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Objectif Lune: l’éclipse vue par les astronomes du Vatican

Ce vendredi 27 juillet, conjonction des astres. Trois phénomènes astronomiques vont avoir lieu au même moment, dont l'éclipse lunaire la plus longue du XXIe siècle. Les caméras de Vatican Media se sont immiscées dans les couloirs peu visités de l'Observatoire astronomique du Vatican, perché sur le toit du palais pontifical de Castelgandolfo, résidence d’été des Papes devenue aujourd’hui musée.

Delphine Allaire - Cité du Vatican

Ce vendredi soir dès le crépuscule, une éclipse totale de la Lune aura lieu. La Terre et la Lune seront parfaitement alignées entre 21h30 et 23h13, soit 103 minutes (1h43), un événement rare par sa durée offrant un fabuleux spectacle nocturne. Au même moment, Mars sera «en opposition». La planète rouge se trouvera à «seulement» 58 millions de kilomètres de la Terre. La dernière fois que Mars a été aussi proche, c’était en 2003. La planète rouge se trouvait alors à 51,6 millions de kilomètres. 

L’infini, un vertige humain

 «C’est un événement exceptionnel qui nous permettra une fois de plus de réfléchir sur la condition de l'être humain dans un univers virtuellement infini», confie le père Gabriele Gionti, cosmologue de l'Observatoire du Vatican (surnommé en italien la Specola Vaticana). L’Observatoire situé depuis les années 1930 à Castelgandolfo est aujourd’hui doté de trois télescopes et d’un laboratoire d’analyse spectrochimique permettant l’étude précise des étoiles.

De la science pure et de la foi 

 «Ce que nous faisons à l’Observatoire n’est ni de la théologie, ni de la philosophie, mais de la science pure», explique le père jésuite, en parfaite concordance avec la mission d’origine confiée à l’institution dans le Motu Proprio «Ut Mysticam» du Pape Léon XIII, et promulgué le 14 mars 1891. «Ut Mysticam» autorisait la création  de l'Observatoire du Vatican dans la Tour des Vents située au nord de la basilique Saint-Pierre, l’endroit même où Grégoire XIII l’avait placé en 1579. La direction de l'observatoire est alors confiée à un collège des jésuites qui opérait déjà dans l'ancien observatoire.

Ainsi, ce postulat scientifique qui préside aux activités astronomiques des jésuites de l’Observatoire du Vatican «ne signifie en aucune façon aller à l’encontre de la foi», juge le père Gionti, aussi fier de l’articulation entre foi et raison, que de la plus-value d’une perspective catholique dans l’étude de l’univers.

«Vanitas Vanitatum»

Par ailleurs, l'observation de phénomènes astronomiques hors du commun tels que l'éclipse lunaire du 27 juillet «nous ramène à la réalité, à notre propre condition», remarque le cosmologue jésuite. La Terre, comme troisième planète plus proche du Soleil, fait partie «de la périphérie de notre galaxie», qui n’est elle-même «qu’une», parmi les centaines de milliards de galaxies, chacune avec ses milliards d'étoiles et de planètes. «Nous sommes petits et insignifiants», lâche-t-il, comparant la condition humaine à «un grain de sable sur une vaste plage», avant de tempérer: «Ce grain de sable contient en lui-même un principe de vie qui le lie au Seigneur, un principe d'infini qui stupéfie l'homme lui-même».

27 juillet 2018, 15:42