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Mgr Bernardito Auza à l'ONU (New York) en décembre 2018 Mgr Bernardito Auza à l'ONU (New York) en décembre 2018 

Mgr Auza: la dignité humaine doit être au centre du développement durable

Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations-Unies, est intervenu le 15 octobre dernier lors de la 74e session de l’assemblée générale de l’ONU, qui portait sur le développement durable.

Dans son allocution, Mgr Bernardito Auza s’est d’abord appuyé sur la lettre encyclique du Pape François Laudato Si', où il est écrit que l’«on ne peut plus parler de développement durable sans une solidarité intergénérationnelle» (n°159). Dans cette perspective, l’élément décisif de la protection de l’environnement n’est donc pas un simple changement de «nos modèles de production et de consommation», mais d’abord l’attention portée «à nos frères et sœurs avec lesquels nous partageons cette maison commune, ainsi que tous ceux qui viendront après nous».

Dignité humaine et bien commun

Mgr Auza a rappelé que la réponse aux défis environnementaux actuels requiert «une approche holistique et éthique, fondée sur ce que le Pape François appelle “écologie intégrale”».  Elle exige aussi «un changement majeur de nos paradigmes de développement». Finalement, il ne s’agit pas de réduire le développement durable à la «croissance économique, la protection de l’environnement et le progrès technologique», mais plutôt d’y mettre au centre «la dignité inhérente de chaque personne ainsi que la promotion du bien commun». Ainsi on peut dépasser des valeurs néfastes telles que «la maximisation des profits à tout prix», «le consumérisme débridé», ou le fait de considérer la nature comme une «inépuisable source d’approvisionnements pour ceux qui peuvent payer».

Appliquer les conventions et accords sans délai

Par ailleurs, l’observateur permanent du Saint-Siège a noté des «signes encourageants» dans le «combat contre la dégradation de l’environnement» et les effets du changement climatique, comme les divers pactes et programmes internationaux signés ces dernières années (“Agenda 2030 pour le Développement Durable” par exemple). Tout cela démontre une conscience de la nécessité d’un «effort concerté» et de responsabilités à la fois communes et différentiées.

Toutefois, malgré une mise en place progressive de ces conventions et accords, «beaucoup de défis demeurent pour que notre engagement ne soit commun et efficace», a estimé Mgr Auza. Alors que le changement climatique et ses effets sont «évidents partout dans le monde», «l’Accord de Paris attend toujours d’être appliqué», a alerté le prélat.

Ainsi, pour que la planète soit réellement protégée et que les générations à venir ne paient pas les erreurs du passé, une prise de conscience ne suffit pas. «Nous devons unir nos efforts pour promouvoir un type de progrès qui soit “plus sain, plus humain, plus social, plus intégral”», a conclu Mgr Auza, reprenant les mots du Saint-Père.

16 octobre 2019, 16:07