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(photo d'illustration) (photo d'illustration)  (AFP or licensors)

Conférence sur les addictions: attention à la cyberdépendance

Comment les addictions, aux jeux, au sexe, aux drogues ou encore à internet affectent le développement humain ? C’est le thème abordé lors d’une conférence internationale au Vatican du 29 novembre au 1er décembre.

Marine Henriot- Cité du Vatican

«Drogues et addictions, un obstacle au développement intégral», c’est le thème d’une conférence internationale qui se tient dans les murs du Vatican du 29 novembre au 1er décembre. Le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, préfet du Dicastère pour le Service du développement humain intégral, a pris la parole lors de l’ouverture, soulignant que les addictions, «qu’elles soient à internet, aux jeux, au sexe, affectaient la liberté de chacun, et l’expression fondamentale de la dignité des êtres humains.» Cette conférence est donc organisée pour faire la lumière sur le danger des dépendances, qui «compromettent sérieusement l’utilisation de sa propre liberté et nuit au développement d’une personne».

Cyberespace et développement humain

Parmi ces dépendances, celle à  internet qui n'est pas encore reconnue officiellement comme une dépendance, mais qui ne constitue pa smoins un danger selon Mary Aiken. Pionnière dans le domaine, la cyber-psychologue irlandaise souligne les effets nocifs du cyberespace sur le développement des nouveaux nés, enfants et adolescents. «Quand un jeune utilise différente plateformes internet comme WhatsApp, Facebook ou Instagram avant que son identité ne soit formée, vers 8, 9 ou 10 ans, c’est comme si il se créait différentes personnalités avant de savoir qui il est vraiment», nous explique-t-elle. La danger pour les pré-ados: avoir une personnalité fragmentée sur plusieurs plateformes.

En grandissant sur les réseaux sociaux, certains enfants se créent des personnages virtuels, version numérique d’eux mêmes, «le mieux qu’ils puissent paraître, avec des cheveux brillants, une belle peau grâce aux filtres, ils paraissent plus minces», détaille la cyber-psychologue. Ces avatars sont la porte ouverte au harcèlement en ligne. Quand la version numérique de soi est harcelée, ne paraît pas correcte aux yeux des autres utilisateurs, comment alors accepter sa version réelle, de l’autre côté de l’écran ?

Le cas de la France

Mary Haiken alerte, il faut considérer le cyberespace comme un environnement à part entière et agir, légiférer en conséquence. «La France est très en avance dans ce domaine, j’admire l’interdiction des téléphones portables dans les écoles», confie avec sourire l’auteure de The Cybereffect LINK http://www.maryaiken.com/ . En juin 2018 l’Assemblée nationale française votait l’interdiction du téléphone portable dans les écoles et les collèges. L’interdiction des téléphones portables «durant toute activité d’enseignement» est d’ailleurs inscrite au code de l’éducation depuis 2010.

Précurseur, le Pape François dénonçait les dangers du développement technologique dans l’encyclique Laudato si en juin 2015, «l’immense progrès technologique n’a pas été accompagné d’un développement de l’être humain en responsabilité, en valeurs, en conscience».

Entretien avec la cyber-psychologue Mary AIken

 

30 novembre 2018, 15:40