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Une famille déplacée en raison de la sécheresse en Somalie. Une famille déplacée en raison de la sécheresse en Somalie. 

La nouvelle mission de l’Église auprès des déplacés internes

La Section Migrants et Réfugiés du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral a présenté ce mardi 5 mai un document sur le thème des déplacés internes. Ce phénomène de plus en plus massif souffre d’un déficit de couverture médiatique et d'un manque d’encadrement dans les normes du droit international.

Davide Dionisi - Cité du Vatican 

Au total, 122 lignes directrices sont proposées dans ces Orientations pastorales sur les déplacés internes. La publication présentée mardi 5 mai par la Section Migrants et Réfugiés du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral offre une contribution significative à la mission des personnes et institutions concernées, et un soutien plus ciblé à tous ceux qui vivent dans les périphéries existentielles, et qui ont besoin d'être «accueillis, protégés, promus et intégrés».

Fin 2018, selon l'Observatoire des déplacements internes, 41,3 millions de personnes dans le monde étaient déplacées à l'intérieur de leur propre pays, le nombre le plus élevé jamais enregistré. Bien qu'elles soient souvent contraintes de fuir de la même manière et pour les mêmes raisons que les réfugiés, les personnes déplacées ne font pas partie du système de protection internationale prévu par le droit international des réfugiés. Tant qu'ils ne sont pas contraints de traverser une frontière internationalement reconnue en quête de sécurité et de protection, ils restent des citoyens relevant de la juridiction légale de leur pays d'origine.

Donner plus de visibilité à un phénomène sous-estimé

«La difficulté pour la communauté internationale d'intervenir et le manque d'intérêt des médias et de la société en général ont souvent eu pour conséquence que les personnes déplacées sont oubliées, ce qui augmente leur vulnérabilité et empêche que leurs besoins soient reconnus et satisfaits de manière adéquate», indique le document. Pour relever ce défi, l'Église est appelée à encourager les médias et la société en général, ainsi que les gouvernements, à sensibiliser le public. La responsabilité première de leur protection incombe aux autorités nationales, qui sont parfois réticentes ou incapables de répondre à leurs besoins de protection.

 

Il est donc crucial que la communauté internationale recherche des formes constructives de renforcement et de soutien, tout en respectant la souveraineté nationale.  Pour cette raison, il est nécessaire «de recommander des mandats et des réglementations transparents pour la protection des personnes déplacées, aux niveaux local, national et international, et d'exiger de la communauté internationale qu'elle fasse des efforts efficaces pour accroître la protection des personnes déplacées dans le monde, en surveillant la mise en œuvre des instruments internationaux existants et en prenant des mesures concrètes lorsque les États ne peuvent ou ne veulent pas les protéger, dans le plein respect du principe de subsidiarité»

Promouvoir la guérison de la mémoire

Le document dénonce également la traite des êtres humains qui touche les personnes déplacées, leur présence dans les zones urbaines et les camps de réfugiés et appelle à la protection des travailleurs humanitaires. Parmi les causes de déplacement figurent les «conflits ethniques et tribaux» et pour relever ce défi, l'Église est appelée à «travailler à la réconciliation, à l'acceptation et au respect mutuels entre les groupes ethniques ou les tribus, en promouvant la guérison de la mémoire, le réapprentissage d'une communication correcte et l'adoption d'un style de vie non violent».

Une autre étape clé est l'inclusion économique, qui devra également passer par le renforcement de la collecte de fonds des Églises locales, afin d'avoir accès aux ressources financières qui sont mises à la disposition, tant au niveau international que national, des organisations de la société civile impliquées dans l'aide aux personnes déplacées.

En outre, le document insiste pour que toutes les parties concernées élaborent des mesures et des mécanismes permettant d'évaluer l'opportunité du retour des personnes déplacées. Enfin, le document appelle à un travail commun et à une coordination entre les acteurs catholiques, ainsi qu'à une coopération œcuménique et interreligieuse.

05 mai 2020, 11:30