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Le cardinal Kevin Farrell Le cardinal Kevin Farrell 

Vatican: la famille et les jeunes restent au premier plan malgré un agenda bousculé

Le cardinal Kevin Farrell, préfet du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, explique les raisons du report d’une année de la Rencontre mondiale des familles et des JMJ de Lisbonne, annoncé en début de semaine. Il rappelle également que cette période nécessite de mettre tout égoïsme de côté.

Adriana Masotti - Cité du Vatican

Le Covid-19 bouleverse les agendas, et celui du Saint-Siège ne fait pas exception. La Rencontre mondiale des familles, initialement prévue en 2021, se déroulera finalement en juin 2022. Les JMJ de Lisbonne auront lieu quant à elles en août 2023, et non 2022 comme programmé initialement. L’annonce de ce report a été faite ce lundi 20 avril. Le cardinal Kevin Farrell, préfet du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, nous explique ce qui a motivé une telle décision.

Ces deux rendez-vous sont deux événements internationaux, donc dans la situation où nous nous trouvons actuellement, il est très difficile de savoir ce que sera notre vie après cette pandémie. La Rencontre mondiale des familles était prévue pour le mois de juin de l'année prochaine, mais il fallait maintenant bien sûr faire avancer toutes les questions d'organisation et de logistique pour préparer cet événement. Cependant, nous ne savons pas encore quelle sera la situation économique, ni la situation des personnes et des familles l'année prochaine, et il n'est pas sûr que beaucoup de personnes viendront de l'étranger à Rome pour cet événement l'année prochaine.

C'est pourquoi le Saint-Père et nous, au Dicastère, après avoir consulté les personnes du Vicariat de Rome et nos contacts au Portugal, nous avons pensé que le mieux serait d'attendre un an avant de commencer ces événements internationaux. Il a donc été décidé que le rendez-vous avec les familles serait en 2022 à Rome et en 2023 pour les jeunes à Lisbonne. Il y a de l’inquiétude concernant le futur. Nous espérons que nous pourrons revenir à la normalité de notre vie quotidienne, mais ceci n'est pas réaliste à court terme. Je crois que beaucoup de gens pensent qu'il faudra au moins deux ou trois ans pour que nous revenions à la normale.

Ces réunions internationales offrent la possibilité à un nombre important de personnes de se déplacer et de voyager. Nous ne savons pas quelles seront les perspectives d'avenir: comment comptez-vous vous y prendre?

Presque tous les diocèses du monde organisent des événements dans leur propre pays et il existe des rencontres pour les familles et les jeunes. Nous continuons à travailler pour aider tous les évêques à promouvoir la vie familiale et à travailler avec les jeunes dans les diocèses. Nous espérons que nous aurons toujours ces réunions internationales mondiales, mais comme je l'ai dit, il est irréaliste de penser que les gens pourront voyager dans les deux prochaines années. Notre travail n'est pas seulement d'organiser ces deux événements, il y a aussi le travail quotidien que nous devons faire pour continuer à promouvoir la vie familiale et aussi la vie chrétienne et la jeunesse.

Comment continuez-vous à travailler?

Ici au Dicastère, nous continuons notre travail. Bien sûr il n’y a pas tout le personnel, tous les employés, ici au siège. Certains travaillent à domicile, il y a toujours 4 ou 5 personnes au bureau chaque jour. Les autres viennent et ramènent du travail à la maison. Nous avons fait tout notre possible pour aider les employés dans cette situation où l'on se préoccupe de la santé de chacun d'entre nous. Je vais au dicastère tous les jours, et le secrétaire, les sous-secrétaires viennent eux aussi quand ils peuvent, les officials viennent deux jours par semaine, et nous travaillons comme cela.

Le confinement que nous connaissons dans tant de pays du monde entier nous invite à nous pencher sur l'essentiel et sur la centralité de la famille. Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette situation?

Je crois que chaque jour, le Pape a donné un message à tous les peuples du monde: la famille est le lieu central de notre vie, elle nous apprend beaucoup. L'obligation que nous avons de vivre à cette époque de manière si unie dans la famille nous apprend beaucoup de choses, comme le fait de vivre sans égoïsme. Ce que nous vivons aujourd'hui est une opportunité que le Seigneur nous donne pour apprendre à laisser l'égoïsme de côté, à voir chaque personne comme un frère ou une sœur. Une chose que nous pouvons apprendre de nos jours est que la famille est aussi un lieu où nous pouvons apprendre à nous connaître; il y a tellement de choses dans la vie de chacun d'entre nous chaque jour que nous ne voyons parfois pas les besoins des gens qui nous entourent, parce que nous sommes si préoccupés par nous-mêmes.

C'est alors le moment d'apprendre à laisser l'égoïsme hors de nos vies et à se soucier de regarder les autres. Ce matin encore [mardi 21 avril, ndlr], le Saint-Père a déclaré que nous devons apprendre à faire silence dans notre vie et que nous devons écouter l'Esprit Saint. Nous devons également apprendre à nos enfants à écouter l'Esprit et à penser à Dieu et à réfléchir à notre vie, à la façon dont nous vivons et à la façon dont notre vie va changer après cette pandémie. Je crois qu'il est important d'écouter le Pape, chaque jour il dit la Sainte Messe à 7 heures du matin, et nous prions toujours pour le monde entier, et nous écoutons les préoccupations du Saint-Père en ce moment.

22 avril 2020, 11:21