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Le 2 avril 2018, des activistes indiens étaient descendus dans la rue pour protester contre le système de caste. Image d'illustration. Le 2 avril 2018, des activistes indiens étaient descendus dans la rue pour protester contre le système de caste. Image d'illustration.   (AFP or licensors)

En Inde, chrétiens et musulmans défendent les droits des hors-castes

Ce mardi 12 mars, à New Delhi, des centaines d’Indiens issus des minorités chrétiennes et musulmanes ont manifesté contre les discriminations envers leurs communautés. «Hors-castes», ces minorités subissent des désavantages importants.

Colombe de Barmon - Cité du Vatican 

C’est dans le cadre d’une grande manifestation nationale que plusieurs centaines de chrétiens et de musulmans se sont rassemblées à New Delhi pour réclamer la justice pour leurs communautés, classées hors-castes, ce mardi 12 février, comme le rapporte l’agence Fides.

«Il est temps que le statut de castes reconnues soit accordé aux dalits chrétiens et musulmans», déclare à l’agence Fides, Mary John, le président du Conseil national des Dalits Chrétiens. En effet, une majorité de chrétiens sont issus de la dernière caste hiérarchiquement, celle des dalits, les opprimés. On compte ainsi un chrétiens sur quatre qui a des origines de la caste des Intouchables, autre terme pour les désigner. La manifestation a été organisée dans la perspective des prochaines élections générales de 2019, espérant un geste de la part du gouvernement de l’Union en leur faveur.

Parmi les participants: des responsables politiques, des parlementaires, des évêques, des responsables dalits à la fois chrétiens et musulmans mais aussi des activistes des droits fondamentaux.

A peine 30% des dalits sont alphabétisés  

Les hors castes, soit 300 millions de personnes, connaissent un retard économique, éducatif et une inclusion sociale difficile. Pour A.C. Micheal, activiste des droits fondamentaux, c’est une «absurdité que certains groupes de citoyens indiens parmi les plus défavorisés se voient nier le droit d’accéder à des postes réservés dans des institutions scolaires ou sur des lieux de travail ou encore d’accéder à d’autres bénéfices établis par la loi du seul fait qu’ils pratiquent la foi chrétienne ou l’islam.» De fait, les 170 millions de dalits qui vivent en Inde ont des difficultés d’accéder aux métiers les plus rémunérés. Si le taux d’alphabétisation est de 75% dans le pays, à peine 30% des dalits savent lire et écrire. Plus de la moitié des enfants dalits quittent l’école très tôt à cause des humiliations qu’ils y subissent. La majeure partie est au chômage. Un retard socioéconomique et éducatif des communautés musulmanes et chrétiennes indiennes qui a été constaté par la Commission nationale chargée des minorités religieuses et linguistiques, un organisme gouvernemental. Elle a recommandé que ces communautés soient reconnues comme castes mais pour l’instant aucune action dans ce sens n’a été enregistrées de la part du gouvernement. 

Constitutionnellement, la discrimination à cause de la caste d’une personne ou parce qu’elle m’appartient à aucune d’entre elles est interdite. Dans les faits, les «dalits», sont toujours victimes de traitements indignes et d’inégalités. Des avances en faveur des non indous ont pourtant été faites. En 1935, l’Inde alors colonie britannique, avait accordé des privilèges spéciaux aux personnes appartenant aux castes les plus basses ou aux hors castes. Elles ne concernaient pas de religions particulières et donc incluaient à la fois les bouddhistes, les musulmans, les sikhs et les chrétiens. En 1950, ces droits ont été restreints sur ordre présidentiel : toutes les personnes pratiquant une autre religion que l’hindouisme ne sont reconnues dans aucunes castes. En 1956 et en 1990, les dalits sikhs puis boudhistes seront reconnus mais jamais les chrétiens, ni les musulmans, d’où les protestations.

«Depuis longtemps nous demandons à ce que cette norme discriminatoire soit revue. Une pétition civile a été déposée devant le Cour suprême de l’Inde, qui conteste la validité constitutionnelle du troisième paragraphe de l’Ordre présidentiel de 1950. Elle est encore pendante, dans l’attente d’une réponse ad hoc de la part du gouvernement», explique Mary John à Fides.

14 mars 2019, 17:14