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Un téléscope de la NASA. Un téléscope de la NASA.  (ANSA)

L’Observatoire astronomique du Vatican, un rayonnement pluriséculaire

Dans la soirée du vendredi 27 juillet, une éclipse lunaire totale sera observable en Europe dès le crépuscule. La Lune prendra une teinte cuivrée et côtoiera la planète Mars. Depuis l’Observatoire astronomique du Vatican, les cosmologues se préparent à l’observation de ces phénomènes rares. Retour sur l’histoire de cette brillante institution vaticane.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Aujourd’hui perché sur le toit du palais pontifical de Castelgandolfo, à une vingtaine de kilomètres de la Ville éternelle, l’Observatoire astronomique du Vatican, surnommé la Specola Vaticana en italien, est né il y a cinq siècles. 

En 1578, le Pape Grégoire XIII fait construire au Vatican la «Tour des Vents» (située au nord de la basilique Saint-Pierre, à proximité des Musées pontificaux), et y invite les jésuites astronomes et mathématiciens du Collège romain pour préparer la réforme du calendrier, ultérieurement promulguée en 1582.

Dans la tourmente de l’unification italienne

L’Observatoire grouille alors d’activité jusqu'à la mort d’un de ses directeurs, Mgr Gilii, en 1821. L’établissement ferme donc ses portes; ses instruments sont transférés à l'Observatoire du Collège romain (la future Université pontificale grégorienne de Rome). En 1850, père Angelo Secchi, nouveau directeur, fait, lui, construire un nouvel instrument d'observation astronomique sur le toit de l'église Saint-Ignace-de-Loyola, joyau baroque jésuite. Au décès de ce dernier en 1878, les relations entre le Saint-Siège et le gouvernement italien sont très tendues, amenant l’armée du Royaume d’Italie à confisquer l’observatoire du Collège romain. Le Pape Léon XIII, fonde alors, par le Motu Proprio «Ut Mysticam» du 14 mars 1891, l’Observatoire astronomique du Vatican sur la colline de l’Etat pontifical, juste derrière la basilique Saint-Pierre.

L’observatoire du Collège romain, lui, subsiste jusqu’en 1923 sous le nom d’Observatoire royal du Collège romain.

L’expansion à Castelgandolfo

En 1910, saint Pie X dote l’Observatoire du Vatican  de plus amples espaces, en lui attribuant le pavillon que Léon XIII avait fait construire dans les jardins pontificaux.

Mais au début des années 1930, l’augmentation des illuminations électriques rendent le ciel romain trop lumineux pour permettre aux astronomes l’étude des étoiles plus petites. Pie XI décide alors de transférer l’Observatoire dans sa résidence d’été à Castelgandolfo, qui surplombe le lac d’Albano au sud de Rome. Les innovations astronomiques se succèdent sous la coupole de l’Observatoire. L’acquisition de télescopes, d’un laboratoire d’astrophysique, ou la poursuite de programme de recherche sur les étoiles variables et la mise en place de centres de calculs permettent à l’institution d’acquérir fameuse réputation dans le monde. En 1961, hélas, le ciel romain traverse les mêmes turbulences lumineuses que trois décennies plus tôt.

La période américaine

C’est pourquoi, en 1981, pour la première fois dans son histoire, l’Observatoire fonde un deuxième centre de recherche, le «Vatican Observatory Research Group» (VORG), à Tucson en Arizona (Etats-Unis).

Ainsi, depuis ses deux centres, Castelgandolfo et Tucson, l’Observatoire du Vatican poursuit ses recherches en modèles cosmologiques, classification des étoiles selon leur spectre et en histoire de la science.

27 juillet 2018, 17:56