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Evêques et cardinaux réunis en synode (Photo d'illustration) Evêques et cardinaux réunis en synode (Photo d'illustration)  Éditorial

Une ligne de conduite plus claire sur les abus

Vers la réunion des présidents des conférences épiscopales du monde entier sur le thème de la protection des mineurs et adultes vulnérables, qui se tiendra au Vatican du 21 au 24 février 2019.

Andrea Tornielli-Cité du Vatican 

L’attente médiatique est excessive concernant la prochaine réunion convoquée par le Pape François sur le thème de la protection des mineurs et des adultes vulnérables, comme s’il s’agissait d’un évènement à mi-chemin entre un concile et un conclave. Une attente qui risque de faire passer au second plan le sens ecclésial d’une rencontre entre pasteurs, entre présidents des conférences épiscopales du monde entier, qui aux côtés du successeur de Pierre, réfléchiront sur le thème des abus.

Il faut souligner avant tout l’universalité typique de l’Eglise catholique qui se reflète dans cette rencontre : la présence des épiscopats du monde entier, appelés pour la première fois, ensemble, à affronter cette plaie extrêmement douloureuse qui a été et est encore source d’énormes souffrances pour les victimes, et qui est aussi un contre-témoignage évangélique, aidera à aiguiser la conscience de tous sur la gravité de la crise. Le phénomène des abus sur mineurs, les dramatiques expériences des victimes, les procédures à mettre en place face aux dénonciations et les indications pour garantir un environnement sûr aux enfants et aux jeunes seront ainsi examinés dans une optique qui n’est pas seulement européenne ou américaine.

L’objectif de la réunion est très concret: faire que chacun de ceux qui y prendront part puissent revenir dans leur pays en sachant parfaitement ce qu’il faut faire (et ne pas faire) face à ces cas. Quels sont les pas à accomplir pour protéger les victimes, dans le respect de la vérité et des personnes impliquées, pour faire en sorte qu’aucun cas ne soit plus jamais couvert ou enterré.

Il faudra bien sûr attendre le dialogue entre évêques et les propositions qui seront avancées pour mieux clarifier ou spécifier certains aspects particuliers des normes en vigueur sur ces questions. Avec la conscience qu’il ne s’agit pas d’une «année zéro» dans la lutte contre les abus car de nombreux pas significatifs et concrets ont été effectués ces seize dernières années. Les normes pour agir ont été fixées et durcies par volonté des derniers Papes et peuvent dans certains cas être qualifiées «d’urgence» par la rapidité d’action qu’elles permettent face à ceux qui sont entachés par ce délit.

Mais les normes, les lois, les codes, les procédures toujours plus affinés et précis ne suffisent pas et ne pourront suffire si la mentalité et le cœur de ceux qui sont appelés à les appliquer ne change pas. Dans ce sens François continue de nous indiquer la voie de la conversion. Pour cela il est important que chacun des participants à la rencontre écoute les témoignages des victimes survivantes et prenne exemple du témoignage de Benoît XVI et de son successeur, qui depuis dix ans, dans plusieurs endroits du monde, ont accueilli les victimes, les ont écoutées, ont pleuré avec elles en partageant leur souffrance. 

Dans son récent discours à la Curie romaine, François, après avoir répété qu’un seul cas d’abus représente «déjà en soi une monstruosité», avait ajouté que la réunion de février servira à chercher à «transformer les erreurs commises en opportunités pour éradiquer» la plaie des abus «non seulement du corps de l’Eglise, mais aussi de celui de la société».

 

10 janvier 2019, 15:43