (ES) a renforcé son personnel et ses ressources financières pour accompagner, assister et répondre aux demandes des personnes vulnérables de l'archidiocèse. Avec pour objectif de favoriser l'inclusion sociale, dans le cadre de son programme « Caritas Integra », elle a soutenu près de 190 familles de migrants, 425 bénéficiaires directs, et a apporté une centaine d’aides financières et 45 aides locatives. Outre la livraison de nourriture et de produits de première nécessité, la Caritas diocésaine de Toledo répond, entre autres, aux demandes d'aide au loyer et au paiement de fournitures. L'accompagnement de toutes les personnes a été intensifié, avec des appels vidéo, des messages et des e-mails. Des visites à domicile et des soins en face à face sont également organisés si nécessaire. 

La réponse des congrégations religieuses face à la crise 

Dans la ville de Nuevo Laredo au Mexique, La Casa del Migrante Nazareth continue de recevoir des migrants (EN; ES ), particulièrement des personnes déportées des États-Unis, afin de leur éviter la rue où ils se retrouveraient vulnérables face au virus et au crime organisé. Les missionnaires scalabriniens qui gèrent le refuge ont mis en place des mesures de santé et d'hygiène extrêmes. La température des personnes hébergées est prise chaque jour, le lavage des mains est continuellement encouragé, et chaque personne ainsi que l’ensemble de ses biens sont désinfectés avant l'entrée au refuge. Les personnes présentant des symptômes sont mises en quarantaine. À la mi-avril, malgré toutes ces précautions, le Coronavirus est finalement entré dans le refuge par le biais d'un migrant mexicain ne présentant aucun symptôme. Malheureusement, d'autres habitants du refuge ont été contaminés. Ils ont toutefois été rapidement isolés et sont désormais dans un état stable, progressant de manière satisfaisante et sans complication. Ceci montre combien l'expulsion de migrants sans filtre ni contrôle médical est problématique. Cela représente un risque non seulement pour les déportés eux-mêmes, mais également pour l'ensemble des populations locales des pays de passage. 

Les jésuites d'Afrique centrale ont entrepris plusieurs initiatives pour lutter contre la propagation du coronavirus et pour aider les personnes vulnérables. En Angola, où ils desservent la paroisse Beata Anuarite Nengapeta, le père Pedro Pereira Tomás fournit de la nourriture aux populations vulnérables. D'autres jésuites défendent les droits des migrants bloqués à la frontière angolaise et développent des activités de prévention et de sensibilisation. Enfin, le père Avelino Chico a aidé en publiant des articles sur le COVID-19 et ses conséquences afin de guider la population à travers cette crise sanitaire. En République démocratique du Congo, au Centre Maisha, où les jésuites traitent des problèmes liés à la délinquance juvénile et au VIH, des dispositifs ont été installés afin de faciliter le lavage des mains et un service d'urgence a été organisé pour les personnes vivant avec le VIH / sida, particulièrement vulnérables face au virus. 

En Espagne, les plateformes sociales salésiennes (ES) comptent 83 logements qui accueillent environ 700 personnes. Ces centres se concentrent sur l'émancipation et la protection internationales, en particulier pour les enfants et les jeunes en transition vers la vie d’adulte. Le contexte exceptionnel actuel demande de l'engagement et de la créativité de la part des équipes éducatives pour concevoir de nouvelles activités d’apprentissage et de loisirs, afin de rendre le confinement moins désagréable pour les plus jeunes. Les programmes de formation sont maintenus grâce à des moyens virtuels. Dans le domaine de l'emploi, des efforts sont faits pour maintenir les groupes de formation occupés aux activités quotidiennes, en offrant un soutien téléphonique socio-professionnel, en gérant les offres de travail pour les emplois immédiats et en donnant des conseils sur les mesures d'hygiène à suivre dans un cadre professionnel. 

Dans la ville de Barcelone, à Casal Arrupe, une nouvelle communauté du réseau d'accueil Migra Studium a été créée (ES). Les migrants actuellement en situation de vulnérabilité seront accueillis, puis accompagnés par des bénévoles et des membres de la Fondation. Cette nouvelle initiative découle de l’augmentation des besoins des migrants, exacerbés par la crise COVID-19. En effet, les personnes déjà vulnérables ont beaucoup souffert de l'isolement. Ils vivent le plus souvent dans des conditions dangereuses et manquent de ressources économiques pour répondre à leurs besoins les plus élémentaires. Migra Studium dispose d'un réseau d'accueil constitué de plusieurs familles et communautés religieuses qui reçoivent des migrants ou des réfugiés chez eux. Le réseau est resté actif pendant la période de confinement. 

Pour consulter les bilans précédents, nous vous invitons à vous rendre sur notre site sur la page: https://migrants-refugees.va/fr/blog/2020/04/21/covid-19-personne-ne-doit-etre-oublie/

10 juin 2020, 14:33