Cerca

Vatican News
Prédication de l'Avent du père Cantalamessa, ici en décembre 2017. Prédication de l'Avent du père Cantalamessa, ici en décembre 2017.   (Vatican Media)

Troisième méditation de l’Avent du père Cantalamessa

Le prédicateur de la Maison pontificale a poursuivi sa série de méditations, comme chaque vendredi de l’Avent, en s’arrêtant cette fois sur l’infinie différence temporelle qui nous sépare de Dieu: «Nous sommes dans le temps et Dieu, lui, est dans l'éternité».

«Entre nous et Dieu, il y a trois murs de séparation: celui de la nature parce que Dieu est esprit et que nous sommes chair, celui du péché, celui de la mort», écrivait le théologien byzantin Nicolas Cabasilas cité par le père Cantalamessa.

La recherche de Dieu

«Le premier de ces murs a été abattu lors de l'incarnation, lorsque la nature humaine et la nature divine se sont unies dans la personne du Christ; le mur du péché a été abattu sur la croix et le mur de la mort à la résurrection», explique-t-il.

Le prêtre capucin s’appuie ainsi sur «le chemin de recherche de Dieu» tel que l’exposait saint Bonaventure dans son «Itinéraire de l'esprit vers Dieu» (Itinerarium mentis in Deum):

Le philosophe et théologien identifiait sept étapes par lesquelles l’âme accède à la connaissance de Dieu:

«La contemplation de Dieu par ses vestiges dans l’univers. La contemplation de Dieu dans ses vestiges à travers le monde sensible. La contemplation de Dieu par son image gravée dans nos facultés naturelles. La contemplation de Dieu dans son image réformée par les dons de la grâce. La contemplation de l’unité divine par son premier nom : l’Être. La contemplation de la bienheureuse Trinité dans son nom : le Bien. L’enlèvement mystique de l’âme, où notre intelligence se tient en repos, tandis que l’amour passe tout entier en Dieu».

Celui qui a établi cette vérité - à savoir que Jésus-Christ est le révélateur suprême du Dieu vivant et le «lieu» où l’on entre en contact avec lui –c’est Jean l'évangéliste, note le prédicateur de la Maison pontificale. En effet, «nous nous en remettons à lui pour nous aider à faire de la recherche du Dieu vivant autre chose qu'une simple ’’recherche’’, mais une véritable ‘’expérience’’, pour en avoir, non seulement la connaissance, mais un ’’sentiment’’ vivant». 

La sainteté de Dieu, l’indignité de l’homme

De cette manière, souligne le père Cantalamessa, chacun des mots employés par Jésus peut, à lui seul, nous conduire au bord du mystère et nous faire entrer dans un horizon infini.

«Il y a un tel gouffre entre la sainteté de Dieu et l'indignité de l'homme que ce dernier ne peut que mourir en voyant Dieu ou en l'entendant. C'est pourquoi Moïse (Ex 3, 69) et les séraphins (Is 6, 2) se voilent le visage devant Dieu», détaille-t-il, rappelant tout le temps qu’il a fallu à l’homme avant de reconnaitre à qui il devait d’être.

«Combien de temps faudra-t-il encore avant que tous puissent le reconnaître? Dieu cesse-t-il pour autant d'être le créateur de tout? Cesse-t-il de réchauffer de son soleil celui qui le connaît ou celui qui ne le connaît pas ? C’est la même chose dans la rédemption. Dieu est humble quand il crée et humble quand il sauve».

Le Saint Esprit comme remède

Enfin, plus que le salut de ceux qui n’ont pas connu le Christ, prévient le père Cantalamessa, il faudrait s’inquiéter, du salut de ceux qui l’ont connu, «s’ils vivent comme s’il n’avait jamais existé, oubliant tout à fait leur baptême, étrangers à l’Eglise et à toute pratique religieuse».

Pour le prédicateur de la Maison pontificale, le Saint-Esprit résout tout.

«C'est l'Esprit qui donne vie à l'idée de Dieu et pousse à le rechercher. La raison humaine, marquée comme elle est par le péché, ne suffit pas. Au contraire, elle ne sert pratiquement à rien car, même si elle découvre que Dieu existe, elle n'est pas capable, comme le dit saint Paul, de se comporter en conséquence, en lui rendant gloire et action de grâce comme il convient (cf. Rm 1, 18s)».  

Le Saint-Esprit est «cet espace invisible dans lequel on peut percevoir le passage de Dieu et dans lequel Dieu lui-même apparaît comme une réalité vivante et active», poursuit-il.

Le remède consiste donc à retrouver un contact toujours plus plein «avec la réalité, voire avec la personne, du Saint-Esprit».

21 décembre 2018, 12:19