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Le père Michael Czerny, secrétaire spécial du Synode sur l'Amazonie. Le père Michael Czerny, secrétaire spécial du Synode sur l'Amazonie. 

Tribune du père Czerny en préparation du Synode sur l'Amazonie

Le jésuite canadien Michael Czerny, sous-secrétaire de la Section Migrants et Réfugiés du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral et secrétaire spécial du Synode pour l’Amazonie, a publié une tribune dans l’Osservatore Romano pour expliquer le sens de cette démarche synodale.

«L’Église, comme le Bon Samaritain, veut accomplir en Amazonie l’engagement évangélique pour la compassion et la justice. Elle doit observer, comprendre, puis tendre la main et agir. C’est pourquoi notre Saint-Père François a convoqué un synode des évêques pour la région panamazonienne», explique le père Czerny.

«Tout est lié», précise le jésuite canadien, dans la continuité des réflexions exprimées par le Pape François dans Laudato si’. «On ne peut pas séparer le social et le naturel, on ne doit pas séparer l’environnemental et le pastoral. Les compartimentations dangereuses – des dimensions intellectuelles et spirituelles, économiques et politiques – ont mis en danger la vie humaine sur la terre, la maison commune de l’humanité», observe-t-il.

Relier prophétie et promotion humaine

L’Église doit donc assumer son «rôle prophétique» et lutter pour «la promotion humaine intégrale». Les deux expressions parlent des dimensions ou de la dynamique qui doivent se déployer ensemble dans la mission de l’Église : «les ministères pastoraux, la promotion de l’humain, l’écologie intégrale, des chemins nouveaux et des rôles prophétiques», liste le père Michael Czerny.

En raison de la pression économique sur les terres, «les peuples autochtones voient leurs territoires menacés, minés par des intérêts qui les exploitent», et «ils sont souvent empêchés de revendiquer leurs propres terres», alors que le droit international, s’il était respecté, devrait leur apporter des garanties. Face aux nombreuses violations de leur droit à vivre sur leurs terres, l’Église est appelée à être «l’avocate de la justice et des pauvres», comme le rappelait le Pape Benoît XVI dans son discours inaugural de la Conférence d’Aparecida, en 2007.

La continuité de l’enseignement de l’Église

«Les souverains pontifes, depuis Léon XIII dans les années 1890, Vatican II et la doctrine sociale de l’Église, offrent tous des directives claires sur la manière dont l’Église doit réagir», précise le jésuite canadien. «En réponse à un modèle dominant de société qui est source d’exclusion et d’inégalité et à un modèle économique qui tue les plus vulnérables et détruit notre maison commune, la mission de l’Église inclut un engagement prophétique envers la dignité de chaque être humain sans distinction, et envers la justice, la paix et l’intégrité de la création.»

En Amazonie, le bien vivre (buen vivir) des autochtones dépend d’une démarcation juste de leurs territoires et d’un respect scrupuleux de ces démarcations, explique le père Czerny, qui conclut en citant le 178e paragraphe de l’Instrumentum Laboris : «À partir du cœur de l’Évangile, nous reconnaissons la connexion intime entre évangélisation et promotion humaine, qui doit nécessairement s’exprimer et se développer dans toute l’action évangélisatrice».

Lien vers le texte intégral de la tribune du père Czerny

31 juillet 2019, 17:15