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Le secrétaire pour les rapports avec les États, Mgr Gallagher, siège aux côtés de Mike Pompeo, le Secrétaire d'État américain, ce mercredi au Vatican Le secrétaire pour les rapports avec les États, Mgr Gallagher, siège aux côtés de Mike Pompeo, le Secrétaire d'État américain, ce mercredi au Vatican  (ANSA)

La dignité humaine, l'objet d'un symposium au Vatican

«Des chemins pour accomplir la dignité humaine: partenariat entre organisations confessionnelles», tel est le titre et le thème du symposium organisé ce mercredi par la Secrétairerie d’État et l’ambassade des États-Unis près le Saint-Siège, en présence du secrétaire pour les Relations avec les États, Mgr Paul Gallagher, et du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo

«Le but de notre collaboration est de construire une société qui soit vraiment tolérante et inclusive». Dans le discours d’ouverture du Symposium, le secrétaire pour les Relations avec les États a cité le Pape François lors de sa visite apostolique aux États-Unis en 2015. Mgr Paul Gallagher n’a pas manqué de souligner d’ailleurs que le Saint-Siège et les États-Unis célèbrent cette année les 35 ans de l’établissement de leurs relations diplomatiques, en 1984, lors du pontificat de saint Jean-Paul II et du mandat présidentiel de Ronald Reagan.

Le rôle des religions et liberté religieuse

Mgr Gallagher a souligné l’importance des religions, dont les fidèles sont appelés à développer «un réseau international » afin de « construire la tolérance, la fraternité et un pluralisme sain ». C’est ce que proclame la Déclaration sur la fraternité humaine signée conjointement par le Pape et le grand imam d’Al-Azhar le 4 février dernier à Abou Dhabi. Dans ce texte, il est également rappelé, poursuit le prélat, que les «religions ne doivent jamais inciter à la guerre, à des attitudes de haine, à de l’hostilité et à l’extrémisme. Ces tragiques réalités sont une déviation des enseignements religieux».

Concernant la liberté religieuse, Mgr Gallagher a déclaré que «l’accent ne devrait être mis ni sur la politique ni sur l’idéologie. Sa préoccupation première devrait être de protéger efficacement les droits de l'Homme et les libertés fondamentales, et de promouvoir la coexistence pacifique et des sociétés inclusives au sein desquelles les personnes peuvent exprimer librement leurs convictions».

Combattre la traite

Lors de ce symposium, il fut également question de la manière dont les organisations religieuses peuvent collaborer pour combattre le fléau que représente le trafic d’êtres humains, «une des réalités les plus sombres et les plus répréhensibles existant dans le monde d’aujourd’hui» selon Mgr Gallagher.

S’exprimant ce mercredi en présence d’organisations catholiques engagées pour la libération des victimes de la traite, pour leur réhabilitation et leur réintégration dans la société, Mgr Gallaher a affirmé que «nous avons besoin de dirigeants courageux qui prennent des décisions appropriées pour combattre et mettre progressivement en échec cet horrible crime contre l’humanité».

La position américaine

Concernant la défense de la dignité humaine, «les enjeux actuels sont sans doute plus importants qu'ils ne l'étaient même pendant la Guerre froide» car les menaces qui pèsent sur elle sont «plus diverses et plus nombreuses», a affirmé à son tour le secrétaire d’État américain.

Pour Mike Pompeo, les racines de la répression religieuse sont à chercher au sein des régimes autoritaires qui «n'accepteront jamais un pouvoir plus élevé que le leur». Voilà ce qui provoque, dit-il, des «atteintes à la dignité humaine». Pour cette raison, «nous devons exercer notre voix morale pour les affronter», a ajouté le chef de la diplomatie américaine. Il juge que les questions de la dignité humaine et de la liberté religieuse doivent «transcender la politique du quotidien».

Déclaration finale du cardinal Parolin

Il est revenu au secrétaire d’État du Saint-Siège de clore ce symposium. Le cardinal Pietro Parolin s’est réjoui de la présence de la Communauté de San’t Egidio, d’Aide à l’Église en détresse, des fondations Adyan ou AVSI, de Caritas international ou de Talitha Kum, les remerciant pour leur contribution.

«La paix, la dignité humaine et la justice sociale, la lutte contre la pauvreté et la promotion du développement durable» demeurent les marqueurs de la coopération de l’Église avec les États ou les organisations confessionnelles.

Le cardinal a ensuite insisté sur le fait que la liberté religieuse est un droit humain fondamental et que les violations dans ce domaine «restent l'un des plus grands défis mondiaux».

Citant le Pape François, le secrétaire d’État du Saint-Siège a déclaré que «le fait de priver de la liberté de conscience est la première étape conduisant à la privation de la liberté de culte». Les défis sont nombreux et importants «mais nous les relevons avec foi et détermination. Nous savons que Dieu est avec nous lorsque nous nous engageons à promouvoir la dignité humaine», a déclaré le prélat italien.

 

02 octobre 2019, 18:39