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La Yézidie Nadia Murad reçue au Vatican

Le Pape François a reçu ce jeudi la prix Nobel de la Paix, la yézidie Nadia Murad. Première personnalité irakienne a recevoir la prestigieuse récompense, elle se bat aujourd’hui pour défendre les droits de sa communauté.

Marine Henriot - Cité du Vatican

Une nouvelle fois ce jeudi, le Pape François a affirmé son soutien envers la minorité kurde yézidie, en recevant la Nobel de la Paix Nadia Murad, ex-esclave des jihadistes, devenue porte-drapeau de sa communauté. 

L’Irakienne de 25 ans, qui a été désignée prix Nobel de la Paix cette année avec le gynécologue congolais Denis Mukwege, avait été enlevée par l’organisation de l’Etat Islamique (EI) en Irak en 2014. Comme des milliers d’autres filles et femmes de sa communauté, elle a subi torture, viols collectifs, vente et reventes sur les marchés aux esclaves des jihadistes. 

En janvier dernier, le Pape François rencontrait la représentation de la communauté yézidie d’Allemagne. «Il est inacceptable que des êtres humains soient persécutés et tués en raison de leur affiliation religieuse! Toute personne a le droit de professer librement ses croyances religieuses sans contraintes», s’était-il indigné, soulignant l’histoire, riche de spiritualité et de culture, de cette communauté adepte d’un monothéisme issu d'anciennes croyances kurdes, dont il avait déjà reçu des représentants au Vatican en janvier 2015. Lors d’une prière du Regina Cœli le 14 mai 2017, le Saint-Père renouvellait ses prières pour la minorité, qui subit des «violences et des discriminations tragiques».

Une communauté ancienne et persécutée

Le calendrier des Yézidis débute 4 750 ans avant le calendrier chrétien. Les Yézidis puisent une partie de leurs croyances dans le zoroastrisme, religion monothéiste de l’Iran ancien, et le yazdanisme, le culte des anges pratiqué par les Kurdes avant l’expansion arabe du VIIe siècle. Dans le yézidisme: un seul dieu, Xwede, entouré de sept anges qui l’ont aidé lors de la création du monde.

Cette communauté kurdophone, difficile à recenser, qui compterait entre 100 000 et 600 000 personnes en Irak, est une des cibles privilégiés de l’EI. 70% des Yézidis vivaient à Sinjar dans le Kurdistan irakien lorsque la ville a été attaquée par l’EI en août 2014. Selon un bilan dressé par le gouvernement du Kurdistan irakien, 400 000 yézidis ont été déplacés par ces combats, et environ 1 500 ont été tués. Nadia Murad affirme aujourd’hui que plus de 3000 Yézidies sont portées disparues, probablement en captivité, et se bat pour que les persécutions commises par l’EI en 2014 soient reconnues comme génocide.

20 décembre 2018, 15:40