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Mgr Bernardito Auza Mgr Bernardito Auza 

Devant l’ONU, Mgr Auza défend les droits des femmes

L’observateur permanent du Vatican auprès de l’ONU a prononcé une déclaration dans laquelle il dénonce les situations de discrimination et de vulnérabilité que connaissent bien des femmes. Il plaide pour une véritable reconnaissance de leur travail, une valorisation de leur place dans la famille, dans la société et dans l’économie. Il a aussi insisté sur les dons «profonds et uniques» que possèdent les femmes.

Colombe de Barmon – Cité du Vatican

«Tout programme visant à construire un avenir plus juste et durable, non seulement pour les femmes mais pour tous ceux de notre foyer commun, doit tenir compte de trois dimensions: la situation concrète des femmes dans la famille, la société et l’économie; les situations de vulnérabilité de nombreuses femmes; et la nécessité de promouvoir les femmes en déployant tous les efforts possibles pour améliorer leur position.» C’est autour de ces trois points que Mgr Bernadito Auza, observateur permanent aux Nations-Unies et chef de la délégation du Saint-Siège pour la Commission sur les conditions de la Femme, organisée par l’ONU du 11 au 22 mars, a bâti son intervention ce vendredi à New-York.

Un travail encore mal reconnu

Mgr Auza a d’abord insisté sur le problème de la sous-estimation voire de la non reconnaissance du travail des femmes. Il s’est dit choqué par la part importante de femme dans l’économie souterraine. En outre, le travail domestique et l’éducation  des enfants qu’assurent une grande part d’entre elles, sont non payés, donc non reconnus. Le nonce a insisté sur les situations particulièrement difficiles des mères célibataires ou encore des veuves. Il a salué leur «dévouement» bien souvent  «infatigable» alors même qu’elle n’en reçoivent aucune rétribution.

Ensuite, la déclaration souligne les violences que subissent les femmes. Si la conscience sociale sur les violences contre les femmes s’est développée, il s’agit de mettre en place un programme public efficace sur la prévention, la justice et la prise de conscience de ce problème, a expliqué Mgr Auza, notant le grand nombre de femmes stigmatisées ou vulnérables. Il faut les accompagner dans leur responsabilités multiples, au travail comme à la maison, a-t -il insisté, dans leur maternité mais aussi dans l’éducation des enfants, par des aides concrètes des États.

Le soutien de l’Église en faveur de la promotion de la femme

Enfin, Mgr Auza a souligné la volonté du Saint-Siège de mettre en avant le rôle de la femme dans le développement humain intégral, rôle unique et incontournable. La femme a un don spécial dans ce domaine, a-t-il expliqué. Sa présence, à la fois spirituelle et physique dans l’éducation des enfants est unique. De même, elle possède une vision et une capacité à défendre et prendre soin de la vie, de sa conception jusqu’à sa fin naturelle, a souligné Mgr Auza. Il a aussi rappelé que la «promotion de la femme» passait par la promotion de la dignité inhérente à toute femme et qu’en dehors de toute connotation idéologique ou politique cela consistait d’abord à leur assurer la possibilité d’avoir une éducation de qualité, d’avoir droit à la parole et de les aider à développer et tenir leurs responsabilités.

Le défi des États est donc d’«améliorer l’accès des femmes aux services publics, d’améliorer le système de protection sociale en leur faveur et de développer des infrastructures durables afin de, à terme, améliorer la situation de chacune d’entre elle », a conclu le prélat. Reprenant l’expression de Jean-Paul II, qui parlait du «génie féminin», il a souligné les dons uniques que chacune d’entre elle peut apporter au monde si on lui en donne les moyens, rendant ainsi les «relation humaines plus honnêtes et plus authentiques».

15 mars 2019, 18:51