Version Béta

Cerca

Vatican News
Mgr Gallagher lors d'une rencontre avec le Pape François. Mgr Gallagher lors d'une rencontre avec le Pape François.  (Vatican Media)

Mgr Gallagher revient sur les défis des droits de l’homme

Mgr Paul Richard Gallagher, le Secrétaire pour les Relations avec les États, est intervenu devant le Conseil de l’Europe à l’occasion du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Le thème de cette rencontre tenue devant le Conseil de l’Europe à Strasbourg était «Le défi de l’universalité», et Mgr Gallagher est intervenu lundi sur le thème «Le développement humain intégral et l’universalité des droits humains dans le contexte multilatéral».

Dans son discours qui marquait le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, Mgr Gallagher a abordé trois défis majeurs qui «dans le contexte historique actuel, menacent la reconnaissance de l’universalité des droits de l’homme», avant de tracer de possibles chemins de réponse.

Des défis posés à l’universalité des droits de l’homme

Le premier défi pour l’universalité des droits de l’homme, a-t-il noté, «vient du modèle de développement social que nous sommes en train de poursuivre, à la fois au niveau des économies avancées et au niveau global». Mgr Gallagher a évoqué les fractures qui se créent au sein des pays occidentaux, en raison de «multiples facteurs comme la croissance des inégalités, l’appauvrissement de certains secteurs de la population, l’insécurité au travail, tout comme la compression drastique des systèmes de protection sociale». Par ailleurs, dans les pays en voie de développement, «malgré la croissance générale de l’économie mondiale, des populations entières demeurent dans la pauvreté», a-t-il regretté.

Le deuxième défi souligné par Mgr Gallagher concerne «le pluralisme croissant que nous expérimentons dans nos sociétés». Le troisième concerne «l’instabilité de l’ordre international et les menaces croissantes sur la paix».

Des solutions possibles

En réponse à ces défis, Mgr Gallagher a évoqué des solutions possibles dans la perspective du Saint-Siège. Concernant les inégalités au sein de la société, il a montré qu’il est fondamental «de revenir à un aspect essentiel de la Déclaration universelle» : le fait que les droits politiques et sociaux ne peuvent pas être séparés des droits économiques, sociaux et culturels. Il a rappelé que cette vision d’ensemble rejoint la doctrine sociale de l’Église dans sa quête du «développement humain intégral».

Face à la question du pluralisme culturel, Mgr Gallagher a estimé qu’il faut chercher une réponse «dans l’affirmation robuste du droit à la liberté de religion, qui est une condition pour le respect mutuel et pour l’égalité réelle dans le contexte d’une société pluraliste».

Enfin, en réponse au troisième défi, l’archevêque britannique a souligné que si la dignité et les droits des autres sont méprisés ou piétinés, alors la dignité de chacun et ses droits sont en danger.

Tout est interconnecté

Il y a plus de 50 ans, le Pape Paul VI avait déclaré que «le développement est le nouveau nom de la paix». Cet enseignement «est aussi clairement exprimé par le Pape François dans son encyclique Laudato Si’, dans laquelle il rappelle que « tout est interconnecté». Cette phrase «pourrait être une autre façon d’exprimer  l’universalité des droits de l’homme», a souligné Mgr Gallagher.

En concluant son discours, il a remarqué que «dernièrement, l’universalité des droits de l’homme réside dans le caractère universel de la personne humaine, qui lui est intrinsèque en raison de son ouverture naturelle à une vérité qui se transcende elle-même». Il a précisé que c’est «sur cette ouverture commune que l’universalité de la famille humaine est fondée».

11 septembre 2018, 18:52