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Le Pape François et le cardinal Turkson lors d'un colloque au Vatican en 2017. Le Pape François et le cardinal Turkson lors d'un colloque au Vatican en 2017. 

Mettre fin à la stigmatisation des personnes atteintes de la lèpre

Dans un message publié à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la lèpre, le cardinal Peter Turkson, préfet du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, invite à surmonter les préjugés vis-à-vis des personnes atteintes par cette maladie, aussi appelée “Maladie de Hansen”.

Ce message a pour thème “Mettre fin à la discrimination, à la stigmatisation et au préjugé”, et il est adressé aux évêques, religieux, aux soignants, aux volontaires et à toutes les personnes de bonne volonté.

«La communauté médicale et la société ont connu ces dernières années de grands progrès dans le soin des personnes malades de la lèpre», reconnaît d’emblée le cardinal Turkson, soulignant que «le diagnostic s’est amélioré» et que «de nombreux traitements sont plus accessibles qu’auparavant». Toutefois, cette maladie continue à frapper environ 200 000 nouvelles personnes chaque année, se concentrant essentiellement dans 13 pays, parmi lesquels l’Inde, le Népal ou encore le Brésil. Quelques cas sont également recensés dans les territoires français d’Outre-Mer.

À la suite du Pape François, le cardinal Turkson rappelle qu’il est important «de maintenir vive la solidarité avec ces frères et sœurs, restés invalides à la suite de cette maladie». Il explique que «Jésus a été pour nous un modèle pour ce type de soin. Ce qui mettait le Christ en mouvement au plus profond dans la rencontre avec les lépreux doit tous nous inspirer, dans l’Église et dans la société.»

Soigner avec compassion

Pour le cardinal ghanéen, les progrès techniques de la médecine ne doivent pas remplacer «le cœur ou la compassion humaine, au moment où il faut aller à la rencontre de l’autre». À la suite de Jésus, il faut donc oser toucher les lépreux, aller à leur rencontre, pour témoigner de la miséricorde de Dieu sans mettre de «distance de sécurité».

Le cardinal Turkson évoque le 10e anniversaire cette année de la canonisation du père Damien, un prêtre missionnaire belge qui s’était mis au service des lépreux sur l’île de Molokai, à Hawaii. «Attentif à l’inspiration de son cœur et aux besoins des gens qu’il servait, Damien avait choisi de rester sur l’île et avait lui aussi contracté la maladie», jusqu’à son décès en 1889. Autre exemple d’audace, saint François d’Assise a vécu une rencontre avec un lépreux qui fut décisive dans sa conversion. «Il s’est occupé de cette personne, le lépreux figure du Christ crucifié, il l’a aidé et il l’a embrassé.»

Progresser dans la solidarité entre les institutions

Au-delà de ce chemin interpersonnel, il faut aussi «un travail partagé de communion et de solidarité» entre les différentes institutions impliquées dans ce combat. L’enjeu se situe aussi au niveau des communautés éducatives, afin de lutter contre l’exclusion sociale et la peur qui entourent souvent les personnes atteintes de la lèpre.

Dans le cadre des soins médicaux, les lépreux «méritent de recevoir un regard d’amour, de fraternité, et donc de trouver aussi une acceptation sociale en accord avec leur dignité spirituelle. Ainsi le développement humain intégral trouvera son expression la plus pure dans une guérison authentique», conclut le cardinal Turkson, en confiant tous les acteurs du dossier à l’intercession de la Vierge Marie.

31 janvier 2019, 12:28