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Le Pape Jean-Paul Ier dans les jardins du Vatican le 15 septembre 1978. Le Pape Jean-Paul Ier dans les jardins du Vatican le 15 septembre 1978. 

L'actualité du Pape Luciani

Dans un article publié par les médias du Vatican, le cardinal-secrétaire d'État Pietro Parolin, président de la nouvelle fondation Jean-Paul Ier, revient sur l'héritage du pontificat d'Albino Luciani qui, malgré sa brièveté, «reste un point de référence dans l'histoire de l'Église universelle».

Cardinal Pietro Parolin

En réponse à la proposition de créer un organisme destiné à approfondir la figure, la pensée et les enseignements de Jean-Paul Ier (26 août 1978 - 28 septembre 1978), le Saint-Père François a créé la Fondation Jean-Paul Ier au Vatican le 17 février. 

Le pape Jean-Paul Ier a été et reste un point de référence dans l'histoire de l'Église universelle, dont l'importance - comme l'avait souligné Jean-Paul II - est inversement proportionnelle à la durée de son très court pontificat: "magis ostentus quam datus". 

L'histoire d'Albino Luciani est celle d'un pasteur proche du peuple, centré sur l'essentiel de la foi et doté d'une extraordinaire sensibilité sociale. Son magistère est actuel. Proximité, humilité, simplicité, insistance sur la miséricorde de Dieu, amour du prochain et solidarité en sont les traits saillants.  

C'est un évêque qui a vécu l'expérience du Concile œcuménique Vatican II, l'a appliquée et, dans son bref pontificat, a fait avancer l'Église sur les principaux chemins indiqués par celui-ci: la remontée aux sources de l'Évangile et un esprit missionnaire renouvelé, la collégialité épiscopale, le service dans la pauvreté ecclésiale, la recherche de l'unité des chrétiens, le dialogue interreligieux, le dialogue avec le monde contemporain et le dialogue international, mené avec persévérance et détermination, en faveur de la justice et de la paix.  

Je pense, par exemple, à ses audiences générales et à son insistance sur la pauvreté ecclésiale, la fraternité universelle et l'amour actif pour les pauvres: il a voulu inclure parmi les préceptes traditionnels de l'Église un commandement sur les œuvres de solidarité et l'a proposé aux évêques italiens. 

Je pense à son appel à l'Angélus du 10 septembre 1978 en faveur de la paix au Proche-Orient, avec l'invitation à la prière adressée aux présidents des différentes confessions. Un appel qu'il avait déjà exprimé dans son discours au Corps diplomatique du 31 août, dans lequel, s'affranchissant des présomptions de protagonisme géopolitique, il définissait la nature et la particularité de l'action diplomatique du Saint-Siège d'un point de vue de foi.  Recevant ensuite les plus de cent représentants des missions internationales présents lors de l'inauguration de son pontificat, il a souligné combien «notre cœur est ouvert à tous les peuples, à toutes les cultures et à toutes les races», puis a affirmé : «Nous n'avons certainement pas de solutions miraculeuses aux grands problèmes mondiaux, nous pouvons néanmoins donner quelque chose de très précieux: un esprit qui aide à résoudre ces problèmes et les place dans la dimension essentielle, celle de l'ouverture aux valeurs de la charité universelle... afin que l'Église, humble messager de l'Évangile à tous les peuples de la terre, puisse contribuer à créer un climat de justice, de fraternité, de solidarité et d'espérance sans lequel le monde ne peut pas vivre». Ainsi, dans le sillage de la Constitution du Concile Gaudium et Spes, comme dans tant de messages de Saint Paul VI, il s'est placé dans le sillage de la grande diplomatie que de nombreux fruits ont donné à l'Église en se nourrissant de la charité. 

Avec sa mort soudaine, cette histoire de l'Église au service du monde n'a pas été interrompue. La perspective marquée par son bref pontificat n'est pas une parenthèse. Même si le gouvernement de l'Église par Jean-Paul Ier n'a pas pu se déployer dans l'histoire, il a néanmoins contribué - explevit tempora multa, en un cours laps de temps - à renforcer la conception d'une Église proche de la douleur du peuple et de sa soif de charité. 

Grâce à la cause de canonisation de Jean-Paul Ier, l'acquisition des sources a été réalisée aujourd'hui, entamant un travail de recherche et d'élaboration important d'un point de vue historique et historiographique. Il est donc désormais possible de rendre la mémoire du pape Luciani, afin que sa valeur historique soit pleinement restaurée dans les contingences historiques croisées avec la rigueur analytique qui lui est due et d'ouvrir de nouvelles perspectives d'étude sur son œuvre. 

À cet égard, la création d'une nouvelle Fondation ad hoc peut légitimement remplir la tâche non seulement de protéger l'ensemble du patrimoine des écrits et de l'œuvre de Jean-Paul Ier, mais aussi d'encourager l'étude et la diffusion systématiques de sa pensée et de sa spiritualité. D'autant plus motivée par la considération de l'extraordinaire actualité de sa figure et de son message.

28 avril 2020, 11:22