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Le Pape François et des membres de la Curie Romaine, chapelle de la Maison du Divin Maître à Ariccia, 10 mars 2019 Le Pape François et des membres de la Curie Romaine, chapelle de la Maison du Divin Maître à Ariccia, 10 mars 2019  (Vatican Media)

Exercices spirituels: un Carême pour laisser Dieu restaurer notre beauté

Ce mardi matin, au cours de la troisième méditation proposée au Pape François et aux membres de la Curie romaine en retraite à Ariccia, dom Bernardo Francesco Maria Gianni a évoqué l’indifférence: une maladie spirituelle répandue dans les métropoles, dont l’unique remède est l’attention à Dieu, auteur de toute beauté.

Alessandro Di Bussolo – Cité du Vatican

«Le présent d’infamie, de sang, d’indifférence», vers de la poésie de Mario Luzi qui constitue la trame de cette semaine d’exercices spirituels, était le thème de la méditation de cette matinée.

Le père abbé de l’abbaye florentine de San Miniato al Monte s’est arrêté plus particulièrement sur l’indifférence, «qui tant de fois, de manière subtile, paralyse notre cœur, rend notre regard opaque». «Comme si notre personne endossait un écran par lequel et avec lequel se protéger vis-à-vis des autres, vis-à-vis de cette responsabilité que demandent les problèmes de notre temps, à la lumière de cette passion évangélique que le Seigneur veut allumer avec la force de l’Esprit-Saint dans notre cœur», a analysé le prédicateur.

Laisser Dieu prendre soin de notre fragilité

Tout cela, a-t-il poursuivi, reprenant les mots de la philosophe Simone Weil, «signifie renoncer à notre illusion d’être au centre». En se conformant «au plus beau des enfants de l’homme, en laissant le Christ au centre de l’histoire et de l’espace, nous pouvons espérer écouter à nouveau» la satisfaction de Dieu manifestée dès la création du monde. Le chemin de Carême peut donc permettre que «la main de Dieu restaure notre beauté», a indiqué dom Gianni. «Qu’il y ait notre humble disponibilité à remettre dans les mains de Dieu notre structure, qui, en dépit de toute présomption de notre part, reste argile, habitée par le souffle de Dieu, mais argile, fragile et pauvre».

Comme saint Augustin, rechercher la vraie beauté

Le père abbé a ensuite donné en exemple saint Augustin, qui «nous rappelle quelle est la vraie beauté et comment elle se reçoit», notamment dans son Commentaire de la Première épître de saint Jean. «Car comment l'aimer, s'il ne nous avait aimés le premier? En l'aimant, nous sommes devenus ses amis; mais pendant que nous étions ses ennemis, il nous a aimés afin que nous devenions ses amis», écrit saint Augustin. Et c’est «en l’aimant» que «nous devenons beaux», a précisé dom Gianni. Dans un monde qui accorde beaucoup d’importance à l’apparence, «la beauté est désormais un peu l’unique mesure par laquelle les jeunes s’acceptent et acceptent les autres jeunes», a relevé le prédicateur. Mais, comme l’indique Augustin, il s’agit de se tourner vers la véritable Beauté: Dieu. «Et comment nous serons beaux? En l’aimant Lui, qui est toujours beau. L’amour grandit en toi tout autant que la beauté, la charité, et justement la beauté de l’âme. Et cependant, Augustin reconnaît véritablement comment le Seigneur Jésus, en nous donnant pourtant sa beauté, est aussi devenu laid, il l’a fait sur la Croix, en acceptant ce bouleversement aussi dans son corps», a expliqué le bénédictin au Pape et à la Curie romaine.

12 mars 2019, 15:35