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Le Pape François et des membres de la Curie romaine, chapelle de la Maison du Divin Maître à Ariccia, le 10 mars 2019 Le Pape François et des membres de la Curie romaine, chapelle de la Maison du Divin Maître à Ariccia, le 10 mars 2019  (Vatican Media)

Exercices spirituels: faire de nos villes des symboles de paix et d’accueil

Réunis à Ariccia jusqu’à jeudi pour une retraite spirituelle, le Pape François et les responsables de la Curie romaine ont écouté ce lundi matin la seconde médiation de dom Bernardo Francesco Maria Gianni. Une réflexion conduite par le rêve de l’homme politique italien Giorgio La Pira: faire en sorte que chaque ville redécouvre sa vocation universelle à être un reflet terrestre de la Jérusalem céleste.

Cecilia Seppia – Cité du Vatican

Après la méditation introductive prononcée dimanche après-midi, le père abbé de l’abbaye florentine de San Miniato al Monte a offert ce lundi matin une réflexion sur le thème «Le rêve de La Pira». Celui qui fut maire de Florence à deux reprises au siècle dernier était un véritable artisan de paix; il souhaitait que la ville soit un symbole de beauté, de fraternité, d’accueil universel et d’amour chrétien, à l’image de Jérusalem décrite au chapitre 60 du livre du prophète Isaïe. «Nous pourrions presque dire que Giorgio La Pira a rêvé du rêve de Dieu. Et pas seulement pour le jeu de mots, parce que dans son rêve, dans cette passion, souvent incomprise aussi par les hommes d’Église de son temps […], il y avait véritablement une très haute perception du mystère qui habite chaque cité», a souligné dom Gianni.

Des espaces de réconciliation et de rencontre

Florence et toutes les villes du monde aspirent à être un «espace de réconciliation, de paix, de rencontre», en réaction à un monde trop souvent condamné, «par désespoir et résignation, à des ténèbres que l’on croit désormais invincibles». Chaque ville est poussée à redécouvrir sa véritable vocation: être un reflet de la Jérusalem terrestre, où les  habitants vivent en harmonie, animés par des désirs ardents et de grandes espérances.

Un rêve qui, loin d’être une divagation irrationnelle, onirique et dépourvue de sens, est au contraire si concret qu’il ouvre l’horizon à l’action de Dieu. Revisiter les villes, les rénover à la base et au sommet, comme l’écrivait Giorgio La Pira, devient donc fondamental pour le bien des personnes et des structures politiques, techniques et économiques. «Voilà le regard de foi, le regard contemplatif», a indiqué le père abbé. Ce dessein cherche à actualiser «l’histoire du Christ dans le monde, en tentant, malgré toutes les résistances, de réfléchir sur la cité des hommes les harmonies, les beautés, les splendeurs de la cité de Dieu: que ton règne vienne, sur la terre comme au ciel».

L’action de l’Église

Dom Gianni a ensuite expliqué que la réalisation de ce rêve doit passer par l’action des structures civiles mais aussi, et en premier lieu, de l’Église, afin que le désir de Dieu pour chaque homme se concrétise.

«En tant qu’Église, nous devons faire en sorte, sans hésitation, que cette tentative de Dieu se réalise sans réserve, sans rencontrer, en particulier en nous, nulle résistance. C’est un “rêve” qui  a déjà été l’objet d’admirables réalisations au cours des siècles passés; c’est un “rêve” qui aura d’autres réalisations plus vastes et plus admirables au cours des siècles à venir», a assuré le prédicateur. Celui-ci a insisté sur l’unicité du dessein, que «l’Esprit-Saint a construit non pour qu’il reste un idéal, lointain et inefficace pour la vie terrestre des hommes, mais au contraire pour opérer en elle comme levain transfigurant».

Témoignage, conversion et regard évangélique

L’Esprit-Saint est l’unique flamme capable d’arrêter la «foudre dévastatrice du monde», a rappelé dom Gianni. Il restitue à chaque ville sa mission universelle. Il n’est ni destruction ni guerre, mais seulement «prière, progrès, beauté, travail, paix! Les villes sont l’histoire rendue visible: un patrimoine sacré, qui s’édifie et se transmet avec tant d’amour, de génération en génération», comme Jérusalem. Le témoignage et le regard évangélique rendent visible cette action de l’Esprit-Saint.  

Il est donc nécessaire, a conclu le père bénédictin en reprenant les mots du Pape François dans l’encyclique Evangelii Gaudium, «de reconnaître la ville à partir d’un regard contemplatif, c’est-à-dire un regard de foi qui découvre ce Dieu qui habite dans ses maisons, dans ses rues, sur ses places. La présence de Dieu accompagne la recherche sincère que des personnes et des groupes accomplissent pour trouver appui et sens à leur vie. Dieu vit parmi les citadins qui promeuvent la solidarité, la fraternité, le désir du bien, de vérité, de justice. Cette présence ne doit pas être fabriquée, mais découverte, dévoilée. Dieu ne se cache pas à ceux qui le cherchent d’un cœur sincère, bien qu’ils le fassent à tâtons, de manière imprécise et diffuse».

11 mars 2019, 16:47