Photo de Mahamat Gandhi en 1948 Photo de Mahamat Gandhi en 1948 

L'enseignement de Gandhi né il y a 150 ans: aimer ses ennemis

Le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux organise au Vatican une journée d’étude et de réflexion sur l’«Amour fraternel et la non-violence pour la paix et l’harmonie mondiale» à l’occasion des 150 ans de la naissance du Mahatma Gandhi.

À la veille de la Journée internationale de la non-violence instituée par les Nations unies en mémoire du Mahatma Gandhi, né il y a 150 ans en Inde, le Vatican a réuni une cinquantaine de représentants de diverses confessions, des experts du monde académique et l’ambassadeur indien près le Saint-Siège, pour évoquer la mémoire de cet homme qui marqua l’histoire moderne de son pays libéré du joug du colonialisme britannique et qui reste connu pour son engagement pacifiste. Il fut d'ailleurs qualifié ce mardi matin d'«homme de paix» et de «héraut de la non-violence» par Mgr Miguel Angel Ayuso Guixot. 

Le concept de non-violence

Lors de son discours d’ouverture, le président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux est revenu sur la notion d’«Ahimsa ou non-violence» telle qu’envisagée par le leader politique, avocat et philosophe indien. Il ne s’agit pas uniquement de «ne pas nuire», mais «d’un acte positif d’amour» qui «ne connait pas de frontières, s’étend à tous, y compris aux personnes malintentionnées ou mauvaises, et même au mal personnifié», explique le prélat qui rapporte les propos de Mahatma Gandhi : «Si l’on aimait que ceux qui nous aiment ce ne serait pas de la non-violence. La non-violence consiste à aimer même ceux qui éprouvent de la haine à notre égard».

Une antidote à la haine

Pour Mgr Ayusot, le point central du traité du Mahatma Gandhi repose sur le fait que la non-violence est «un remède qui guérit la maladie de la société, un antidote à la haine et au conflit». Un témoignage de paix et d’harmonie qu’il faut se réapproprier, juge-t-il, au regard de la situation actuelle «de croissante intolérance, haine, conflits tensions et violences dans de nombreuses parties du monde, aussi au nom des religions».

Le rôle des religions

Les religions ont un rôle actif à jouer. Chacune d’entre elles enseigne à ses fidèles «l’éthique universelle d’être bon et de faire le bien, d’éviter le mal et de semer la paix, d’aimer chacun et de ne haïr personne, de respecter la diversité et de promouvoir la fraternité» souligne le président du conseil pontifical. Cet enseignement est selon lui fondamental pour les sédimentations religieuses, éthiques et civiles de l’histoire humaine.

«Là où il y a un véritable amour, il y a certainement l’harmonie et la paix, ses corollaires naturels». Fort de ce constat, Mgr Ayuso s’interroge sur le passé : «Il semble qu’à un moment donné, nous les croyants, nous ayons largement échoué à vivre selon les enseignements de notre foi.»

Un défi pour demain

Mgr Ayuso appelle ainsi les participants à cette rencontre à réfléchir sur l’erreur commise par les religions, et sur les raisons qui ont empêché certains croyants de faire avancer les projets de paix et les possibles perspectives de fraternité humaine et d’harmonie co-existentielle.

Il souhaite que cette journée d’étude soit l’occasion pour tous de «rester ancrés dans les valeurs de la paix ; de soutenir les valeurs de la connaissance réciproque, de la fraternité humaine et de la coexistence commune» (document d’Abou Dhabi, signé par le Pape et le grand imam d’Al-Azhar).

Le conseil pontifical souhaite que ce moment soit l’occasion d’un moment de partage pour évoquer les expériences passées de chacun, que tous puissent exprimer leurs préoccupations concernant le bien-être de la famille humaine ainsi que leurs aspirations à tracer un parcours qui permette d’avancer sur le chemin de la construction de la paix mondiale et de la cohabitation fraternelle. 

 

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01 octobre 2019, 16:19